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Les quatre lettres [microforme]

OÙ IL EST QUESTION DE QUATRE LETTRES IMPRIMÉES, Er D'UNE LETTRE SUPPRIMÉE ; ET OÙ L'ON NE DIT NI TROP, NI TROP PEU.

Le Factum de l’Université.Laval so termine par quatre Lettres Episco ales, dans l’ordre suivant : une de Rimouski, uno de St. Hracinthe, une d'Ottawa, uno de Québec.

Du moins le Factum l’affirme, et comme il n'y à pas ou de protestation, force nous est de croire à l’authenticité de ces lettres, Hélas !

Il est intéressant de rechercher quelle est la valeur réelle de ces lettres, c'est-à-dire, leur valeur intrinsèque, indépendante de la signature qui les couvre.

On dit qu’elles répandent la confiance et la joie dans le Camp Üniversitaire. Or cetto confiance et cette joie eposent-elles sur un fondement solide ? la valeur de ces lettres est-elle aussi grande que paraît le croire le Factum ? c'est ce que nous allons examiner dans cette étude,

Disons d'abord l'origine de ces lettres.

A l'ouverture du Parlement Provincial, Mgr. de Montréal présente une requête pour solliciter une charte l'autorisant à établir une Université dans sa ville épiscopale.

Là-dessus, l'Université-Laval se hâte de publier un

tréal, et conjure instamment les Evêques de la Province

mm É de

Sur cinq Evêques, quatre font une”réponse favorable ; un soul se déclare en favour de l'Evêque de Montréal. En conséquence, quatre lettres ont l'honneur d’être insérées dans lo Factum, et la cinquième d’être jetée au panier.

Ces lettres se trouvant entre les mains de tout le monde, je me bornerai à les analysor exactemont, comme le lecteur pourra s'en convaincre.

Chose singulière ! les quatre lettres semblent se ressentir des circonstances particulières du lieu où elles ont été écrites. Ily a je ne sais quelle coulour locale qui se détoint sur chacune d'elles, et y laisse son emprointe.

Ceci posé, ouvrons les lettres.

Rimouskt.

Ce n'est ni.un port de refuge, ni même un port de mer que Rimouski, qui baigne pourtant ses pieds dans l'onde amère. ‘ La mer belle” avec ses longues vagues, ses flots couverts d'écume, ses tempêtes, est loin de là, trèsloin. Pourtant, la mer se trouve à Rimouski, avec son air pur si recherché ; mais la marée n'y amène qu'uno eau Calme qui inspire la confiance, et fait naître la joie. Cette mer paisible est le grand horizon de Rimouski ; sans elle, vous n’auriez que la vue rétrécie d’une plaine monotone, presqu'un désert.

La lettre se ressent de ce milieu prosaïque, sauf lc salin. Elle est douce et calme, presqu'affectueuse, ct arrive paisiblemont, sauf une seule émotion, au but dégiré ; comme cette mer calme qui monte doucement, et s'en vient clapoter au rivage, apportant avec elle ce salin si désiré, et ces soupirs de la mer si pleins de poësie.

Or, voici comme s'exprime la lettre Rimouski :

“ Pour entrer dans les vues du Saint-Siége, la Chambre “ doit rejeter la requête de l’Evêque do Montréal. L'ad- 1 mettro serait violer les droits de l'Université-Laval, ‘“ rendre inutiles ses immenses sacrifices, et causer à “ Rimouski un extrême déplaisir. Imprimez, et portezvous bien.”

Voilà toute la lettre. quant à la substance ; maintenant, qu'en pense le lecteur ? pout-être ceci :

ble ; réal.

e ino au

»nde, à lec-

) res- »8 ont >) qui ointe.

e mer l'onde 3, 808 , très- »C son qu'uno a joie.

buski ; plaine

auf le se, Ct ut dént, ot lle ce ins de

ambre L'adaval, er à bortez-

maAiD-

us

Voilà une opinion bie:. arrêtée, exprimée avec calme ; mais où sont los prouvos ?—droits mis de côté !—sacrifices rendus inutiles /—grosses accusations à jeter à la face de notre Législuture ! En fait de preuves, la lettre ost muette ; seulemant, elle laisse échapper ce soupir : “ je verrais cela avec un extrème regret.” Elle peut condescendre à regretter qu'on rende justice à son prochain. mais, uon pus à prouver qu'il ne convient pas de lo faire. — Mais ne dit-elle pas que par là elle entre dans les vues du Saint-Siége ?

« ——Pas précisément ; elle dit seulement : à7 me semble :

Elle ne parait pas très sure de cette opinion. Elle est plus ferme pour affirmer que les droits seraient mis de côté, et les sacrifices rendus inutiles ; dans ce cas, elle s'empresse.

Ne dit-clle pas encore que les cireonstances ne sont point changées ?

—Oui, mais elle n'en donne aucune preuve, ni bonne ni mauvaise.

Cette lette affirme donc, sans rien prouver ?

—Précisément ; c'est cela même. .

—Dans ce cas, aucun lecteur sérieux ne saurait y ajouter foi ?

—Jo l'espère bien, et d’autres aussi.

—AÀ quoi donc peut servir cette lettre ?

—A rien, sauf à montrer un parti pris.

Pourquoi donc le Factum l’a-t-il imprimée ?

—Pour la signature.

—Ah !

TI

SAINT-IYACINTHE.

En rase campagne, entourée à distanco de forêts et de montagnes, St. Hyacinthe se sent comme prise à ia gorge, et semble respirer péniblement. La pauvrotte / cet étroit horizon, ce plat terre-à-terre sans écho, pèsent sur elle comme un cauchemar. Elle se traîne péniblement, et semble éprouver une sorte d’étouffement qui la fait geindre, et la tient dans un malaise continuel.

N'’étaient son splendide collége, et ses belles inatitutions, sa foi et sa piété, elle mourrait du spleen.

La lettre devait se ressentir de ce milieu défavorablo. Voyons un peu.

Elle ne contient que Geux phrases.

Siècles futurs, rous ne pourrez le croire !

La première ne compte que dix lignes, in quarto; ello aurait pu en avoir quarante et plus; cela s'est déjà vu ; mais alors, 1ls'agissuit de faire un accroc à la cotta qu'on trouvait indécente et de tancer les cérémonies romaines. voir même le cérémoniaire, les accolytes,, le missel et l'entant de chœur, peut-être encore le pauvre bedeau, n'en suis pas bien sûr. Au reste, ce détail ne nous regarde pas, et si j'en parle, c'est jur bonté d'âme, afin d’ex cuser la sobriété ‘te cette première phrase qui se borne à dix pauvres lignes 74 quart.

Donc, cette phrase relativement coùrte, s'allonge péniblement “ pour affirmer sus difficulté ni hésitation, que & son opinion à foujours été la même, à savoir, qu'il faut + s'opposer à Montréal ; qu'en conséqu’ence cette ville “ ymbitieuse doit se contenter de la concession de deux * chaires à octroyer par Laval ; qu'en vertu de cette fu- “ veur concédée à Montréal, Laval a droit d'être mainte-

nue dans sa position ; que telle est son opinion, er ‘ conscience et en honneur ; entin, qu'on peut la faire con. * naître à n'importe qui.”

La seconde phrase est pour annoncer à Laval en par. ticulier, et au monde en général, que “tout ce dont il est fait, ci-haut allusion, lui cause une grende satisfar ‘tion ; en foi de quoi la lettre se dit bien amicalement la ‘ ti s-humble servante de M. le Recteur,— permission « d'imprimer ;— Adieu !!

Or cette lettre, malgré sa lourde phraséologie, pèse en core moins dans la balance que la précédente. Celle-ci a le mérite d'être courte et cluire, et de dire, saus cher cher midi à quatorze heures :— Québec à droit ax Monopole:—-Celle-là s'étire, s'allonge, se dandine pésamment pour arriver au même résultat. Elle stipule, cependant, que Montréal pourra ramasser les micttes qui tomberont de lu tablé du «“ Recteur Magnifiquo.’— Pouah !

Ainsi, ces deux lettres se déclarent en faveur du Monopole, quoique d’une façon différente — L'une s’'empresse de dire nettement : ‘ je verrais cesser ce Monopole avec un extrême regret.”

rablo.

; ello ù vu; qu'on aines.

sel et au, ÿe regul'- \ d’ex borne

1ge pénn, que il faut e ville , deux tte f'umainteon, 6»

re CON -

in parlont il itisfac nent la nission

èse el ‘elle-ci s cher x Mo mment ndant, beront

lu Mos’elii- Mono-

L'autre, se tourne gauchement à droite et à gauche, et finit par dire, à n'importe qui, au Pape ou au Sultan, peu importe, que ce Monopole lui cause une grande satisfaction.

L'une dit avec modestie; ‘ j'espère par là entrer dans les vues du Saint-Siége ; ”’ l'autre qui ne se pique pas de modestie, prend un uir pompeux et gourmé, pour dire sentencieusement ; ‘ Ma conscience et mon honneur m'obligent à affirmer, sans difficulté ni hésitation, que je ne puis faire autrement ” (brrrr...) Enfin, l'une dit, bonnet blanc; l'autre, blunc bonnet; çt voilà comme quoi il est prouvé que Laval a droit au monopole, bon ou mauvais, c’est tout un.

—Que prouve donc la lettre Saint-Hyacinthe ?

— Rien! Si ce n’est le sompiternel £,0 contra.

— Alors, à quoi bon l'insérer au factum ?

—Et la signature donc !

— Ah! j'oubliais.

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