‹ Les quatre vents de l'espritChapitre 44 sur 97 · II \ KOU · texte numérisé non relu

II \ KOU

Vous aviv, iiii pailir lio]) liaiil. Çti vient, je yagc,

Des livres. Quand on lit, ea ^àle le lan^aj^fc.

Mais j'y ineltrai bon ordre. Ah! dans le temps ancien..

USON, poiisive ot regardant iiii livre qui esl sur la liiblc.

lin lait de livre ici, je nai qu'un paroissien.

A pari.

Savoir lire, à (pioi l)on? pour lire de la messe! ri!

IIAROU, faisant cla(|ut'r son fouet.

Je serai le maître, et j'en fais la promesse.

11 lit.

Çà, pour vous épouser il faut que je sois fou, Moi qui suis riche, et vous tjui n'avez pas le sou; Mais l'homme est~un nigaud que la femme ensorcelé, Hein, mam'zelle Lison?

Dites mademoiselle Lisa.

A part.

Grossier pain bis, va!

HAROU

Convenablement, Je suis moins que mari, mais je suis plus qu'amant. In baiser.

Il s'approche. Elle le repousse vivement.

LISON

Jamais!

HAROU, éclatant de rire.

Oh ! jamais !

Il regarde à une montre d'argent qu'il a sous sa blouse.

Çà, je babille.

Il faut vous habiller. II faut que je m'habille.

LISON, le regardant de côté.

Je crois que pour cravate il a sa corde à puits.

HAROU

Faire un brin de toilette est nécessaire, et puis, Vous, pendant ce temps-là, ma-de-moi-selIe-Lise,

Avec un clin d'oeil.

— Est-ce ça? — parez-vous. Puis, en route, à l'église, Gens de la noce! — Et puis, ce soir,

Avec un geste galant qui l'eflarouche.

Plus de fichu !

Il fait claquer son fouet. Il escalade le sentier, rejoint la route d'en haut, remonte dans la charrette et s'assoit sur le fumier. Il crie.

Je vais venir vous prendre en ma voiture. — Hu!

LISON, seule.

Elle ôte son fichu, et n'a plus que sa chemise et un jupon. Elle divise et natte ses cheveu.x.

C'est là le malaisé. Je suis une rêveuse.

Elle ouvre un tiroir de commode.

Habillons-nous.

ESCA. — LISON. ^m

Klli- priMul dans In ooinniodu qiiclc|ii(!s liiinlnii, pI x'urrAlo.

Mil lète est ohscure, cl se creuse.

Dire (juc je n'ai pas ciicoc pris mou parti!

Elle tiro de la cominodii une cnifTiiro de murivo on fleurs d'oranger.

Souvent d'un oui, (l'iiii ikjii, on s'est bien repenti. Dans une heure il sera trop lard.

Elle déplie une robe de grosse laine neuve, propre et luide.

L'ennui me ronge !

Klle met sur un esriiheau une paire de gros souliers de femme, neufs.

Pas de destin auquel on ne préfère un songe!

Elle regarde la robe, les souliers et les fleurs d'oranger.

Que faire?

Elle se remet à natter ses cheveux.

Ce bouvier est honnête. — Et hideux.

Elle les roule en tresse.

Lui, soit.

Elle les rattache en couronne sur sa tête.

J'avais pourtant rêvé le ciel à deux !

Elle interrompt sa tuilette et médite.

Aimer, comme c'est bon ! s'idolâtrer sans cesse !

Et n'être pas trop pauvre! Ah! c'est beau, la richesse!

La vraie ! En plein. Oui, tout ! Pas l'épaisse façon

D'être riche à peu près qu'a ce pauvre garçon.

Sa femme ira pieds nus. Les souliers s'usent, dame!

Moi, je consens très bien aux pieds nus de la femme,

A la condition du tapis de velours.

Et ces poignets ! Ces gens de campagne sont lourds !

Il faut, pour cet hymen de l'àme avec l'étoile

Qu'on nomme amour, un lit, pas en trop grosse toile.

Un nuage où l'on flotte, on ne sait quel vivant

Char d'aurore emporté par le rêve et le vent,

Et pas plus de travail que l'oiseau sur la branche !

Pensive.

L'œil est d'autant plus doux que la main est plus blanche. L'amour, dit TAmadis de monsieur de Tressan, C'est la vie. Et je hais le parler paysan. Ouvrière. Orpheline. Oh! je songe, et Dieu laisse Entrer dans mon œil trouble un regard de duchesse. Et j'ai des visions folles, plaire, charmer, Être libre, être belle, être adorée ! Aimer !

Elle se remet à sa toilette.

Elle prend la coiffure de mariée et regarde les quatre murs de sa chambre.

Je n'ai pas de miroir, tant je suis misérable !

£lle sort de la chaumière, et va au puits de la source.

Si Dieu n'avait pas mis cette eau sous cet érable, Je n'aurais pas moyen de me coiffer, vraiment.

Elle se mire dans l'eau, tout en ajustant sa coiffure.

La fleur d'oranger. — Penh ! la rose, c'est charmant.

Elle ote le bouquet d'oranger, cueille une rose dans le rosier, et la met dans ses cheveux. Elle se mire.

Pauvre, ou ce mariage. Ah! la ressource est dure.

Elle ote la rose et la regarde pensive.

Une fleur, ça se fane.

Gallus, derrière elle et sans qu'elle le voie, sort à moitié du massif qui entoure la source, avance le bras, et lui pose un épi de diamants dans les cheveux.

GALLUS, à demi voix.

Un diamant, ça dure !

Il rentre vivement dans le massif.

liSCA. - LISU.N. "i4t

LISON, se ri'lourntint.

Hein? ou ;i |tiirlé.

Kilo regarde.

Non. Porsoniio.

Kllc se mire dans In source.

Ail Dieu, mon Dieu!

Qu'ai-jr au front?

Klle se redresse effurée.

Qui m'a mis cela?

Elle se mire de nouveau.

Qu'est-ce? du feu?

Ça doit brûler ! — je n'ose y toucher.

Uclevant la lèle.

Je suis bête.

C'est cette eau qui me trompe et qui met sur ma tète Un reflet de soleil. Ce que c'est que d'avoir Une source au milieu d'un bois pour tout miroir !

Klle se retourne. Un grand miroir de Venise ovale, encadré de vermeil ciselé, apparait devant elle dans le massif.

Ciel !

Stupéfaite, elle regarde le miroir. Elle porte la main au bouquet de diamants qu'elle a sur le front.

Ah ! les reines sont de la sorte coiffées !

Elle regarde le miroir.

Est-ce que par hasard il passe un vol de fées Qui s'est venu poser sur les branches du bois?

Elle regarde sa coilTure de diamants.

Ai-je peur? Non. J'ai fait ce rêve bien des fois.

POÉSIR. — XV. 31

Autour de moi tout tremble et devient ineffable.

Elle approche du miroir. Elle aperçoit un petit (''tre, espi'ce de nain ou d'enfant, vêtu de satin blanc glacé vert, qui porte le miroir et le lui présente, et qui disparait presque derrière, tant il est petit et tant le miroir est grand.

Lison, admirant l'enfant.

Qu'il est joli !

Elle le considère sans crainte et comme apprivoisée à l'aventure.

C'est ça ! le nain ! C'est une fable Qui m'arrive.

Elle l'admire.

Il est fée. Es-tu fée? Oui, pour sûr! Quelle est ta reine?

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