I . A la mienne. — 2. Awvr cure, avoir soin, se soucier
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ordure, et aussi pour ce que el l'aime fort; en mal-aise, pource qu'il la voit plourer, dont il est très dolant et piteux', et ne sera jamais aise jusques ad ce que elle soit apaisée, et travaille par maintes manières à lui faire plesir. Mais elle, qui tant * à ferir ' son coup que elle a tendu pour avoir la robe, n'en fera riens; mais se lèvera bien matin, et à heure non acoustumée. et fera tout le jour malle chiere-*, si * qu'il n'aura d'elle nulle belle parolle. Puis viendra l'autre nuict, qu'elle se couchera; et après qu'elle sera couchée, le proudomme escoutera si elle dort, ei avisera si elle a les braz bien couvers , et la couvrera s'il est meslier. Lors fera semblant de s'esvoillier ; et le proudomme lui dit : ■■ Dorme/vous , m'amie ? — Nanie , faii-t:lle. — Kstes-vous bien apaisée ? — Apaisée r fait-elle ; mon courroux est bien pou de chouse. Kt I3icu mercy, faitelle en soupirant, j'ay assez de biens, puis aue Dieu pleist. — Par I^ieu, fait-il, m'amie, si Dieu pleist , nous en aurons assez ; et ay avisé une chouse, que je vous metray en tel estât aue je me rens fort que vous serez aux nopces de ma cousine la mieux abillée que femme qui y soit. — Certes , fait-elle , je ne entreray à feste de ceste année. — Par ma foi, m'amie, si ferez, et aurez ce que vous demandez. — Que je demande ! fait-elle. Certes , je ne demande rien ; mais ainsi m'aist Dieu*» que je ne le vous dy pas pour envie que je aye d'estre jolye , car je vouldroye que
I . Touché de pitié. — 2 . Tend. — 3 . Frapper. — 4. Mauvaise mine, mauvais visage. — 5. De telle sorte. — 6. Dieu m'aide aussi bien que je ne le dis pas pour....
je ne alasse jamès hors de nostre meson , fors à i'eiglise; mais je le vous dy pour les paroiles qui en furent tenuez entre les aultres : car je l'ay bien sçeu par ma commère, qui en oit assez de paroiles, qui le m'a dit. »
Et lors pense le pouvre homme nouvel mesnagier, qui a à faire moult ' de chouses, qui à l'aventure n'a pas mouli de meubles', et à l'aventure la robe cousicra l. ou lx. escuz d'or; et en pensant il ne trouve pas manière d'avoir chevance ', et toutefois il la lui fault avoir, car il voit sa femme qui, à son avis, est bonne et preude femme, et loue Dieu en son courage^ dont il lui donna ung si riche joyau comme el est. Lors se retourne souvent et se desiort d'un cousté et d'autre, et jà ne dormira de toute la nuict de somme qui bien luv face. Et aucunefois il avieni que la dame est si' rusée que elle cognoist bien son fait , et s'en rit tout par elle ' soubz les draps.
Quant vient au matin, leproudomme, qui esi tout debatu'' de la nuict , des grans pensées qu'il a eues, se lieve et s'en va; à l'aventure vient prendre le drap et la penne" à créance^, et s'en oblige aux marchans, ou emprunte, ou engaige X ou XX livres de rente , ou porte vendre un vieil joyau d'or ou d'argent qui esioit du temps de son bisaieul, que son père luy avoil garaé; et fait tant qu'il vient en sa meson gamv de toutes choses que la dame lui demandoit , faquelle fait semblant qu'il ne lui en chault, et maudit tous
I. Beaucoup. — i. Argent, finance. — j. Argent, aïoi-, bien, fortune. — 4. En son cœur. — (. A part soi. — 6. Abattu, fatigué. — 7. ttoffe, de pânn'.:s. — S. A aeJu
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ceux qui premièrement amenèrent si grants estats ; et quant elle voit que la chouse est faicte , et qu'il a aporté le drap et la penne, el lui dit : Mon amy, ne me reprouchés pas un de ces jours que je vous aie faict mettre votre argent , car je ne donne pas de robbe qui soit au monde une maille ', mais que je soye chaudement. Brièvement, la robe se fait, la sainture et le chapperon , qui à l'aventure seront monstrez en mamtes eiglises et à maintes dances.
Et vient le terme qu'il est temps de paier ses créanciers , et le pouvre homme ne peut paier, et ilz ne le veulent plus atendre , et le font exécuter - ou excoumenier ', et la dame en oit les nouvelles, et voit faire l'exécution; et à l'aventure on a prins les joyaux pour lesquclx la debtc est deue. Or aviendra que après l'excommuniement il sera engregié ■», dont conviendra à la dame demourer à l'ousteh. Et Dieu sçait le plaisir et la joye où le pouvre homme vit et use ses jours : car la dame va criant par la maison, et dit : « Mauldite soit l'eure que je fus oncques née, et que je ne mourus en mes aubes''! Helas! oncques mais 7 n'avint si grant honte à femme de mon lignage, où je avoie si chierement esté nourrie *. Hélas ! fait-elle , je travaille tant à gou-