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Deux professeurs, qui étaient absents pendant les négociations, avec un troisième qui n’avait jamais appuyé le projet d'union, se constituèrent en opposition formelle aux clauses de l’arrangement. En sorte que, dans l’Ecole de Médecine, six des professeurs titulaires sont pour cette union avec Laval, et trois contre.
Certains professeurs de l'Ecole de Médecine consultèrent un avocat de réputation, qui donna par écrit une opinion motivée, soulevant des doutes sur la valeur légale des procédés et des arrangements pris entre la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal et les membres de l'Ecole de Médecine. Ce factum fut publié dans la presse quotidienne ; il réveilla des soupçons et des défiances endormis, et l'opinion publique en éprouva du malaise. Je suis loin d'admettre toutes les conclusions de ce mémoire ; cependant, je ne crus pas devoir y répondre, afin de ne pas alimenter une discussion qui n’aurait amené aucun résultat.
Les trois médecins dissidents envoyèrent à
l’Archevêque de Montréal un protêt notarié,
protestant contre l’union qui avait été signée par leurs collègues, mais en même temps déclarant ‘ qu’ils sont prêts à accepter une union qui assure à l’Ecole la conservation, non seulement temporaire, mais indéfinie de sa Charte, de son autonomie et de ses privilèges.” (Voir ducument N° VIII.)
Les élèves mécontents, encouragés par cette attitude des trois professeurs dissidents, rendirent impossibles les cours, qui se donnaient dans les salles de l’Ecole de Médecine et de Chirurgie.
Alors, afin de pouvoir donner leurs lecons dans le calme, avec fruit pour les élèves, les anciens professeurs de la Succursale et les six professeurs formant la majorité de l'Ecole de Médecine, résolurent, le 25 novembre 1889, de donner leurs cours, chacun dans les salles de leur
école respective, sans cependant renoncer au
projet d’union, s’engrgeant même à recourir au
Saint-Siège, pour en obtenir un bienveillant se-
cours, afin de lever les obstacles qui pourraient
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EE me s'opposer à une union définitive, (Voir document N° IX.)
Or, un de ces principaux obstacles est la Charte de l’Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, que les professeurs, les anciens élèves et les amis nombreux de la dite Ecole tiennent à conserver, afin, disent-ils, de ne pas se détruire de le.:rs propres mains, et de ne pas perdre le fruit d’un passé qui ne fut pas sans
gloire.
La majorité des membres de l’Ecole s'offre à faire amender leur Charte de manière à renconles prescriptions des décrets apostoliques, entre autres, à admettre les nouveaux professeurs titulaires, non par le concours, mais, comme le prescrit la Constitution Yan dudum, par le choix des professeurs existants, et à laisser à l’Archevêque de Montréal le droit de veto sur toutes les nouvelles nominations.
Par là, la majorité des membres de l'Ecole
te
AG empêche la Charte, après deux ans, de tomber entre les mains des dissidents, et enlève aux ennemis irréconciliables de l’Union universitaire, les prétextes et les armes pour la combattre. Les dissidents auront ce qu’ils demandent, la conservation indéfinie de leur Charte amendée et rendue catholique. Ils peuvent s'opposer devant les tribunaux, paraîtil, à la destruction de la Charte ; ils ne peuvent s'opposer à son amendement que devant la lé-
gislature ; et si la législature juge à propos de
l’amender, ils doivent subir toutes les consé- :
quences qui découlent de cet amendement, bon
gré mal gré. De plus, l'union, au lieu d’être 4
temporaire, peut devenir de suite définitive.
L’Archevêque a consenti à étudier le projet,
savoir, de mettre la Charte de l'Ecole de Mé- 4
decine à la base de la faculté de Médecine de 4 l’Université Laval à Montréal, à condition que Ë ces amendements à la Charte, avant d’être présentés au parlement de la province de Québec ! dont la Charte relève absolument et exclusive-
ment, seraient soumis aux autorités romaines, #
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que les droits de tous les professeurs actuels de la Faculté de Médecine de l’Université à Montréal seraient sauvegardés, et que cette Charte amendée ne constituerait pas dans la Faculté de de la Succursale un gouvernement dans un gouvernement. (Voir document N° X.)
Le 7 et le 8 janvier 1890, Nosseigneurs les Evêques de St-Hyacinthe et de Sherbrooke ont approuvé et appuyé de leur signature cette position prise par Monseigneur l’Archevêque de Montréal, qui demande au Saint-Père, s’il ne serait pas “ opportun d’adinettre, à de certaines conditions, dans l’Université, la dite Ecole, avec sa Charte dûment amendée.” (Voir document N° I.)
Ce projet, s’il est mené jusqu’au bout avec la imnême bonne volonté, outre qu’il ferait cesser des discussions malheureuses, satisferait, je n’en
doute pas, les gens raisonnables de tous les par-
tis, rallierait autour des études universitaires
les sympathies, maintenant divisées, du district de Montréal.
L'Ecole coutinuerait À administrer ses biens, dettes et revenus; et, par là, se trouverait résolue une difficulté qui est restée insoluble jusqu'ici. Avant tout, ce qu’il importe à l'Eglise, c’est d’avoir la direction, non des propriétés, mais bien de l’enseignement des facultés universitaires.
Les droits du Conseil de l’Université, tels que définis par la Constitution Ya» dudum, seraient respectés, et nous aurions, à Montréal comme à Québec, l'unité universitaire devenue indiscutable et indiscutée.
Les droits matériels du Séminaire de Québec ne se trouveraient lésés en rien, puisqu'il a abandonné l’administration financière de la Succursale, du jour même que j'ai été nommé Vice-Recteur. (Voir document N° XI.)
Même ce serait un avantage, non seulement pour le district de Montréal, auquel cet arran-
gement apporterait la paix, mais encore pour
l’Université en général. Son existence se trouve-
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re rait assurée, à Montréal, d’une manière définitive. Sinon, à moins que l'Ecole de Médecine ne se perde par ses propres fautes, et qu’on ne prenne des mesures énergiques, elle continuera à végéter, en butte aux attaques de toutes sortes. Cet état de choses continuant, on finira infailliblement par demander une Université laïque ; et, pour des raisons diverses, on l’obtiendra peut-être de la législature. Alors il sera trop tard pour parler d'union.
Mais, ce qui est d’une bien plus grande importance, ce projet assurerait l’exécution pleine et entière des décrets apostoliques, malheureusement trop discutés, et diversement interprétés jusqu'ici. Ily va du bien et de l’honneur de la religion et du respect dû à la Sainte Eglise
Romaine.