CHAPITRE VI
Du coton azotique.
Depuis que l'on emploie le collodion en photographie, il a été publié tant de recettes pour le faire , sa préparation est si connue , que nous pourrions nous dispenser de la donner ici. Ce serait cependant une lacune par trop grande dans un Traité spécial : tout le monde ne peut pas recourir, d'ailleurs , aux sources originales, aux publications de MM. Bingham, Archer, etc., etc., et c'est pour nous presqu'un devoir que d'indiquer, parmi les formules et les manipulations proposées , celle qui nous a le mieux réussi et à laquelle nous devons nos plus heureux résultats.
Rappelons d'abord que la découverte de la poudrecoton, ou du fulmi- coton , date de 1846, et qu'elle est
due à M. Schœnbein de Baie. Presque à la même époque, M. Bœttger de Francfort découvrait aussi de son côté et faisait connaître cette merveilleuse préparation dont M. Schœnbein gardait le secret.
Le collodion est la matière qui résulte de la dissolution du coton-poudre dans l'éther seul ou dans l'éther alcoolisé, c'est un liquide de couleur ambrée, de consistance sirupeuse, qui, en se desséchant, acquiert une grande ténacité , devient insoluble et imperméable à l'air; on a tiré parli de cette dernière propriété clu collodion au profit de la chirurgie, en l'employant pour recouvrir les plaies et les mettre à l'abri du contact de l'air.
La découverte de l'application du collodion à la photographie appartient incontestablement à un Français, M. Gustave Legray; il l'a indiquée le premier dans une publication authentique, dans son Traité pratique de photographie sur verre et sur papier, imprimé en 1850 à Paris et à Londres. Gomme cette propriété lui a été vivement disputée, nous croyons devoir reproduire ici la traduction littérale de la page 24 de l'édition anglaise :
« Je viens de découvrir un procédé de photographie sur verre par l'éther fluorhydrique et le fluorure de potassium dissous dans l'alcool à 40°, mêlés à l'é-
PHOTOGKÀPHLIS SUR COLLODION
Hier sulfuriqué et saturés avec le collodion; je sensibilise ensuite avec l'acéto-nitrite d'argent, et j'obtiens ainsi des épreuves dans la chambre noire, en cinq secondes à l'ombre; je développe l'image par une solution très-faible de sulfate de fer et je fixe avec l'hyposullite de soude. J'espère, par ce procédé, arriver à une grande rapidité; l'ammoniaque et le bromure de potassium procurent des degrés différents de rapidité. »
M. Bingham, chimiste anglais, a montré le premier des essais, bien réussis, de photographie sur collodion, comparables pour la beauté aux images sur verre albuminé et obtenus dans un temps beaucoup plus court. Un autre Anglais, M. Archer, a eu la gloire de formuler complètement la nouvelle méthode, de la faire entrer dans la pratique usuelle: M. de Brébisson l'a introduite en France avec des modifications qui lui sont personnelles.