II. L'A CCOMMODEMENT
Le Régent, devant l'aggravation du conflit, désira plus vivement trouver un accommodement : puisque Rome ne voulait pas s'y prêter, on se passerait d'elle, et l'accord projeté serait fait par le clergé de France sous la garantie du roi. Il provoqua donc de nouveaux pourparlers entre Noailles d'une part, les cardinaux de Rohan et de Bissy de l'autre. La négociation fut très péni'ole, l'intransigeance étant égale des deux côtés. Mais le duc d'Orléans déclara qu'il se tournerait contre les appelants si l'accord était impossible par leur fait. En outre Noailles et plusieurs de ses collègues étaient inquiets du bruit et du scandale dont ils étaient la cause ; ils savaient que les sièges vacants étaient tous donnés à des adversaires ; que plusieurs des leurs avaient contre eux leur diocèse ; ils se résignèrent à une paix honorable. Et Rohan, de son côté, était disposé à céder pour le moment à la volonté du prince, afin de se le concilier pour l'avenir. Un accommodement fut donc décidé. Le cardinal de Noailles rédigea un « corps de doctrine » c'est-à-dire un ouvrage où il étudiait les propositions condamnées par la bulle et spécifiait le sens dans lequel elles prêtaient à la censure. Cet écrit devait être certifié orthodoxe par Rohan. Après quoi Noailles, s'en référant aux explications qu'il venait de donner, accepterait la bulle, et les acceptants reconnaîtraient cette acceptation comme valable. Voici d'abord la lettre des acceptants au sujet du corps de doctrine :