‹ Les Quatre StuartsChapitre 37 sur 39 · LES ALPES OÙ L'ITALIE · texte numérisé non relu

LES ALPES OÙ L'ITALIE

Donc reconnaissez-Vous au fond de vos abimes Ce voyageur pensif,

Au cœur triste, aux cheveux blanchis comme vos cimes;,

Au pas lent et tardif?

Jadis de ce vieux bois où fuit une eau limpide Je sondais l'épaisseur, TE L chevreuil rapide,

Et gai comme un chasseur-

vous n'avez point subi mes destinées ; Le temps ne vous peut rien ;

Vos fronts légèrement ont porté les années Qui pèsent sur le mien.

Alpes,

Pour la première fois quand, rempli d'espérance, Je franchis vos remparts,

Ainsi que l'horizon, un avenir immense S'ouvrait à mes regards,

L'Italie à mes pieds , et devant moi le monde, Quel champ pour mes désirs!

Je volai, j'évoquai celte Rome féconde En puissants souvenirs.

Du Tasse une autre fois je revis la patrie :

Imitant Godefroi,

Chrétien et chevalier, j'allais vers la Syrie Plein d’ardeur et de foi.

[ls ne sont plus ces jours que point mon cœur n’oublie I Et ce cœur aujourd'hui,

Sous le brillant soleil de la belle Italie, Ne sent plus que l'ennui.

Pompeux ambassadeurs que la faveur caresse, Ministres, valez-vous

Les obscurs compagnons de ma vive jeuncsse, Et mes plaisirs si doux ?

Vos noms aux bords riants que l’Adige décore Du temps seront vaincus,

Que Catulle et Lesbie enchanteront encore Les flots du Bénacus.

Politiques, guerriers, vous qui prétendez vivre Dans la postérité, ; J'y consens : mais on peut arriver sans vous suivre A limmortalité. l J'ai vu ces fiers sentiers tracés par la victoire Au milieu des frimas, Ces rochers du Simplon que le bras de la gloire Fendit pour nos soldats :

Ouvrage d'un géant, monument du génic, Serez-vous plus connus

MÉLANGES LITTÉRAIRES

Que la roche où Saint-Preux contait à Meillerie Les lourments de Vénus

Je vous peignis aussi, chimère encoanteresse , Fictions des amours !

Aux lristes vérités le temps qui fuit sans cesse Livre à présent mes jours.

- L'histoire et le roman font deux Qui si tôt se ternit :

roman la commence, et lorsqu'elle est flétrie L'histoire la finit.

parts de la vie,

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