‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 28 sur 134 · LE RÉVEIL DE L'ESPRIT GALLICAN · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL DE L'ESPRIT GALLICAN

Ces appels exaspérèrent le Saint-Siège et le parti de la bulle. Le pape publia, sans l'assentiment de la Cour de France, le bref Monila pastoralia qui formulait les plus graves menaces contre les réfractaires. Les évêques qui acceptent la Constitution redoublent de violence dans leurs attaques contre leurs adversaires. Dans des mandements retentissants, dans des pamphlets dont les plus célèbres furent peut-être les Tocsins de l'évêque de Soissons, ils déclarent les appelants schismatiques et hérétiques, réclament leur déposition par le Saint-Siège ou par un concile ; ils interdisent les membres de leur clergé dont ils doutent des fonctions sacerdotales, leur refusent même, ainsi qu'aux laïcs notés de résistance, les sacrements, travaillent à épurer le personnel magistral de leurs séminaires, proposent de refuser toute chaire aux suppôts de la Sorbonne, pour punir la Faculté d'avoir révoqué son acceptation de la bulle. Les Parlements, gardiens de l'ordre public et des droits de la couronne, s'émurent de ces troubles et du progrès des idées ultramontaines. Ils condamnèrent comme d'abus le bref du pape, les pamphlets, même certains mandements, et auraient été plus loin, si le Régent l'avait permis. Le discours du procureur général de Metz permet de se rendre compte de l'état d'esprit des magistrats.

Il s'agit de donner des bornes à une puissance étrangère qui ne manque jamais de prétextes pour s'agrandir, lesquels paraissent d'autant plus spécieux qu'ils semblent fondés sur une autorité qui émane de la divinité, et qu'ils sont accompagnés du respect qu'on

Page 1