A M. LOUIS-H. FRÉCHETTE
* Impromtu *
.. ..Tout graud homme
Auprès du peuple est l'euvoyé de Dieu.
BftRANQBB.
Fuyant de ton exil le morose rivage Où t'avait entraîné la fureur de l'orage, grand poète, enfin te voilà de retour Aux bords enchantés où, rival de Crémazie, Tu chantais, autrefois, ivre de poésie, De jeunesse et d'amour.
** A l'occi^iou de son retour des EtatatUuis.
Oubliant le passé, les longs jours de souffrances
Tu reviens saluer, enivré d'espérance,
Notre beau Saint-Laurent au cours majestueux }
Tu reviens admirer le ciel de la patrie,
Et fouler, tout rêveur, cettfe terre chérie
Teinte, liélas ! si souvent du noble sang des preux \
Guerrier de la pensée, à la voix magnifique.
Tu reviens travailler à l'œuvre pacifique Pour laquelle longtemps tu fus trop méconnu / En dépit des clameurs de ce siècle en délire,
Tu reviens caresser les cordes de ta lyre ,
Oh ! sois le bienvenu !
^ Oui, sois le bienvenu, poète à l'âme ôère, Toi dont nous regrettions l'absence volontaire,
Gloire de ton pays que ta muse illustra !
Ta cause est noble et sainte et ta bouche inspirée : Accomplis, sans fléchir, ta mission sacrée !. . • . Et dans nos fastes d^or ton nom resplendira I
mars 1871.