‹ Les quatre vents de l'espritChapitre 72 sur 97 · L.F.fm · texte numérisé non relu

L.F.fm

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CHANSON

Il est un peu tard pour faire la belle, Reine marguerite; aux champs défleuris Bientôt vont souffler le givre et la grêle. — Passant, l'hiver vient, et je lui souris.

11 est un peu tard pour faire la belle, Étoile du soir; les rayons taris Sont tous retournés à l'aube éternelle.

— Passant, la nuit vient, et je lui souris.

406 LE LIVKE LYRIQUE.

Il est un peu tard pour faire la belle, Mon âme; joyeuse en mes noirs débris, Tu m'éblouis, fière et rouvrant ton aile. — Passant, la mort vient, et je lui souris.

30 octobre 1854.

A MEIIRTCE — A VACQUERTE

Hélas! comme c'est peu compris, les grandes âmes!

L'orage était bien noir (juand nous nous rencontrâmes ;

Je livrais au vieux monde un assaut hasardeux ;

Je luttais; vous, tribuns de l'art, maîtres tous deux.

Forts, dressant devant moi votre épée étoilée,

Vous me prîtes la main dans l'ardente mêlée;

Et dans ce siècle, où l'âme est en proie aux moqueurs.

Je fus le combattant, vous êtes les vainqueurs.

Quand s'ouvrit l'âpre exil aux froides casemates.

Proscrit, vous me suiviez, et haï, vous m'aimâtes.

J'ai le flot à dompter, j'ai la nuit à franchir,

Je vous cherche en mon ciel que vous faites blanchir;

Ainsi le nautonier battu des mers obscures

Épiait le lever des lointains Dioscures.

Ah! vous vous oubliez, vous qu'on n'oubliera pas! C'est grand. Vous me tirez de l'ombre pas à pas.

Vous me rouvrez le port, vous me rendez les fêtes, Je sens l'apaisement des profondes tempêtes. Et je vous aime, ô vous sur qui je m'attendris, D'unir des cœurs si doux à de si fiers esprits!

8 février 1870.

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