I. L'accord. — 2. Qu'e"e prît
DE Mariacl. 5 s
nostre huis de derrière , encore ennuyt ' ù douze heures bien secrètement , et je vous mectray en sa chambre; elle dort bien fort, car elle n'est que un enfant : et vous couchez avecques elle, car aultre remède je n'y voy, et à l'aventure voustre besongne sera faicte. Quar quant on est nu à nu sans y veoir, c'est grand chose : car telle fait estrange responce le jour, qui ne la feroit pas la nuit en celui cas. — Ha ! a ! Jehanne, m'amie, fait le gallant, vous en mercie; il ne sera jamès que vous ne ayez la moitié en mon denier. »
Quand vient la nuit , le gallant vient ainsi comme ordonné lui est par Jehanne , qui a bien tout devisé à sa dame. Il se couche bien secrettement; et quand elle, qui fait semblant de dormir, se sent embracer, elle tressault et dit : «< Que est ce cy ? — M'amie , fait-il , c'est moy. — Et par le sacrement Dieu, ainsi ne ira pas.» Elle se cuide lever, et appelle Jehanne, qui ne sonne mot et li fault ^ au besoin , qui est grant pitié. Et quant elle voit que Jehanne ne sonne mot : «I Ha ! je suy trahie ! » Lors bataillent ensemble par maintes manières et estorces '; et en la parfm la pouvre femme n'en peut plus , et entre en la grosse alaine , et se lesse forcer, qui est grant pitié, car ce n'est rien que d'une pouvre femme seule; et si ne fust de paour de deshonneur, elle eust bien crié autrement que elle n'a : mais mieux vaut garder son honneur, puis que