‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 73 sur 134 · Floquet, op. cit., VI · texte numérisé non relu

Floquet, op. cit., VI

LES aUERELLLS RELIGIEUSES ET PARLEMENTAIRES

sujets qu'il fait naître dans leurs Etats, ils proclament le pape comme la seule puissance qu'il y ait sur la terre, tant pour le spirituel que pour le temporel. Ils s'empressent de lui faire une tiare de toutes les couronnes entassées les unes sur les autres, et en lui attribuant l'infailliblité, ils en font en quelque sorte un Dieu visible ; non pas qu'ils ayent pour lui un véritable respect, mais parce qu'ils espèrent de se servir utilement du pouvoir sans bornes qu'ils lui attribuent pour l'exécution de leur projet qui est de se rendre par son autorité dont ils ne disposent que trop les maîtres souverains dans tous les Etats catholiques et spécialement, Sire, dans les vôtres ' .

Fait plus curieux encore : une dénonciation parvient au congrès de Boissons qui réclame la suppression de la Compagnie. Mais c'est à partir de 1750 que le mouvement devient aigu, l'ordre portant la responsabilité des refus de sacrements, et partageant l'impopularité de Beaumont. On attaque de nouveau leurs docteurs, leur doctrine, leur enseignement, Bellarmin comme Busembaum. A Rouen, en 1756, la Grand'Chambre condamne au feu plusieurs de leurs écrits.

« Comme contenant des propositions fausses, une doctrine contraire aux lois divines et humaines, imaginée méchamment, soutenue avec une audace aussi indécente qu'attentatoire à l'autorité du roi et de la cour, et capable d'exciter les esprits faibles aux plus détestables forfaits 2. »

Elle déclare un sujet de composition en vers latins, dicté à des élèves de troisième,

« Pernicieux, séditieux, capable d'induire aux plus grands attentats. »

Visiblement, les Parlements, les gallicans, les derniers jansénistes, n'attendent qu'une occasion pour donner à l'Institut l'assaut décisif.

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