I . Sentant le fût. — 2. Arrière-goût
vreté. Et avient souvent que telles vieilles gens deviennent jaloux et glous plus que nulz autres : et tousjours empirera la besongne ; quar s'il estoit ores jeune, la besongne en iroit pirs. Et q^uant les galants voient une belle jeune fille mariée à ung tel homme ou à ung sotin •, et ilz voient que elle est jolie et gaye , ilz mettent leur aguet : car ilz pensent bien qu'elle devroit mieulx y entendre que une autre qui a mary jeune et abille. Et quant il avient que une vieille prent ung jeune homme, le jeune homme ne le fait que pour l'avarice : dont il avient que jamès ne l'aymera ; et les battent très-bien et despendent ce que elles ont en mauves usage , et aucunesfois viennent à povreté. Et sachez que continuacion d'une vieille femme abrège la vie d'un jeune homme; pour ce dit "i'pocras : Non vctulam nori, cur moriiXr? Et voulentiers telles vieilles, mariées à jeunes homs, sont si jalouses et si gloutes qu'elles sont toutes enragées; et quelque part que !e mary aille, soit à l'église ou ailleurs, il leur semble qu'il n'v va que pour mal faire : et Dieu sceit en quel triboil et tourment il est, et les assaulx qu'il a. Et jamès une jeune femme ne seroit si jalouse pour les causes dessus dites; et aussi elle s'en fera bien guérir quant elle vouldra. Celui qui est en ce point dont je parle est si tenu, qu'il ne ouse parler à nulle femme , et fault qu'il serve la dame qui est vieille : pourquoy il s'envieillira plus en ung an qu'il n'eust fait avec une jeune en dix ans. La vieille le séchera tout : et encor vivra en noises et en douleurs , en tourments où il demourra tousjours, et finera misérablement ses jours.