‹ Les quatre vents de l'espritChapitre 48 sur 97 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

NANTAIS, SILLETTE. puis ZABETH.

Sillette range. Elle met l'écrin près du bouquet et l'expose très en vue. Nantais entr'ouvre un battant de la porte de gauche et passe la tète par l'entre-bàillemejit. On entend une chanson dans la coulisse et un bruit de guitare.

CH.\NSON au dehors.

Zon zon. Suzon, On croit n'être que douze à talili (ul)iei' fin, turbot délectable,

Vins à foison.

On n'est (]vie douze, on csl bien aise. Mais on est treize, Pas vrai, Suzon?

SILLETTE, apercevant Nantais.

Laquais de monseigneur, bonjour.

FREDON dans la coulisse.

Zon zon, Suzon.

NANTAIS

Qui chante là?

SILLETTE.

L'abbé, meuble de la maison.

Ton maître va venir?

NANTAIS

Moi d'abord. En personne.

Puis lui. — - Madame est là?

SILLETTE.

J'attends qu'elle me sonne.

Voici divers objets pour elle.

Elle montre la crédenre.

Des bouquets.

Des cadeaux. Apportés par différents laquais.

NANTAIS

Qui fait tous ces présents?

SILLETTE.

On ne sait.

KSCA. I..\ MAKnriSK ZAIUITII. -2:;-

Tii lijfnores?

Soiil-ce (les financiers? sont-ce des inonsignores? MvsU'mt. Tous les jours quelque présoiil nouveau. Une main s'ouvre, donne, el se eaclie.

NANTAIS

Bravo !

C'est élégant. Sont-ils plusieurs?

SILLKTTE.

Je le suppose.

L'essaim des papillons flâne autour de la rose.

NANTAIS

Donner sans se montrer, c'est de bon goût.

SILLETTE.

Ainsi Tous les jours on nous fait de la musique ici. C'est un assez beau luxe à Paris. A ces arbres Déjà pas mal ornés de grottes et de marbres, Tous les matins, à l'beure où le parc est désert, On ajoute la grâce aimable d'un concert. Qui paie? on ne sait pas. Mais l'aubade est exquise.

NANTAIS

Et pendant ce temps-là madame la marquise...

SILLETTE.

Dort. Madame est rentrée assez tard, des Bouffons, D'un bal, qui coûte au duc mille écus de chiffons, Ou de la comédie, ou du brelan, que sais-je? Elle s'est attablée avec tout son cortège. Ayant sur son sofa son chat et son abbé, Puis on a voulu boire, et le punch a flambé, Elle a soupe, dansé, que c'est une folie, Elle a tout ce temps-là, mon cher, été jolie. Fatigue. Toujours rire, et vivre au paradis. Gela vous courbature. Et le matin, tandis Qu'elle sommeille, après ces peines infinies. Les hommes à madame offrent des symphonies Qu'elle n'entend pas même ; ils sont faits pour cela.

N.VNTAIS.

Ces filles-là!

La porte à gauche vieatde s'ouvrir. Zabeth parait; elle est enveloppée d'un surtout de satin et de fourrure, et elle a sa faille el son manchon. Elle écoule.

SILLETTE, à >'antais.

Silence. On vient.

ZABETH, à part.

Ces filIes-là!

Haut, à Silletle.

Ma chaise est-elle en bas?

SILLETTE, avec un signe de tète afflrmatif.

Sous la porte cochère.

A toute heure elle attend madame.

KSCA. — LA MAlinllSK ZAIUITII. -W!»

y. \ iti; m .

hicii, ma cluTC.

Sui'Ioiil II OiiMitv, pas iiii's oidrc.s jxxir ce soir.

SI LLKTTK.

Tout sera prêt, iiiadaiiu'.

ZABETH.

Ici, dans ce boudoir.

INoiiveaii signe (l'obéissance de Sillelte. Elle présente a Zabelli la lellre sur l'iissielte de vermeil.

ZABETH.

Qu'est-ce?

Klle ouvre la letlre.

Ah! des vers!

Elle met la letlre dans Sun niunchuu.

SILLETTE.

Voici des cadeaux qu'on apporte.

Zabeth regarde les Heurs et l'écrin avec distraction. ZABETH.

J'ai la migraine. Il faut qu'une heure ou deux je sorte. Si le duc vient, je vais rentrer.

A part.

Ces filles-là!

Elle sort par la porte opposée.

?» A-S'TAIS, écoulant à la porte bâtarde.

Elle part. L'autre arrive.

La porte bâtarde s'ouvre. Entrent Gallus et Gunich. Gallus en habit de soie mordorée. Cordon bleu et plaque.

Sur un signe de Gunich, Sillelte et Nantais se retirent par la porte du fond à droite.

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