‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 56 sur 134 · LES PREMIERS CONFLITS · texte numérisé non relu

LES PREMIERS CONFLITS

L'agitation convulsionnaire atteste l'importance que garde au xvme siècle comme au moyen âge la question du salut : elle explique la gravité des « affaires de sacrements ». C'était la croyance populaire qu'il suffisait au chrétien pour être sauvé de se repentir de ses fautes et d'appeler un prêtre à son lit de mort. « Les ecclésiastiques, disait un conseiller de Rouen, du Fossé, sont les ministres, non les maîtres des sacrements ; et, lorsqu'ils les confèrent, ce n'est point une grâce qu'ils accordent, mais un devoir qu'ils remplissent. » Mais, au cours du xviiie siècle, l'idée se répand peu à peu, parmi le clergé favorable à la bulle, qu'il faut pour écraser les jansénistes les traiter en hérétiques notoires et leur refuser l'absolution et la terre sainte. Dès 1717, on voit des évêques interdire les appelants moribonds des sacrements, refuser à des couvents entiers, à des chapitres, à des clergés paroissiaux la communion pascale et la désignation de confesseurs. L'incident survenu aux obsèques d'un chanoine de Douai marque l'acharnement des passions.

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