EDITION DES TABLETTES SAINT-RAPHAEL
Valeur économique des Chats
"ENGOUEMENT justifié du public pour le chien pourrait laisser supposer qu'il en est de méême pour les chats. Il n’en est rien, cet animal domestique n’est en général l’objet d’aucune sollicitude malgré les services qu'il rend et la valeur, de certains sujets de cette race. | En Angleterre, en Belgique, il n’en est pas ainsi; l’élevage du chat’de luxe est pratiqué par quantité d’éleveurs, des femmes en général, qui en tirent un revenu appréciable. Par suite du nombre des clubs spéciaux, par suitc des expositions, par suite du goût du public, les
prix atteints sont souvent considérables.
Les animaux de bonne origine, de 10 à 12 mois se vendent couramment de 30 à 40 livres sterling et certains champions atteignent les prix de cent et même 200 livres. -
Il y a en Amérique des Cat-Farms ou fermes d’élevage de chats et aussi des Kitten Raising Farms où l’on s'occupe spécialement de l'élevage rationnel des cha-
tors de prix.
. . » A s LA En France les amateurs qui se sont intéressés à l’éle-
vagc du chat se déclarent très satisfaits des résultats.
Mme Brassart dont la chatterie de Maritza (Bleus de Perse) groupe plusieurs femelles et étalons primés venri facilement 300 et 400 francs ses Jeunes au sevrage. 500 et 600 francs les sujets de 5 à 10 mois suivant la beauté du sujet. Les sujets primés dans les Expositions acquièrent immédiatement une plus value réelle et plusieurs sujets de Mme Brassart ne seraient pas cédés à moins de 3 ou 4000 francs. Certains animaux importés d'Angleterre ont été payés 6000 francs. Mme Brassard a acquis en 1923 un Persan blanc adulte cent quatorze livres ce qui avec les 20 % de frais de douane, de transport et de taxe de luxe représente environ douze mille francs. Elle a acquis en septembre 1924 une chatte bleue
qui lui est revenue à dix mille francs.
‘ Les prix des Siamois et des autres chats à poil court sont en général moins élevés. Au sevrage les sujets ordinaires se vendent de 80 à 150 francs. De 5 à 10 mois les prix se stabilisent entre 3 et 500 francs. Comme pour les Bleus de Perse les femelles et étalons primés, employés à la reproduction atteignent des prix élevés: 1.500 à 3.500 francs. Certains chats rares sont cotés très haut, ce sont les chats orange, crème, écaille de tortue ou les rarissimes chats de Birmanie.
L'élevage des chats de luxe est pratiqué en France prr 1500 éleveurs environ, qui en 1924 ont fait naître une moyenne de 10 sujets. Si en 1925 le nombre des éleveurs croît dans la proportion des trois dernières an-
nées il dépassera 2000 à la fin de cette année là.
L'élevage des chats présente également un intérét économique car depuis quelques années les couturiers ont lancé des fourrures « fantaisie » dans lesquelles figurent des peaux de chats, non seulement du chat tigré, mais encore du chat Persan, du chat d’'Angora aux longs poils de couleurs variées, du chat Siamois à la royale livrée.
La fourrure du chat est utilisée comme parure et comme chaude doublure, mais là ne se borne pas son utilisation. Plusieurs grands magasins de nouveautés ont exposé récemment des couvertures d'auto formées de 15 ou 20 peaux de chats blancs et tigrés relativement si identiques qu'on peut supposer qu'il en a fallu plusieurs centaines pour assortir un nombre semblable.
L'emploi de ces fourrures a provoqué des protestations des amis des chats, protestation actuellement légitime, car il est fort probable que les animaux qui les ont fournies ont été volés et massacrés, aucun élevage utilitaire n'existant en France. Mais en généralisant et en protestant les amis des Chats ont manqué le but. Puisque la mode, dieu tyrannique, devant lequel ii faut s’incliner, réclame des peaux de chats, on peut en enÿisager la production rationnelle en France sans sensiblerie déplacée. Nous suivrons en cela, l'Amérique où des fermes d'élevag> prospères, donnent des résultats financiers appréciables. Il n’y a pas de raison pour ne pas élever ces animaux pour la fourrure si on leur donne de bons soins pendant leur vie et si on les sacrifie avec humanité. En élevant des chats dans ce but, nombre de petits rentiers pourraient augmenter leurs revenus comme certains le font déjà par l'exploitation du lapin.
Les considérations et les chiffres précédents indi-
quent que l'élevage du chat est un élément de richesse
susceptible d’êtré développé dans le but de réduire les i-1portations de chats de luxe, d'organiser l'exportation de sujets dans les pays où le chat est particulièrement
apprécié, et enfin d'en utiliser la fourrure.
L'étude détaillée des races de chats, spécialement des races de luxe dans la plus extrême minutie de leurs carac-
tères exprimée par les standards est donc utile.
Standards des Races
Jusqu'en 1912, les auteurs français décrivant les races de chats se contentaient de mentionner sans beaucou de précisions, certains caractères typiques, sans envisager toutes les régions. Depuis la fondation du Cat Club de France, la rédaction des Standards a été tentée pour les principales races.
En Angleterre Miss Simpson dans The Book of the Cat, paru en 1900, publiait une série de Standards principalement basés sur les couleurs et Ja nature de la robe.
L'établissement des standards est en général la conséquence des travaux de clubs essayant de codifier la beauté et la pureté des races, les intéressant ; certains standards ont été rédigés par des éleveurs sérieux, ‘ils ont été à peine modifiés ; d’autres l’ont été par des dirigeants de clubs désirant créer des races pour les régir : ils ont en général peu de valeur.
-Les standards que nous publions sont ceux qui ont été élaborés par les clubs spéciaux régissant en France, ou en Belgique mais principalement en Angleterre les races décrites dans cette étude. Malheureusement leur rédaction est loin d'être précise, pratique et scientifique.
14 LES RACES DE CHATS om
Dans l'intérêt de l'élevage, ils devraient être revus, précisés, et complétés par une commission officielle, compétente, à la fois technique et scientifique, à laquelle on pourrait adjoindre des éleveurs et des juges d'exposition
depuis longtemps en fonction.
Les standards devraient décrire :, A) l'aspect général de la race :
B) les caractères fondamentaux de la race, mentionnés
par régions principales ;
C) la taille, la forme et le poids des animaux avec chiffres maxima et minima, en tenant compte du sexe des sujets : mâle, femelle ou neutre :
D) la description de la peau et du pelage avec indication précise des couleurs, de leur répartition et des particularités fixes de la robe.
Avec des standards bien exacts on pourra éliminer de la reproduction, ou tout au moins de l'inscription aux livres d'origine, les sujets ne présentant pas les minima fixés par l'échelle de points du Standard.
Ces standards officiels devraient être approuvés par le Comité supérieur des Livres généalogiques nommé par le Ministère de l'Agriculture. Ils seraient ensuite vraisemblablement adoptés par les éleveurs de tous les pays,
qui réclament des directives précises et scientifiques.
Classification des Races de Chats
Sans méthode, dit Lesson, point de science, point de tradition sur les connaissances que chaque devancier lègue à ses successeurs.
C'est pourquoi nous croyons utile de présenter toute la classification des espèces qui composent le genre félis.
Cette classification, comme du reste toutes les classifications, ne laisse pas que d'offrir quelques difficultés, car les caractères typiques des espèces du genre félis ne sont pas toujours bien déterminés.
Pour établir une classification, on ne peut se baser que sur certaines particularités secondaires de la dentition et du squelette, ou encore touchant la longueur de la queue, les pinceaux de poils dont sont ornés les oreilles de certains de ces animaux et enfin les diverses colorations du pelage. °
Nous empruntons la classification suivante au Dictionnaire d'Histoire Naturelle de d'Orbigny. Elle sépare les chats proprement dits en trois sections :