‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 131 sur 134 · MoTtaix, op. cit., I · texte numérisé non relu

MoTtaix, op. cit., I

Mais le coup le plus dur que reçurent les Parlements Maupeou leur vint de Beaumarchais, qui leur fît leur procès, en la personne du juge Goezman qui avait rapporté son affaire. Goezman, accusé et convaincu d'avoir accepté des présents pour recevoir l'écrivain, fut destitué, et Beaumarchais, qui avait été blâmé, fut l'objet de telles ovations que le lieutenant de police Sariine le fit venir, à ce qu'on dit, et lui tint ce propos : « Monsieur de Beaumarchais, ce n'est pas tout d'être blâmé, il faut encore être modeste. »

L'œuvre de Maupeou n'était donc pas durable. Le Roi s'était engagé à ne jamais rappeler les anciennes Cours; et jusqu'à sa mort, il ne fut pas question de changement. Mais on prévoyait que son successeur ne partagerait pas sa rancune, et, de fait, un des premiers actes de Louis XVI fut le rappel des Parlements.

LE RAPPEL DU PARLEMENT DE PARIS (i2 nov. 1774.)

Le roi prononça d'abord les paroles suivantes (P., III, 232) :

Le roi, mon très honoré... aïeul, forcé par votre résistance à ses ordres réitérés a fait ce que le maintien de son autorité et Fobligation de rendre la justice à ses sujets exigeaient de sa sagesse. Je vous rappelle aujourd'hui à des fonctions que vous n'auriez jamais dû quitter. Sentez le prix de mes bontés et ne les oubliez jamais. Vous entendrez la lecture d'une ordonnance dont les dispositions sont prises dans la lettre et dans l'esprit de celles des rois mes prédécesseurs. Je ne souffrirai jamais qu'il y soit porté la moindre atteinte.

Puis le roi ordonna à Miromesnil de prendre la place de Chancelier, à Seguier celle d'avocat général, à Joly de Fleury, celle de procureur général, à d'Aligre, celle de premier président, puis tous les magistrats se placèrent dans l'ordre accoutumé, et selon les formes traditionnelles, il fut procédé à l'enregistrement de plusieurs édits et déclarations portant rétablissement des Parlements, suppression des conseils supérieurs, restauration de Grand Conseil, où devaient être admis les Parlementaires de 1771. Ainsi fut ruinée en quelques instants toute l'œuvre de Maupeou.

BIBLIOGRAPHIE. — Dubout (Axel), La fin du Parlement de Toulouse, 1890, in-8 ; Journal de la suppression du Parlement d'Aix (Souvenirs et mémoires, t. III, rSSg, p. 219- 232); MOREAU, Mes Souvenirs, t. I, Paris, 1898, in-8; Voltaire, Œuvres, (éd. Moland), Paris, 1877-1882, in-8; Condorcet, Œuvres (éd. Arago-O'Connor), t. I, Paris, 1847, in-8; Correspondance inédite avec Turgot (éd. Henry), Paris, 1885, in-8; Carré, La fin des Parlements, Paris, 1912, in-S.

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