‹ Les Québecquoises, 1876Chapitre 1 sur 43 · A MON AMI J. C. E. B · texte numérisé non relu

A MON AMI J. C. E. B

\ Au naage prêtant la teinte purpurine . I De aon dernier rayon,

Le soleil est tombé derrière la colline Qui frange l'horizon.

Sous riialeine un soir, déjà le jour vacille

Comme un pftle flambeau, Déjà rétoile blonde au front du ddi scintille

Comme un ricbe joyau.

LES QUÉBEGQUOISES

L'air est lourd des parfums de la fleur printanière,

Plein d'un écho charmant.

A la terre le ciel sourit avec mystère

Comme un joyeux amant.

Volant de cime en cime à son frais nid de mousse

Sur le rameau mouvant, L'oiseau, fou de gaîté, mêle sa voix si douce

A la chanson du vent.

Ici; dans le détour de l'ombreuse vallée

Où la brume descend.

Le ruisseau transparent, sous la verte feuillée.

Gazouille en bondissant.

Là-baS; dans le ravin, Técumeuse cascade

Sur l'émail dos cailloux Fredonne, avec lenteur, sa fraîche sérénade

Qui monte jusqu'à nous.

LES QtJÉBEGQUOISES

Harpe aux accords roulant de colline en colline

Et d'échos en échos, La cloche de l'église, à la voix argentine, .

Chante cent trémolos.

Des baissons, des guérêts, des rochers, de la grève,

Des coteaux, des vallons, Dans un concert géant, de tous côtés s'élève

Quelque rumeur sans noms.

De tous côtés s'élève une voix qui soupire.

Qui chante avec l'oiseau, • Une voix qui murmure et répond au zéphire.

Aux hymnes du ruisseau.

Moi, savourant, ému, toute la poésie

D'un soir si merveilleux, Je me laisse bercer sur ces flots d'harmonie

Qui montent vers leff ci eux.

LES QUÉBEGQUOISSS

Mêlant mon Mble accord aux Toix de la nature

Chantant son hozannah^ Dans mon âme ravie^ en secret^ je murmure

Un hymne à Jéhoyah !

Avec le chant du flot^ Pàlléloia snblime

De l'airain du saint lien.

Le frizelis du vent, la clamenr de l'abfme.

Moi je dis : Gloire à Dieu !

St. FrHUçois, BeHiice,' mai 1871.

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