‹ Les quatres mémoires sur la question universitaire [microforme]Chapitre 14 sur 104 · REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

REMARQUES PRÉLIMINAIRES

Délégué auprs: du Saint-Siège par Nosseigneurs l’Archevêque et les Évêques de la Province ecclésiastique de Montréal, pour traiter de plusieurs questions qui regardent l’Université Catholique au Canada (voir document N° I), j'ai l'honneur d'exposer, dans les pages suivantes, au Saint-Père etaux Eminentissimes Cardinaux qui composent la Sacrée Congrégation de la Propagande, brièvement, les raisons pour lesquelles je n’ai pu, malgré la ineilleure bonne volonté de ma part, recevoir les comptes que le Séminaire de Québec a présentés contre la Succursale de l’Université Laval à Montréal.

En même temps, dans le dessein d'amener, sous bref délai, un règlement de comptes définitif et satisfaisant pour toutes les parties

intéressées, je me permets de demander respec-

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PR. tueusement au Saint-Siège de vouloir bien nommer un tribunal d'arbitrage pour nous entendre et décider, avec autorité, de nos points

de vue différents.

Je ne viens me plaindre amèrement de

personne. Je respecte grandement ces Messieurs du Séminaire de Québec, et en particulier ceux qui sont à la gouverne des affaires. Je suis sous l'impression que le plus grand nombre d’entre eux, fatigués de nos trop longues rivalités, soupirant après le moment où il nous sera donné, enfin, d’avoir la paix dans notre monde universitaire, sont disposés, comme nous croyons l'être de notre côté, pour en arriver à un résultat aussi bienfaisant, à faire de grands sacrifices d'opinion, d’espérances et d'argent.

Il est évident toutefois, par les profondes divergences d'opinion qui nous séparent sur cette question des comptes, que tous, animés

qu'ils puissent être de dispositions conciliantes,

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n’entendent pas de la même manière les moyens de conciliation Quand, dans ce mémoire, j'emploie l'expression “le Séminaire de Québec, ” je dois dire que je veux désigner surtout les quelques dignitaires, que leur âge, de nombreuses qualités et un dévoument indiscutable pour les intérêts particuliers de leur maison, ont porté à la tête de cette vénérable institution. J'aiaeta jours à croire que nous finirons, eux et nous, par en arriver à une entente complète, laquelle serait, dans mon humble opinion, pour les deux siè res de l’Université, le principe d’un développement très rapide et l'ère d’une prospérité sans égale. Ce que nous demandons actuellement à Montréal, ine paraît si rationnel, si modéré, que je ne vois pas, vraiment, comment on pourrait ne pas s’y prêter volontiers. Nous ne demandons point que le Séminaire de Québec cède, de lui-mêine, rien de ce qu'il croit être de ses droits; seulement nous offrons de soumettre nos prétentions réciproques à un conseil d’homines honorables,

respectés, acceptables des deux côtés, pour en

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passer parce qu’ils auront, après nous avoir entendus, décidé. Et quant à moi, cette décision, quelle qu’elle soit, sera reçue avec bonheur comme la solution de nos pénibles différends, définitive et, par cela même au moins, la meilleure,

On m'a accusé, en certains quartiers, de vouloir temporiser, et d’avoir apporté, à dessein, de la mauvaise volonté dans l’examen, le règlement et l'acceptation de ces comptes. Je n’entreprendrai pas, par des paroles spéciales, de réfuter cet avancé; le simple exposé des faits, je l’espère, en sera une réponse victorieuse, Il prouvera jusqu’à l'évidence que j'ai toujours été disposé, même anxieux, de payer au Séminaire de Québec ce que la Succursale lui doit réellement. Autant et, peut-être plus que tout autre, j'ai intérêt à soulager mon administration aux affaires de ia Succursale de cet embarras qui la gêne; et voilà pourquoi je désire si ardemment que l'examen de cette

question, afin qu’elle aboutisse sans retour, en

PRE LA AR vienne, au plus tôt, à être fait, discuté et réglé dé à son mérite. ta En réponse à un autre soupçon qui a été sou- | levé, je proteste que je suis un partisan de de l'unité universitaire, telle que la veut le Saint- Père; et j'ose me flatter que ma conduite comme Vice-Recteur jusqu'ici, en est considérée,

par les hommes impartiaux de n’importe quel

parti, comme une preuve indubitable, Dans la l'exécution de cette mission difficile, dont m’a à 1 chargé la confiance de mes supérieurs ecclésias- gèl tiques, de rallier en ces temps agités autour de je: l’œuvre universitaire les sympathies du district ; de de Montréal, de concilier les intérêts les plus | lan divers, et de créer pour la Succursale des res- ma sources pécuniaires qui, après treize ans d’exis- sal tence, lui font défaut complètement, j’ai voulu péc me faire un scrupule de respecter les droits ten : acquis comme les devoirs de la subordination der hiérarchique; et, pour me conduire, à travers : mi tant d’écueils et de difficultés, en outre et au- bie

dessus des conseils de personnages éminents, nid

J'ai pris pour boussole les sages directions des (

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décrets romains, par mi lesquels le moins impor-

tant,certes, n’est pas la Constitution ?aw d'udum. Mais venons-en à la question qui fait le sujet

de ce mémoire.

Trois jours seulement après que j’eus accepté la charge de Vice-Recteur, comme je me trouvais à l'Hôpital, retenu par une indisposition passagère, M. l'abbé Marcoux, l’ex-Vice-Recteur que je remplaçais, se disant envoyé par le Séminaire de Québec, me présenta une Zefife feuille volante (1) sur laquelle étaient inscrits, d’une manière très succincte, les comptes de la Succursale pour l’année courante, et les réclamations pécuniaires que le Séminaire de Québec prétendait avoir contre elle pour les années précé-

dentes. Le tout se montait à une trentaine de

mille piastres (150,0(0 francs), si je me rappelle

bien ; car, plus tard, sous prétexte de préparer

(1) Voir document N° XLIX. (Note de l'édition montréalaiee.)

de nouveaux comptes, M. Marcoux me demanda de vouloir bien lui passer la petite feuille, et elle ne m'est jamais revenue.

Pendant cinq jours il ne cessa de me presser, à maintes reprises, d'accepter ces comptes immédiatement, surtout de reconnaître à l'instant certains chèques sur la banque dont le terme de paiement était échu, assurait-il: insistant toujours, allant à la fin jusqu’à dire, en présence de Monseigneur l’Archevêque de Montréal, que si je refusais de me rendre à ses demandes, il y aurait, (ce qu’il déplorait beaucoup à cause du scandale), il y aurait du érwzé.

Je répondis à M. Marcoux qu’il voulût bien attendre quelques jours, au moins jusqu’à ce que je fusse sorti des mains du médecin; que je ne pouvais, ex abruplto, sans examen, accepter décemment des réclamations aussi considérables; qu’en agissant avec une telle légèreté je serais blâmé, à bon droit, par les évêques, par le clergé, par les laïques de toute la province

ecclésiastique de Montréal ; que du reste je ne

pensais pas avoir, par le seul fait de ma nomi-

natio!

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nation comme Vice-Recteur, les facultés légales de régler ces questions monétaires; que, dans tous les cas, aussitôt que je pourrais m'occuper d’affaires, je me ferais donner, par qui de droit, sil en était besoin, les pouvoirs compétents. Tout de même je ne cacheraïi pas que cette manière de procéder me paraissait étrange; et j'étais à me demander pourquoi cette hâte, cette précipitation dans le règlement de questions

aussi sérieuses,

Avant d'aller plus loin, je dois faire remarquer qu'il existait depuis l’automne de 1884, entre l’'Archevêque de Montréal et le Séminaire de Québec, un arrangement par lequel le Séminaire se chargeait de l’administration financière de la Succursale de l’Université à Montréal; il s'engageait à rendre les comptes de la Succur-

sale à l’Archevêque, chaque année, au mois

d'octobre ; il renonçait au pouvoir de forcer

jamais le diocèse de Montréal à reprendre l’ad-

PP PR ministration financière de la Succursale ; mais l'archevêque était libre, en tout temps, de redemander cette administration en remboursant au Séminaire de Québec les dépenses que ce dernier aurait pu faire pour le fonctionnement de la susdite institution.

Par ces démarches de M. l'abbé Marcoux, je compris que le Séminaire de Québec, ne se con sidérant plus lié par l’arrangement que je viens d'exposer, remettait lui-même à Monseigneur l’Archevêque de Montréal pour l’avenir l’administration financière de la Succursale. La preuve en devint encore plus explicite, quelques jours plus tard, lorsque je reçus cette réponse de Mgr B. Paquet, supérieur du Séminaire de Québec : ‘ Par le fait de la nomination du nouveau Vice-Recteur, le Séminaire a abandonné l'administration financière de la Succursale le Jour même de cette nomination.” (Voir document N° XI.)

Les comptes n’ont jamais été rendus au mois d'octobre. C’est malheureux. Pourquoi? je l’i-

gnore. Si on avait jugé à propos de se mettre

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en règle sur ce point, chaque année, on nous aurait épargné pour aujourd’hui bien du trouble, En face de cet empressement fiévreux de M.

Marcoux, je ne pouvais m'empêcher de me dire: Pourquoi être si pressé maintenant, lorsque depuis quatre ans on l'était si peu ?

Je connaissais cet arrangement entre l’Archevêque de Montréal et le Séminaire de Québec ; et il me semblait que,nommé Vice-Recteur alors que cette convention était censée être encore en force, je ne me trouvais pas, par le fait seul de ma nomination, l'agent financier de la Succursale. Par conséquent je ne pouvais, avec les pouvoirs que j'avais alors, régler de tels comptes avec M. Marcoux de suite, à l'Hôpital, quand bien même la prudence et la convenance ne

m’auraient pas dicté une autre ligne de conduite.

Aussitôt que ma santé fut rétablie, je me fis

nommer par l’Archevêque de Montréal, qui dut

à cette fin rassembler les membres de sa corpo-

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