CHAPITRE IV
Il il choix de la lumière , de la nsanière dont on doit éclairer le modèle et faire porter les ombres.
Pour être parfait , un tableau photographique , comme un tableau dessiné ou peint, doit avant tout satisfaire aux règles de l'harmonie, et l'harmonie dépend principalement de la valeur lumineuse de chaque partie de l'image, par conséquent du mode d'éclairement du modèle,
Bon nombre de portraits grimacent et sont à peine ressemblants, uniquement parce que le modèle a été mal éclairé, ou parce qu'il a été placé au hasard dans un atelier mal partagé sous le rapport de la lumière.
Les photographes qui n'ont qu'une chambre pour atelier de pose, ne feront jamais de beaux portraits ; en effet , pour qu'un portrait reproduise les formes véritables et l'ovale du modèle, il faut que celui-ci
soit éclairé, clu côté le plus développé , par une lumière tombant à volonté à 45° ou à 60°, tandis que le petit côté (trois quarts), vu en raccourci, doit rester dans une ombre légère ; alors seulement l'image fera l'effet d'une belle ronde-bosse dont les points saillants, la pommette du côté développé, le front, l'arête du nez , seront vivement éclairés , pendant que la cloison du nez, la pommette du côté raccourci, etc., resteront dans la demi-teinte : l'ensemble sera plein d'harmonie.
Ces conditions peuvent être très-bien remplies dans un atelier éclairé par une large ouverture tournée vers le nord , mais dans lequel l'opérateur peut faire arriver au besoin, du côté opposé et un peu en avant du modèle, la lumière diffuse qui doit engendrer les demi -teintes.
Dans une chambre, au contraire, quel que soit d'ailleurs le développement des croisées , le côté du raccourci sera dans une obscurité relativement trop grande ; il en résultera un contraste ou une opposition de tons trop forte, trop heurtée. Il faudra avoir recours dans ce cas à des surfaces réfléchissantes , ou faire poser le modèle , contre tous les principes de l'art, en éclairant le côté fuyant de la figure ; c'est la seule ressource, en effet, qui reste à l'opérateur,
le seul moyen de ne pas produire des effets à la Rembrandt, qui ne réussissent presque jamais en photographie. Quelle que soit en pareil cas la beauté de l'épreuve, elle n'en sera pas moins toujours mauvaise comme portrait: l'ovale sera écrasé, le nez plat, trop gros et à peu près confondu avec la pommette de la joue éclairée.
Il faut donc avoir soin , quand il s'agit d'un portrait, d'éclairer le modèle adroitement, de manière à éviter les oppositions trop fortes d'ombre et de lumière , de manière surtout à ce que l'arête du nez , le point du visage le plus lumineux , soit aussi le point le plus brillant de l'image.,
Quant aux vues, elles présentent beaucoup moins de difficultés ; la seule condition à remplir, c'est que le monument à reproduire soit éclairé par un soleil oblique ; l'éclairement de face est rarement avantageux. Le paysage exige beaucoup de lumière, à cause des masses de verdure.
Si la lumière diffuse convient mieux au portrait , il faut pour les arbres et les rochers un soleil pur et matinal. A deux heures , le soleil , même en été , prend une teinte jaune, et quelque éclatante que puisse paraître alors la lumière, l'image se produit moins vite dans la chambre obscure : elle se
PHOTOGRAPHIA SDR COLLODION. 183
développe péniblement sous l'action des réactifs chimiques, et le cliché que l'on obtient se trouve être lourd , sombre , mauvais.
PHOTOGRAPHIE SUR (JOLLODION.