‹ Les races chevalines française et anglaisesChapitre 35 sur 90 · CHEVAL BARBE · texte numérisé non relu

CHEVAL BARBE

Origine mongolique

Profil bombé (plus ou moins),

arcade sourcilière moins

saillante.

Tête souvent lourde, parfois

busquée et plaquée.

Encolure souvent épaisse et

courte.

Dessus court et musclé.

Poitrine profonde.

Croupe avalée, queue plantée bas.

Tissus plus communs.

Membres souvent forts et beaux tendons.

Jarrets coudés et cuisses maigres.

Taille plus forte de 1 m. 50 à 1 m. 58, et même 1 m. 60 selon l'habitat.

Très endurant et calme.

Les chevaux barbes ont de tout temps remonté notre cavalerie légère, et ce n'est que quelques années après la guerre de 1870-71, que la métropole ne fît plus appel à sa colonie pour la remonte de ses escadrons.

Actuellement, les barbes ne sont employés que clans nos régiments algériens et tunisiens. Les Remontes militaires en achètent annuellement environ 900.

Il ressort des observations faites par les ofïiciers africains que le barbe moderne a bien dégénéré dans l'ensemble de sa race, quoique les Remontes s'efforcent à son amélioration, ce dont nous parlerons plus loin.

Nous pouvons résumer ainsi les différentes appréciations qui nous ont été fournies par des officiers de grande compétence cavalière, n'ayant pas osé nous en rapporter à nos souvenirs personnels d'il y a plus de vingt ans.

Le barbe est, assurément, un cheval de selle, et plus cheval de selle que bien des bourdons qui a empâtent » nos régiments de cuirassiers, nous écrit un ancien officier de Chasseurs d'Afrique, actuellement écuyer à l'Ecole de Saulîiur. Il est, en effet, parfaitement équilibré, et, à cause de cela, tout naturellement maniable, presque dressé sans avoir porté le cavalier. Mais il n'est pas, selon nos goûts et nos exigences modernes, un cheval de selle agréable. lia des moyens restreints. Une trotte pas vite. Au galop,

g Lies CIIEVAIX VI

qu'il a ordinaire, il peut aller très longtemps, à condition qu'on n'use pas du galop allongé. Par contre, il saute bien. Son triomphe est la grimpette enlevée au galop de charge et sa sûreté infaillible dans les plus mauvais chemins de montagne, car, s'il regarde volontiers en l'air et se ramasse, il ne tombe jamais et passe partout. Sa rusticité, sa solidité, sa douceur, qui sont réelles, ont été un peu exagérées par la légende. Les pneumonies et les coliques sont fréquentes dans les écuries-hangars régimentaires, à cause des sautes très brusques de température ; de même les barbes, qui, sous prétexte de douceur traditionnelle, ne sont jamais entre batflancs, se donnent de nombreux coups de pieds, autant, sinon plus que nos chevaux français. Il est vrai que les barbes sont entiers. On ne castre que les méchants. Les castrés restent les mêmes comme qualité et endurance, avec la méchanceté en moins, et on se demande pourquoi on ne les castre pas tous.

Ils sont très faciles à nourrir : orge et foin, et quel foin 1 ou encore avoine, et quelle avoine ! Néanmoins l'avoine leur est de beaucoup plus profitable que l'orge. Soit dit entre parenthèses,

la mauvaise qualité du fourrage serait la seule cause des difficultés d'acclimatement en Algérie du cheval de pur sang anglais. Mais celui-ci, une fois acclimaté, est considéré, en tant que cheval de service, comme très supérieur au harbe.

Cependant le barbe est capable de performances, très sérieuses, surtout quand il appartient à une famille améliorée. On voit des patrouilles couvrir parfois 400 kilomètres en 4 jours, sans marquer trop de fatigue. Notons que les chevaux de pur sang acclimatés se sont presque toujours montrés supérieurs aux barbes, dans les raids africains.

En résumé, si le cheval barbe, à cause de son galop raccourci, ne pourrait être dans une cavalerie continentale moderne et entreprenante qu'un pis-aller, du moins, en Algérie^ rend-il les plus grands services. Sa valeur sera bfen plus grande lorsque l'amélioration tentée par les Remontes aura, au bout de plusieurs générations, corrigé des défauts très sérieux. Cette amélioration, les Remontes — car en Algérie, ce sont les Remontes qui remplacent les Haras — la recherchent actuellement par

l'arabe pur, par le barbe-arabe et le barbe amélioré. Ce sont ces croisements-là qui ont donné les meilleurs résultats avec le syrien à la base. Le barbe reçoit de ce dernier sa distinction et sa qualité aussi. Les progrès sont-ils sensibles ?... En 1894, on avait envoyé l'étalon de pur sang anglo-arabe qui avait si bien réussi dans notre Sud-Ouest. Les essais donnèrent des produits décousus, moins bien membres et pas plus élevés comme taille. Il est juste de dire, avec M. Pichon-Vendeuil, que ces étalons anglo-arabes étaient de dernière catégorie.

Le pur sang anglais, dans ^es produits directs, ne donne, le plus souvent, que de mauvais résultats.

Les Remontes ont à lutter avec l'indifférence et les mœurs anti-hippiques des indigènes. Il n'y a pas un pays au monde où le poulain soit plus mal ni plus durement élevé (Jacoulet). Or l'élevage du cheval de Remontes est entre les mains de l'indigène ; et cela — avec la disparition de l'aristocratie arabe, grâce aux mœurs moins guerrières, — explique la décadence où est tombée la race barbe depuis la conquête.

Du reste, dans ce pays qui est plus grand que la France, on ne compte que 230.328 chevaux (statistique officielle de 1910) (dont 35.000 aux mains des colons). Il naît annuellement, dans la province d'Alger, 3.500 animaux ; 5.500 dans celle d'Oran et 7.000 dans celle de Constantine. Ajoutons, en passant, que la population mulassière atteint près de 193.000 têtes. La Tunisie possède environ 70.000 chevaux.

Tous ces chevaux, certes, ne se ressemblent ni comme modèle ni comme qualité. Il y en a d'importants, réguliers et bien réussis, d'autres de taille élevée, d'autres du genre ridicule qu'on impose à nos officiers d'infanterie ; d'autres encore, et les plus nombreux, constituent une misérable plèbe. Ceux de l'Oranais, dont la taille moyenne oscille entre 1 m. 48 à 1 m. 54, SQnt les meilleurs de l'Algérie, spécialement les élèves des Flittas. Dans la province de Constantine, le chevalatteint 1 m. 53 en moyenne et parfois 1 m. 58 et même 1 m. 60, mais cette dernière taille est l'exception. La province d'Alger fournit des chevaux de taille intermédiaire et de qualité intermédiaire aussi.

Le commerce paye un barbe, en moyenne, de 300 à 400 francs. Les prix budgétaires offerts par les Remontes oscillent entre 600 et 700 francs.

Certains élevages obtiennent des sujets remarquables, comme ceux de M. Bedouetà El Madlier (Gonstantine), si renommés pour leurs aptitudes aux sauts de concours, et ceux de M. Descours, à Saint-Denis-du-Sig (Oran) (chevaux de tous genres, arabes, anglo-arabes, arabes barbes) ; d'autres réussissent mieux des chevaux d'attelage de luxe. Ces produits-là se vendent naturellement beaucoup plus cher que la masse des sujets dits d'exportation.

L'Algérie passe à la France, tous les ans, de 3.000 à 3.500 chevaux d'attelage pour le petit commerce. Lesitaliens en achètent aussi un certain nombre. Voici d'ailleurs le tableau officiel de l'exportation et de l'importation chevaHne algérienne en 1910.

Il y a, en Algérie, trois dépôts de Remonte- Haras avec succursales : Blida, Mostaganem, Gonstantine. En Tunisie, Tebourba. Les étalons

y sont barbes, arabes, arabes barbes, barbes turkomans, plus dans chacfue dépôt un étalon de pur sang anglais; au total (1911), 844 étalons, dont 240 à Blida, 240 à Constantine, 240 à Mostaganem, 120 à Tebourba (Tunisie) et 4 à Tiaret.

liMPORTATIONS

Page 1