‹ Les races de l'EuropeChapitre 15 sur 36 · RECRUTEMENT DE · texte numérisé non relu

RECRUTEMENT DE

Nombre de sujets

Indice céphallqie

Nombre de su jets

Taille en mm.

Bas-Os terdalen, Solôr et Haut-Gudbrandsdalen (centre et Est de la Norvège méridionale)

Bas-Gudbransdalen (centre de la Norvège méridionale)

Haut-Osterdalen et Trysil (Nord-Est de la Norvège méridionale)

Quand à la province (Stifl) de Christiansand, formée des préfectures de Stavanjer à l'Ouest, de Lister-et-Mandal au Sud Ouest, de Nedenaes au Sud-Est et de Bratsberg à TEst, on peut y constater, d'après les études d'Arbo portant sur les communes et les districts (895, 897, 898 et 904), également la confirmation de ma thèse. Sans entrer en détails, je dirai que la brachycéphalie relative dont le centre est dans le pays de Jaerderen (partie centrale de la préfecture de Stavanger), va en diminuant vers le Sud-Est. En effet, le nombre de brachycéphales (Indice 82 et au-dessus) étant de 48 p. c. dans le Stavanger, s'abaisse à 24 p. c. dans le Lister-et-Mandal, à 16 p. c. dans le Nadenaes, et tombe enfin à 12 p. c. dans le Bratsberg. Par contre, les chiffres respectifs des dolichocéphales (Indice au-dessous de 80) dans ces préfectures sont : 17.3, 25.1 et 36.3 p. c.

Or la taille se répartit dans ces préfectures ainsi qu'il suit, d'après Daae {905) (avec réduction de 1 centimètre) : Stavanger 1722 milli-^ mètres; Lister-et-Mandal, 1721 millimètres; Nedenaes, 1724 millimètres, Bratsberg, 1701 millimètres. Au prime abord, il n'y a aucun rapport fixe entre les deux caractères; la taille ne varie pas d'une façon régulière en allant de TOuest au Sud et à FEst, comme Tindice céphalique. Mais si l'on considère des régions plus limitées, des

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groupes de communes dans chaque préfecture, on voit que par exemple dans le Stavanger la population de la côte (Jaederen et Daleren), la plus brachycéphale (83,2 et 82,2 d'indice) est un peu plus petite (1686 millimètres en moyenne d'après le recrutement de 1878-87 et 1694 millimètres d'après celui de 1884 93) que celle de la région intermédiaire (Stavanger et Ryfylke, taille moyenne, respectivement 1689 et 1696 millimètres) où l'indice céphalique est mésocéphale (81,5et81,4). D'autre part, si la taille augmente de Lister-et Mandai à Nedenaes, c'est-à-dire de l'Ouest à l'Est, comme la dolichocéphalie, on constate néanmoins dans cette dernière préfecture que la côte est habitée par des mésocéphales d'une taille moins élevée que celle des habitants de l'intérieur qui sont sous-dolichocéphales.

Toutefois il y a certains districts dans l'Est de la préfecture de Nedenaes dont la population est sous-brachycéphale et plus grande que celle de l'intérieur. Les sous-dolichocéphales de très grande taille déjà cités semblent s'étendre plus à l'Est dans la partie occidentale de la préfecture de Bratsberg (Telemarken occidental ou proprement dit) où l'on trouve 28,4 p. c. de tailles élevées et la taille moyenne de 1710 millimètres (recrutement de 1888-97), tendis que la partie orientale de cette préfecture (Telemarken oriental ou Graenland) offre une population dolichocéphale et de taille un peu moins élevée (17,2 p. c. de tailles élevées, taille moyenne de 1706 millimètres). Quant à la population côtière de cette préfecture, elle est mésocéphale avec une taille inférieure à celle des gens de l'intérieur; seulement il y a parmi ces côtiers des blonds (brachycéphales norvégiens) et des bruns (brachycéphales immigrés).

Suède

Longtemps le chiffre global donné par Baxter (875)^ p. 23, comme taille moyenne des Suédois (1699 millimètres d'après 1.190 hommes mesurés) était le seul et unique renseignement que Ton citait partout. Cependant déjà vers la même époque Arbo (875) donna des renseignements tirés des registres de l'armée suédoise pour les hommes incorporés (ayant par conséquent la taille au-dessus de 5 pieds 4 pouces ou 1625 mm.) ; mais ces renseignements passèrent presque inaperçus, môme pour les spécialistes. Le savant norvégien a trouvé que la taille en Suède était de 5 pieds 6 pouces (1675 mm.) en 1841-45 et de 5 pieds et 7 pouces (1700 mm.) en 1866-70; elle aurait ainsi augmenté de 1 pouce (25 mm.) en l'espace de ving-cinq années. L'augmentation de la taille

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est donc aussi considérable, sinon plus, en Suède qu'en Norvège. Le premier travail allant plus en détails, est dû au D' Hultkrantz (96 et 97). Il est basé sur les mesures de tailles prises par le service de recrutement, dans la période de 1877-94, sur 232.367 conscrits kgés de 21 ans, soit le cinquième de la population môle de la Suède. La taille moyenne de ces conscrits est de 1693 millimètres. En leur ajoutant les tt'oupes Indelta, sorte de mercenaires (5 p. c. du cbiffre précédent) dont la taille moyenne est de 1727 millimètres, on a la moyenne corrigée de 1995 millimètres. Cette moyenne se rapporte donc à tous les hommes âgés de 21 ans, sans exclure ceux qui sont au-dessous de la taille réglementaire (1 m. 57) et dont les tailles individuelles vont de . 1 m. 50 à 1 m. 90. Par conséquent, pour comparer ces chiffres à ceux des autres pays il faudrait, de l'avis de M. Hultkrantz, ajouter à cette moyenne 10 millimètres, comme Ta proposé déjà longtemps GouLD (869) et comme je Tai fait d'ailleurs pour plusieurs chiffres de ce travail. Après cette correction, la vraie taille de la population sera donc de 1705 millimètres. La taille des conscrits incorporés est de 1702 millimètres, chiffre très voisin du précédent.

Quant à la répartition géographiqjie de la taille, M. Hultkrantz ne donne malheureusement pas de moyennes, se contentant des chiffrres des tailles les plus fréquentes et du pourcentage des hautes et des basses tailles par circonscriptions militaires. Seules les moyennes minima et maxima sont données. On constate ainsi que la plus haute taille moyenne (1706 ou 1716 millimètres avec la correction) est donnée par la circonscription militaire de Gelfeborg (coïncidant avec la province ou lan de même nom, et avec le Nord de l'ancienne province de Helsing) et la plus basse (1681 millimètres, 1691 millimètres avec correction) par la circonscription ou la province de Kalmar avec l'île d'Oeland (est de Tancienne province de Smaland). Les variations d'une circonscription à une autre sont donc minimes : 25 millimètres seulement. D'une façon générale, les hautes tailles sont groupées dans le Sud du Norrland, ainsi qu'à Stockholm et Gothenbourg et leurs environs, et les petites dans l'extrême Nord (Lappland et Veslerbotten), et dans l'extrême Sud et le Sud-Est. Plus récemment, Tanthropologisle suédois bien connu, G. Retzius (902), a donné en collaboration avec FuRST des chiffres détaillés et tout à fait satisfaisants dans son travail magistral, fait d'après les mesures prises pendant les années 1897-98, sur 44.939 incorporés dans l'armée, c'est-à-dire à l'exclusion des individus ayant moins de 1 m. 57, éUminés pour défaut de taille (1).

(1) Toutefois, il s'est trouvé je nô sais pour quelle raison parmi les milliers de mesurés, 107 individus ayant la taille de 1 m. 48 à 1 m. 56.

La moyenne générale pour toute la Suède qui ressort de ces mesures est de 1709 millimètres, c'est-à-dire égale, à 4 millimètres près au chiffre corrigé dô Hultkrantz (1705 mm.), et aussi à la moyenne actuelle des Norvégiens (1710 mm.). Toutefois G. Retzius (p. 59), estime cette taille à 1718 millimètres en se basant sur le petit nombre (2,2 p. c.) d'individus, n'ayant pas atteint la taille réglementaire (1 m. 57).

Il est donc probable que la taille moyenne des Suédois, est d'environ 1715 millimètres. Le nombre de sujets ayant plus de 1 m. 70 de taille représente 50,7 p. c. d'après Hultkrantz, 59,2 d'après Retzius.

Cela confirme une fois de plus, que la taille des incorporés, supérieure de 10 millimètres à la taille des conscrits, *représente à peu près exactement la taille vraie de la population adulte.

On a vu par le travail de Hultkrantz qu'en Suède, la taille variait fort peu suivant les régions. L'ouvrage de M. Retzius confirme ce fait : de la région à taille maximo, l'île de Gottland (1727 mm.) à celle de la plus petite taille (Lappland, 1691 mm.), la différence n'est que de 36 millimètres, un peu plus grande que celle donnée par Hultkrantz (25 mm.).

Malheureusement les chiffres des deux auteurs ne sont pas comparables, car les divisions administratives qu'ils ont choisies (circonscriptions militaires chez Hultkrantz, anciennes provinces chez Retzius) ne sont pas les mêmes. De plus^ Hultkrantz comptait tous les conscrits d'une circonscription, comme étant natifs de celle-ci, tandis que Retzius a classé ses incorporés d'après le lieu de naissance de leur parent^j, ce qui est évidemment plus rigoureux au point de vue ethnique.

En reportant les chiffres de Retzius sur ma carte, je trouve que dans l'île de Gottland et dans la province de Harjedalen, la taille est au dessus de 1725 millimètres, (1727 et 1726 mm. respectivement), et dans une seule province seulement (Lappland, où l'on peut suspecter le mélange de sang Lapon et Finnois) elle est au-dessous de 1 m. 70 (1691 mm.). Dans tout le reste de la Suède, la taille moyenne par provinces ne varie qu'entre 1723 millimètres (HelsîVigland) et 1701 millimètres (Blekinge). C'est presque de l'uniformité, qui se traduit d'ailleurs très nettement sur la carte. En adaptant les coupures de la taille plus petites que celles de ma carte, on s'aperçoit (voy. la carte N<> 1, de l'ouvrage de Retzius) que les hautes tailles sont groupées dans les provinces de Hœrjedalen , Jœmtland, Angermanland, Medelpad, Heelsingland et Gfîestrikland,bref dans cette région que Ton appelle Nordland, sauf le Lapland où la population est mêlée avec les Finnois et les Lapons; puis sur les côtes N.-O. (Bohuslan, Dalsland) et N.-E. (Sœdermanlan.d) de la région appelée Gothland, ainsi que dans

les îles (Oeland, Goltland). La carte N® 2, de l'ouvrage de Retzius, représentant la proportion de grands (au-dessus de 1700 mm.) confirme cette répartition, sauf qu'elle fait pénétrer les grandes tailles plus dans l'intérieur, dans les coins N.-E. et N.-O. du Gothland, et dans le S.-O. du Svealand (province de Varmland). Elle ressemble d'ailleurs beaucoup, tout en accentuant en général la prépondérance des hautes tailles, à la carte de Hultkrantz (96) p. 14. La seule différence importante, c'est que sur cette dernière, les hautes tailles se répandent presque dans l'Uppland, et par contre l'île d'Oeland est marquée avec les hachures de la faible proportion de hautes statures. Pour les Suédois de la Finlande, voy. le Supplément (chôp. Finnois occidentaux).

Danemark

Longtemps, il n'a été publié pour le Danemark aucune indication détaillée sur la taille en dehors du chiffre global de 1694 millimètres, donné par Baxter (875), d'après les mesures sur 383 sujets et des statistiques militaires qui donnaient la taille moyenne de 1654 millimètres (en 1852-56) à 1684 millimètres (en 1891-900).

Heureusement dans ces derniers temps, un comité spécial (Antropologiske Komité) a été créé à Kopenhague, et l'un des directeurs de ce comité, mon collègue et ami, le D' Sôrèn Hansen, a bien voulu me communiquer par anticipation les résultats qu'on a obtenu déjà en compulsant les registres de recrutement. D'après les notes et la carte manuscrite du D' Sôren Hansen (907), la taille moyenne des 42086 conscrits appelés de 1904 à 1905, augmentée d'une certaine quantité calculée d'après les expériences sur la garnison de Copenhague, et correspondant à celle des Danois adultes en général, est de 1691 millimètres (1).

Les variations de province (Amt) à province ne sont pas considérables, elles oscillent entre 1675 et 1699 millimètres. Le maximum se trouve à Copenhague -Ville (1699 mm.) et dans l'île de Borrnholm (1698 mm.), qui, topographiquement est dans les eaux suédoises de la Baltique.

Etant donné cette faible amplitude de variations tout le Royaume de Danemark se trouve teint sur ma carte, avec la couleur représentant les (( grandes tailles ».

(1) Ces lignes ont été 'déjà imprimées quand j'ai reçu le travail de Magkeprang (907) dont les notes de Hansen ne sont crue le résumé.

Si l'on tient compte des différences de taille d'un tiers de centimètre, on s'aperçoit que d'une façon générale, la taille est plus élevée sur le continent que dans les îles» (sauf Bornholm).

En effet, l'île de Sjeelland abrite une population de taille relativement peu élevée (1692 mm. dans la province de Copenhague campagne et 1675 à 1688 mm. dans les autres). Les îles situées plus au Sud, Laaiand et Falster, ont aussi la population dont la taille moyenne ne dépasse guère 1680 millimètres. Dans la partie sud de l'île de Fîonie (Fyen), on constate une stature un peu plus élevée, tandis qu(3 dans sa partie nord, la taille moyenne monte jusqu'à 1694 millimètres.

Dans la presqu'île de Jutland, c'est-à-dire dans le Danemark continental, la taille en général est plus - élevée sur la côte Ouest (prov. de Ribe, Ringkjobing et Thisted, 1692 à 1694 mm.) que sur la côte Est (Hjorring, Aalberg, 1691 mm.; Randers, 1689 mm.). Elle est aussi plus élevée dans le Sud du pays (Vejle, 1695 mm., Ribe, 1693 mm.) que dans le Nord-Est (Randers, 1689 mm., Hjorring, 1691 mm., Aalberg, 1690 mm., Thisted, 1697 mm.).

Allemagne

Les renseignements relatifs à la taille sont très maigres pour l'Empire Germanique. S'il existe des travaux de premier ordre pour l'Allemagne du Sud, on doit se contenter pour le reste des données sur quelques petites régions. Récemment une tentative a été faite pour provoquer une vaste enquête anthropométrique dans toute l'Allemagne [ScHWALBE (903)] ; mais on ne paraît pas encore avoir abouti sur ce point (voy. les Rapports de la commission de « Statistique anthropologique» au congrès des anthropologistes allemands dans: «Centralblatt fur Anthropologie » de 1904 à 1907).

En attendant, je suis obligé, à mon grand regret, de laisser sur ma carte une énorme tache blanche pour l'Allemagne du Nord.

Je ne donne que pour mémoire le chiffre de 1691 millimètres obtenu par Baxter (875) sur les 54.944 Allemands émigrés aux États-Unis et qui devaient provenir surtout des régions maritimes de l'Allemtigne du Nord (Oldenburg, Sleswig-Holstein, Hanovre, Mecklenbourg, Poméranie, Prusse occidentale et aussi la Posnanie). De même, cVst sous bénéfice d'inventaire que je cité la proportion d'individus exemptés pour défaut de taille (au-dessous de 1 m. 57) dans le contingent allemand en 1874-75 : 3,1 p. c, d'après Joulin [884) ; et en 1876-78 :

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2,9 p. c, d'après Myrdacz (887, p. 27), ainsi que la proportion de petits (de 1 m. 57 à 1 m. 61) dans le contingent allemand: 4,9 p. c, d'après Joulin.

Allemagne septentrionale

Le Dr. Meisner (88S, 889, 891) a étudié minutieusement une partie de l'Allemagne du Nord, comprenant le Sleswig-Holstein, avec Lauenbourg et les pays adjacents : l'île de Fehmarn, la principauté de Lubeok, appartenant à l'Oldenbourg (pas confondre avec la ville libre du même nom), le cercle (Regierungs-Bezirk) de Stade dans la pro vince de Hanovre sur la rive gauche de l'Elbe, et enfin les villes libres de Hambourg, Lubeck et Brème avec le territoire adjacent.

Pour le Sleswig, Meisner [883] avait utilisé les « Vorstellungslisle » oii listes de la conscription de 1876 à 1880, comprenant les tailles individuelles de 4.964 recrues de 20 ans, comprises entre 1 m. 55 et 1 m. 85. Je donne les chiffres de Meisner sans aucun changement, quoiqu'on aurait dû les augmenter un peu, puisque les sujets audessus de 1 m. 85 ne figurent pas sur les listes, et ils doivent être nombreux dans un ensemble de gens de haute taille. La taille moyenne ressort à 1692 millimètres, la plus fréquente à 1680 millimètres. Quant à la différence entre les divers districts et les groupes linguistiques, on peut la constater d'après la proportion des (( grands » (au-dessus de

I m. 69) et des «petits » (au dessous de 1 m. 62), comme aussi d'après les chiffres de la taille la plus fréquente. En général, comme en Danemark, les « grands )) sont plus nombreux (39,6 p. c.) sur la côte Ouest et dans les îles qui lui font face (44,2), que sur la côte Est (36,8 p. c.) et dans l'intérieur (34,8 à 37,1 p. c). Cette différence coïncide avec les différences ethniques et linguistiques : les gens de la côte Ouest sont surtout des Frisons, tandis que ceux de la côte Est sont surtout des Danois. La taille moyenne probable (d'après la taille la plus fréquente augmentée d'un centimètre) serait de 1692 millimètres pour les districts Frisons et s'élèverait même à près de 1730 millimètres dans les îles ; elle doit être aux environs de 1682 millimètres dans les districts Danois et de 1690 millimètres dans les districts Saxons.

Pour les autres régions qu'il a étudiées, Meisner donne les chiffres d'après les recrues de 20 ans, auxquels il ajoute a pour augmenter le nombre » les soldats des deux levées précédentes, âgés de 21 et 22 ans.

II faudrait donc probablement diminuerles chiffres des tailles moyennes ainsi obtenues, mais comme je ne sais pas au juste quelle est la proportion des soldats ajoutés et comme d'ailleurs les sujets au-dessus

de 1 m. 85 ne rentrent pas en ligne de compte, je laisse les chiffres ic^ls quels.

La population du Holstein est plus basse que celle du Sleswig, Lîr taille moyenne n'y est en effet que de 1677 millimètres (d'après 22.979 sujets mesurés), c'est-à-dire presque moyenne. La taille la plus fréquente est de 1670 millimètres seulement, mais le nombre île « grands )) (au-dessus de 1690 mm.) est cependant un peu plus élevé (38 p. c.) que dans le Sleswig (37 p. c), ce qui tient à la différeund'âge des sujets mesurés dans les deux régions ; cependant le nombrn de « petits » est le même (13 p. c.) dans les deux. La taille est encoit^ plus basse dans le cercle hanovrien de Stade qui se trouve de l'aufi e côté(àrO.) de TElbe. La taille moyenne y est de 1664 millimètres (d'après 2.205 sujets) et la plus fréquente de 1650 millimètres seulemetJ t.

Dans la ville et le district de Hambourg (où la population urbciiiu' représente 91 p. c. du total) la taille s'abaisse encore davantage. L^^s 1.674 sujets mesurés ont donné comme taille moyenne 1659 millimètres, ce qui fait rentrer les Hambourgeois dans la catégorie des « tailh^s moyennes » si l'on ne fait pas de réduction, et même dans la catégorie des (( petites tailles « si Ton fait une réduction de 1 centimètre (1), Ln taille la plus fréquente est cependant de 1670 millimètres; mais le nombre de grands tombe à 31 p. c. et celui de petits monte a 22 p. c. (2).

Si Ton entre un peu en détails, en considérant la population \mv provinces, on remarque que dans le Holstein comme dans le Sleswsfi: la taille est plus élevée : dans les îles que sur les côtes, sur les côU's que dans l'intérieur, sur la côte Ouest que sur la côte Est. Cette répiw tition coïncide comme au Sleswig avec celle des éléments ethniquf^s : Frisons, dans les îles et sur la côte; et dans l'intérieur Danois dans le Nord et Slavo-Saxons dans le Sud. Dans le pays de Stade la taille

(1) F^ar une erreur regrettable la rc^gion de Hambourg a été teintée sur mu carte en bleu foncé (très grandes tailles) au lieu de l'être en bleu très cher (tailles moyennes).

(2) C'est une démonstration qui va â rencontre du dire de M. Ammon ; lu population d'une ville n'est pas toujours plus grande que la population lirs campagnes qui l'environnent. Par contre, les deux aulres villes hanséatique^p Lubeck et Brome, accusent une population plus haute que celle même du Holstein. Cela tient à ce que la taille de Lubeck est donnée par Meisner ensemhln avec celle du district rural (ancien duché) de Lauenbôurg, et à d'autres causLis encore. La taille moyenne des 737 sujets de Lubeck est de 1686 millimètres, celle de 577 sujets de Brème de 1688 millimètres. Même avec la réduction d'un centimètre, ces deux régions resteraient dans la zone des a grandes taille& ji. D'ailleurs la taille la plus fréquente, 1690 millimètres pour les deux villes, est la plus élevée que Meisner ait constaté pour la totalité de la région par lui explorée.

va en diminuant de la côte à l'intérieur et à mesure que Ton remonte l'Elbe et le Weser.

D'après Meisner, les « grands » du Sleswig-Holstein et de Stade sont aussi blonds, ont la face allongée, le nez étroit et convexe, tandis que les « petits» sont plutôt bruns, ont la face élargie et le nez large et droit.

Meisner (891) a examiné également environ 5.500 recrues (de 20 ans?) du Grand Duché de Mecklembourg et leur a trouvé la taille moyenne de 1680 millimètres et la taille la plus fréquente del670raillimètres, chiffres voisins ou identiques à ceux du Sleswig-Holstein.

Quant à la répartition par districts on ne peut s'en faire une idée que par la proportion des « grands » (au-dessus de 1 m. 69) et des (( petits » (au dessous de 1 m. 62), l'auteur ne donnant pas de moyennes par districts. D'une façon générale, la taille est haute dans les districts maritimes ; mais elle y va cependant en diminuant presque régulièrement de l'Ouest à l'Est.

Je n'ai pas d'autres renseignements sur la taille en Allemagne septentrionale. Mais d'après ce qui vient d être dit on peut présumer que la taille doit être haute ou très haute dans l'Oldenbourg et le Hanovre occidental ; haute ou moyenne dans le reste du Hanovre, moyenne dans te nord de Brandenbourg avec, peut-être, une traînée de petites tailles dans la vallée de l'Elbe. D'une façon générale, la taille doit diminuer dans cette partie de l'Empire Germanique en allant du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est et. peut-être, secondairement, de la basse à la moyenne vallée de l'Elbe. Les travaux futurs démontreront si je me trompe ou non.

Allemagne centrale

Je n'ai pour celte partie de TEmpire Germanique que les renseigne ments, assez vieillis, sur le Royaume de Saxe, cités par J. Bertillon dans son article (( Taille)) [(888), p. 601] et des données sur de petits districts de la province Rhénane et de la Saxe prussienne avec le duché de Schwarzbourg.

Dans la province Rhénane M. Kruse (900) a mesuré 300 recrue§du district d'Andernach, situé au nord de Coblence et célèbre par ses restes préhistoriques qui vont du quaternaire à l'époque Carlovingienne. Il leur a trouvé une taille moyenne de 1666 millimètres. Quoique ce chiffre ne se rapporte qu'au district, ou peut supposer qu'il peut représenter à peu près la taille de la circonscription (Regierungskreise) de Coblence tout entière. C'est ainsi que je l'indique sur ma

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carte avec la teinte correspondante à la taille moyenne (de 1650 à 1675 mm.).

Passons plus à l'Est, dans la province prussienne de Saxe. M. Reis- GHEL {889) avait extrait des registres de présentation (Vorstellungsliste) des trois cercles : Erfurt, Weissensee et Eckartsberga, pour la période de 1873-82, les mesures suivantes se rapportant aux soldats de 20 à 23 ans, et par conséquent devant être réduites d'un centimètre.

La taille dans tous les trois cercles, avec ou sans réduction d*un centimètre, se trouve dans les limites des (( taillés moyennes » {1654-1670 mm.) ; elle a la tendance à s'abaisser régulièrement de TOuest à l'Est : Erfurth 1670 millimètres, Weissensee 1667 millimètres, Eckartsberga 1667 millimètres (sans réduction). Comme le cercle d'Erfurth est enclavé entre les duchés de Saxe-Weimar et de Saxe-Coburg-Gotha, et comme d'autre part les cercles Weissensee et Eckartsberga se trouvent immédiatement au nord du duché de Sàxe-Weimar, je me suis permis de teindre, de la même couleur que ces cercles, le territoire deà deux duchés Saxons. Je suppose que la moyenne des tailles n'y doit pas être en dehors des limites 1650-1675 millimètres. Cette indication a pour moi une certaine valeur parce que ces deux petits États ont été très bien étudiés au point de vue de l'indice céphalique et de la pygmentation [voy. Deniker (899), p. 53]. D'ailleurs, la supposition que les états saxons en question ont une « taille moyenne » est confirmée par ce fait que le cercle de Sonneberg dans le Saxe-Meiningen, situé tout à fait au Sud de ces états, à la frontière bavaroise, offre une taille moyenne de 1659 millimètres d'après les mesures sur 464 sujets communiquées par KiRGHHOFF (884),

Ce dernier chiffre nous indique aussi que la taille est plus petite au Sud d'Erfurth. Elle est au contraire plus grande au Nord de ce cercle. En effet, d'après le Dr. Baerwinkel (905), qui a mis en œuvre les mesures de 9.608 conscrits de la principauté de Schwarzburg-Sondershausen, pour la période 1872-1901, la taille moyenne dans cette principauté est de 1671 millimètres. Je transporte ce chiffre sur ma carte. Il faut remarquer cependant qu'au lieu de se servir de « Vorstellungslisten » (listes de présentation), cet auteur a utilisé les « Grundlisten » (listes fondamentales de la conscription) qui donnent les tailles de tous les conscrits, avec différentes corrections et adjonctions; elles portent notamment, depuis quelque temps, les indications de la taille même pour les sujets ayant moins de 1 m. 54 (taille réglementaire).

Tenant compte de ces renseignements on devrait majorer d'un centimètre la taille moyenne, 1671 millimètres, donnée par Baerwinkel. . On a ainsi pour toute la principauté de Schwarzburg-Sondershausen la taille de 1681 millimètres, qui range sa population parmi celles de

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« grande taille ». D'autre parl> la taille paraît s'y abaisser de l'Ouest à TEst. En effet dans la partie Ouest ou plui6t à l'Ouest du fleuve Helbe (affluent de gauche de Unstrut, qui se jette dans ia Saale), on compte deux districts où la taille est de 1690 à 1720 millimètres (saos augmentation d'un centimètre comme pour les autres chiffres qui saÎTêat^ et un seul où elle est au-dessous de lfi40 millimètres, tandis que dan» la partie Est (à l'Est du fleuve) on compte trois districts où la taille tombe au-dessous de 1640 millimètres.

A l'Est du pays de Thuringe, que je viens d'examiner, en pleine Saxe prussienne, Kirchhof (882 ei 892-93) nous donne des renseignements sur les cercles Mansfelder-Seekreis (à l'Ouest de la Saale), Saalkreis (à l'Est de ce fleuve) et du cercle urbain de Halle (sur les deux rives de la Saal^). 11 a collationné les chiffres des listés de conscription (Aushebungslisten) de la période 1872-1889, comprenant tous les conscrits depuis ceux qui ont une taille de 1520 millimètres. Comme la taille de ceux qui sont plus petits n'est pas indiquée, Kirchhof les compte tous comme ayant 1520 millimètres. D'ailleurs leur nombre ne dépasse probablement pas 1 p. c. Le résultat final ne doit pas différer beaucoup de la réalité. En tout cas j'ajoute un centimètre aux chiffres de Kirchhof qui sont les suivants :

Pour 2.812 conscrits du Mansfelder-Seekreis: 1653 millimètres. Pour 2.637 de Saalkreis : 1648 millimètres" et pour Halle 1652 millimètres, la moyenne générale des trois étant de 1652 millimètres, soit avec la correction, 1662 millimètres. On remarquera que, même avec la correction, les chiffres des cercles saxons sont au-dessous de ceux de la Thuringe. De plus, la taille s'y abaisse également en allant de TOuest à l'Est : à l'Ouest de la Saale, la taille est de 5 millimètres plus hçiute qu'à l'Est.

Voici d'ailleurs, sous forme de tableau, toutes les mesures de la région Thuringo-saxonne et où les unités administratives sont rangées de l'Ouest à l'Est et du Nord au Sud (voy. p. 79).

La diminution de la taille du Nord au Sud et de l^Ouest à l'Est ressort moins nettement des chiffres corrigés que des chiffres non corrigés, néanmoins elle est accentuée partout.

Cette diminution de la taille n'est due ni à la situation géographique, qui est la même pour les deux régions, ni aux différences d'altitude puisqu'on l'observe au bas des vallées comme aux sommets des collines, ni aux conditions sociales, qui devraient agir en sens inverse puisque lé pays de Halle est plus riche que la Thuringe. La différence est donc due uniquement aux causes ethniques. Les Slaves (Vendes) sont très nombreux encore dans le district de Saalkreis (le plus oriental de la région examinée) et les traces de leur existence sont de plus en plus

J. DENIKER. — LES RACB5 D» L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUEOPG 79

TAILLE MOYENNE EN MILLIMl^TRHS

TERRITO IRES

Sans correction

avec correrïicrn

Groupe de l'Ouest :

(N) SchwarzburgSondershausen

(G) Erfurth (Thuringe)

(S) Sonneberg (Saxe-Meining.).

Moyenne de ces trois unités admi-

nistratives

Puis, en allant de l'Ouest à l'Est

Weisensee (Thuringe). , .

Eckartsberga

Mansfelder-Seekreis

Halle s. S

Saalkreis

rares à mesure que l'on s'avance vers l'Ouest. Les Vendes actuels ^tant petits, comme les Polonais et peut-être une partie de Tchèqm^t^, ly diminution de la taille ne peut s'expliquer que par le mélangt^ rie c^t élément dans la population actuellement allemande. C'est tellr^ïnent vrai que dans les districts de la Thuringe les communes où la taille est la plus basse sont celles qui portent des noms slaves.

Passons à la Saxe royale, dans l'extrême Est de l'Allemagne centrale. D'après les statistiques officielles de recrutement pour les immjes 1852 54, données par Bertillon (voy. plus haut) j'ai calculé la tailla moyenne approximative pour chacun des cercles composant le Royaume de Saxe(l). Cette taille se rapportant à la totalité des con^i-rits de 20 à 21 ans doit être augmentée de 1 centimètre pour avoir la taille réelle.

La taille est petite dans le Royaume (1640 mm. avec com^ctiou; proportion de ((grands» 15,3 p. c.) et elle s'abaisse surtout dans le cercle de Bautzen (1638 mm.), peuplé des Vendes, slaves germanises ou non (voy. carte : 46 et 46') ou de leurs métis avec les Allemands ; et dans celui de Zwickau (1632 mm.) où à la présence des éléments slM%^tîs germanisés se joint encore, comme cause d'abaissement, le ^^rand

(1) Ce calcul a été fait d'après le nombre des individus de chaque catégorie rit; tailles espacées de deux centimètres et demi environ. Les individus de h\ catégorie au-dessous de 1557 millimètres sont supposés avoir la taille moyctuip de 1 m. 50 et ceux de la catégorie au-dessus de 1783 millimètres, la taille de 1 m. lïJÛ.

nombre d'ouvriers de fabriques et des mines. La province de Leipzig a la taille de 1644 millimètres, et celle de Dresde, 1646 millimètres.

Il est possible que la taille moyenne ait augmenté en Saxe depuis 1854, comme dans la plupart des pays de l'Europe occidentale, mais n'ayant pas de chiffres on ne peut rien affirmer, et je laisse sur ma carte la Saxe royale avec la teinte correspondant aux « petites tailles » (1625 à 1649 mm.) (1)

En l'absence d'autres documents quelles prévisions peut-on tirer des quatre « sondages » que je viens de décrire pour la distribution de la taille en Allemagne centrale ? Comme dans le Nord de l'Allemagne, la taille doit y diminuer en allant de l'Ouest à l'Est et peut-être du Nord au Sud. En Westphalie, la taille est probablement « grande » ou «moyenne» (voy. ci-dessous); dans le reste, sauf peut-être une partie de la Saxe, elle doit être « moyenne ».

Allemagne orientale

Aucun document n'étant publié pour cette région, je ne puis donner qu'une vue hypothétique, que me suggèrent les faits positifs constatés dans les pays environnants. Les populations' lithuaniennes de la Prusse orientale, germanisées ou non, doivent être « grandes » comme leurs frères de race en Russie (voy. plus bas). Les populations polonaises (germanisées ou non paf la langue) de la Prusse orientale, de la Prusse occidentale, de la Posnanieet de la Silésie, ainsi que les Vendes de cette dernière province et de Brandenbourg doivent être « petits » ou même (( très petits ». Les habitants allemands de la Poméranie doivent être « grands » ou « moyens » ; ceux de Brandenbourg oriental et de la Prusse occidentale « moyens » ou même « petits » à cause du voisinage des Kochoubes et des Vendes. Enfin les Allemands de la Silésie doivent être plutôt « petits », étant donné qu'ils sont entourés de tous les côtés par des populations de « petite » ou (( très petite » taille : Vendes et Saxons au Nord Ouest, Tchèques et Moraves de « petite taille » à l'Ouest et au Sud, Polonais à l'Est et au Nord-Est.

D'ailleurs, ce qui vient d'être dit est confirmé par le renseignement ancien, mais ayant encore de la valeur, que je trouve chez Boudin {86S, t. X, p. 40) : en Prusse, d'après les données du recrutement de 1831-39, le nombre des exemptés était à son minimum en Westphalie (7,5 p. c.) et à son maximum en Silésie (33,9 p. c).

(l) Ma carte a été tirée quand j'ai reçu l'ouvrage de Mackeprang où celui-ci â calculé, d'après les données du recrutement pour 1899-905, comprenant 105.036 conscrits, la taille moyenne en Saxe, qui est de 1655 millimètres, soit de 1 centimètre et demi supérieure à celle que j'ai trouvée pour ma part.

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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 81

Allemagne méridionale

Grand Duché de Bade, — Ce n'est que pour mémoire que je rappelle ici le travail de Ecker (876) et la première étude d'AMMON [894) sur la taille des conscrits badois, car tous les deux sont amplement surpassés par l'ouvrage capital d'AMMON (é?99), basé sur les observations et les mensurations de 27.773 conscrits appelés, prises de 1887 à 1894 par 0. Ammon lui-môme, sauf pour quelques districts du nord où les mesures ont été prises par Wilser.

Gomme ces appelés ou ajournés de 20 à 22 ans ont été mesurés tous, y compris même les nains de 1 m. 30, il faut majorer d'un centimètre, suivant ma règle (p. 4) les chiffres de 0. Ammon. Il faut aussi rappeler que 0. Ammon donne à part les résultats pour la population rurale et pour la population urbaine (1). Je ne prends ici, et je ne reporte sur ma carte que les données sur la population rurale, la petitesse de l'échelle de cette carte ne me permettant pas d'indiquer à part les renseignements sur les villes.

Dans cette catégorie, Ammon [899) n'a mesuré que 6.800 appelés de 20 ans. 11 leur trouve la taille moyenne de 1652 millimètres (soit en augmentant de 1 centimètre, de 1662 mm.) et la taille la plus fréquente de 1653 millimètres (1663 mm.) c'est-à-dire presque identique au chiffre de la moyenne. Quant aux appelés des classes 1840-1864, étudiés précédemment par 0. Ammon {894) d'après les listes de recrutement, leur taille moyenne ressort à 1640 millimètres (1650 mm.). Il y a donc eu une augmentation d*un centimètre de la taille moyenne dans l'espace de 20 ou 30 ans, comme dans beaucoup d'autres pays. La taille moyenne de 2.197 « ajournés » de la population rurale, âgés de 21 ans, est de 1655 millimètres (1665 mm.), celle des 1.613 ajournés de 22 ans est naturellement un peu plus élevée, 1659 millimètres (1669 mm.). Pour être complet j'ajouterai que les 2.101 conscrits citadins accusent une taille moyenne de 1652 millimètres (1662 mm.), exactement égale à celle de la population rurale; cette taille moyenne s'abaisse à 1650 millimètres dans les petites villes et s'élève à 1654 millimètres dans les grandes. La taille la plus élevée des citadins n'a été déduite par 0. Ammon que d'après la proportion de « petits » et de (( grands » qui est en faveur des « grands » pour les villes.

(1) On sait, en effet, que c'est surtout ses mesures dans le Bade qui ont déterminé Ammon à formuler la loi générale sur les différences somatologiques orientées dans un certain sens entre ces deux catégories d'habitants, lois qui, d'ailleurs, si elles sont vraies pour le Grand Duché et quelques autres pays, ne le sont pas pour la majorité des contrées européennes.

82 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SQBNCBS

En ajoutant aux conscrits ruraux de 20 ans mesurés par Ammon ceux du nord du pays (région de Brurhein et Pfalz badois), au nombre de 1.391, mesurés par Wilser (voy. Ammon, 899. p. 504) on a pour les 8.934 conscrits de cette catégorie la distribution suivante, selon les districts et les « régions naturelles » établies par Ammon. Dun district à l'autre les moyennes ne varient qu'entre 1614 millimètres (1624 mm., district de Wolfach dans le Schwarzwald moyen) et 1674 millimètres (1684 mm., district de Wertheim, rive gauche du Mein, à la frontière bavaroise). Mais ces districts à taille extrême sont isolés. L'immense majorité des districts (43 sur 51) se rangent entre les tailles de 1650 et 1674 millimètres (toujours après avoir ajouté un centimètre aux chiffres d'Ammon), c'est-à-dire se trouvent dans les limites des moyennes tailles.

C'est pour cela que sur ma carte on voit tout le Grand Duché de Bade coloré en bleu clair (statures moyennes, 1650 à 1674 millimètres), sauf la région de Schwarzwald, très montagneuse, où la taille est petite (de 1624 à 1649 mm.) en général. On verra tout à l'heure que la région de Schwarzwald dans le Wurtemberg abrite aussi une population de taille peu élevée. Si la carte était à une plus forte échelle on aurait pu apercevoir aussi quelques districts (7 en tout) de haute taille groupés dans la vallée du Rhin, notamment les districts de Lahr '1681 mm.) et celui de Kehl 1675 mm.\ situé en face du district alsacien de Strasbourg où la taille est de 1670 millimètres (voy. p. 44 ; puis dans le nord est du pays, où d'ailleurs il n'y a que des districts de taille assez élevée 1669 à 1673 mm.) : districts de Wertheim et de Buchen 1689 (mm.) (1), celui de Mosbach il680 mm.;, etc. Cette région est prolongée à l'est par la zone des tailles élevées du nord-ouest de la Bavière.

Wurtemberg, — Pour cet état je n'ai que l'indication suivante que j'emprunte à l'ouvrage d 'Ammon (899, p. 79) : « D'après Stetter M. Ammon ne donne nulle part dans son ouvrage d'indications biblio graphiques^, la taille moyenne des conscrits Wurlembourgeois à l'exclusion de ceux qui sont au-dessous de 1432 millimètres est de 1661 mil limètres. Pour les années 1876 1878, von Hoelder donne la taille de conscrits un peu moins élevée, 1651 millimètres, voisine de celle des Badois (2). Les hommes les plus grands se trouvent dans le Rauhe Alb lie Jura souabe; et les plus petits dans le Schwarzwald (3;. »

(1) Ce chiffre diffère, pour Wertheim, de celui donné plus hadt, toujours d'après Ammon : je n'ai pu découvrir la cause de cette légère divergence.

(2) Pour l'année 1903, Mackeprang calcule la taille moyenne de 1665 millimètres, d'après les mesures sur 20.019 conscrits.

(3) Il est à remarquer que ces deux régions se touchent et que le Jura souabe sépare deux pays de a petites tailles » : le Schwarzwald à l'ouest et, ô Test, la vallée du Danube déjà dans les limites de la Bavière. LesSouabes à la frontière est du pays doivent être grands, comme en Bavière.

Bavière. — Abstraclioti faite du travail, déjà ancien, de Majer {862), sur la taille dans la Franconie moyenne, et des quelques donnéf^ï? que l'on trouve dans le livre de Hoefer (891) sur la région de l'Isar, tout ce que Pon sait sur la stature des Bavarois se réduit au méniûire de Ranke (881). Ce savant a fait des calculs d'après les feuilles de recrutement pour 1875, comprenant les mesures de 4.532 conscrits appelés. Il ne donne pas de moyennes, mais pour chacun des 117 districts du royaume on a le chiffre de la taille la plus fréquente, et la proportion de « petits » (au dessous de 1 m. 62) etde «grands » (1 m. 70 etaudessusl. J'admets qu'en Bavière les chiffres des tailles les plus fréquentes wv. se cartent que de quelques millimètres de ceux de la taille moyenne, comme dans le Grand Duché de Bade (voy. p. 81). D'ailleurs, Lafouge [894) et Lehmann-Nitsche (896) admettent également cette concordance.

Ceci dit, en majorant d'un centimètre les chiffres de Ranke (ohtônus d'après les mesures sur tous les conscrits depuis les nains de 1 \\\. 15 jusqu'aux géants de 1 m. 92) voici quel est le tableau de la distribution des tailles en Bavière (voy. la carte et le cartouche). La taille In plus fréquente varie selon les districts, de 1 m. 57 (district de Schwali^ li) à 1 m. 73 (premier district de Bamberg). Mais si l'on prend la m^jy^^niie des chiffres de chacun des 142 districts ruraux on obtient le chitTrc de 1646 millimètres (1656 mm.) qui, probablement, représente le Inille moyenne des Bavarois (1). Si Ton considère les districts (voy, le uartouche), on a devant soi une véritable mosaïque. Néanmoins, on distingue déjà certains groupements de districts de hautes tailles dan^ le nord-ouest, le sud-est et le sud du pays ; et un autre groupement de petites tailles dans la vallée du Danube et dans celles de ses aftlmuits de droite (Inn, bas Isar, Lech) et de gauche (Naab et les rivièriss du Jura de Franconie).

Si l'on groupe les districts de façon à former deux régions dans (chacune des sept grandes provinces de la Bavière on obtient ce que Vow voit sur la carte principale, où la teinte conventionnelle représi^ntti It* territoire occupé par les gens de telle ou telle stature moyenne déduite des statures moyennes des districts qui compose ce territoire.

On a ainsi les régions suivantes :

Dans la Basse-Franconie (N.-O. de la Bavière) : une partie otcklentale (basse vallée du Mein) où la taille moyenne est assez élevée : 1670 millimètres (en augmentant, comme pour toutes les donnéù,s qui

(1) Le plus grand nombre de districts (123) offre la taille de 1 m. 62 ô 1 jn, t)3 ; viennent ensuite : IG districts avec la taille de 1 m. 61 à 1 m. 62, et 15 auti(.:s uvec la taille de 1 m. 67 à 1 m. 68.

suivent, de 1 centimètre les chiffres de Ranke), et une partie orientale (vallée moyenne du Mein), où elle est petite : 1649 millimètres.

Dans la haute Franconie (N.-E. delà Bavière) : une partie occidentale (Haute vallée du Mein), où la taille est de nouveau très élevée : 1677 millimètres ; et une partie orientale (région de Hof ) où elle est franchement petite : 1637 millimètres (un distr. y est teint en >âolet, par erreur), sauf dans le district de Fichtelgebirg.

Pour le Haut Palatinat (au sud de la province précédente) on a : la région de la vallée de Naab, où la taille est petite (1636 mm.) et les régions montagneuses qui lencadrent à Touest (Jura Franconien) et à lest (Oberpfalzerwald) et au nord (Fichtelgebirg) où la taille moyenne varie de 1 m. 65 à 1 m. 67.

Dans la moyenne Franconie (à l'ouest de la province précédente), on a aussi deux régions : au JNf.-O. le haut plateau où la taille moyenne est de 1671 millimètres ; au S.-E. les basses vallées de TAltmuhl et du Regnitz, où elle est beaucoup plus basse : 1634 millimètres. La moyenne de ces deux chiffres, 1652 millimètres, est supérieure à celle que donne pour cette province G. Majer (866) et qui est de 1 m. 63 d'après les mesures sur 12.740 « incorporés » âgés de 21 ans. Peut-on expliquer cet écart par la différence des époques où ont été prises les mesures ? Depuis 1866 la taille des conscrits en Bavière comme partout ailleurs en Europe occidentale, a pu augmenter d'un centimètre, mais il peut y avoir d'autres causes de divergence.

Passons maintenant dans la moitié sud du pays. Pour la Haute Bavière on distingue nettement deux régions : 1<> au Sud, la région montagneuse, séparée par la trouée de Tlnn (district de Rosenheim, petite taille) en deux parties : une à TOuest, peuplée de gens de haute taille (1687 mm. en moyenne) ; et une autre à Test, peuplée de gens de taille moyenne (1671 mm.). 2<* Au nord, la région des plaines, comprenant les basses vallées du Lech, du Paar, de Tlsar et de TAlz, où la moyenne de la taille descend à 1634 millimètres. Plus au nord, dans la basse Bavière, on constate que les districts de la rive gauche du Danube, montagneux (Bayerischer Wald) offrent une taille assez élevée (1670 mm. en moyenne), tandis que ceux de la rive droite varient pour la taille entre 1645 millimètres (vallée de l'Isar) et 1655 millimètres (pays moutonné situé plus à Test). Enfin en Souabe, deux régions se dessinent également : la partie basse au nord (vallée du Danube et du bas Lech), avec la taille moyenne de 1637 millimètres; et la région montagneuse au sud, où prennent leur source plusieurs des affluents de droite du grand fleuve ; la taille moyenne y est la plus élevée de toute la Bavière, 1700 millimètres en moyenne (sur la carte on voit trois groupes de 3 à 5 districts chacun et ayant respectivement

J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 85

de Test à l'ouest : 1 m. 65, 1 m. 71 et 1 m. 68 comme taille moyenne). La répartition des « hautes » et des « petites » tailles confirme relie distribution générale, en y apportant quelques correctifs qui nous permettent de formuler ainsi qu'il suit la distribution des différentt^s tailles en Bavière : Les hautes tailles prédominent dans toutes les régions montagneuses qui limitent la Bavière au Sud (Alpes Bavaroises et Alpes d'Algau), à l'Est (forêt Bavaroise) et au Nurd ( Fichtelgebirg et Spessart); tandis que c*est dans la plaine du Danube. que le nombre de petites tailles est le plus considérable (1).

Autriche-Hongrie et Russie en général

Jusqu'à présent j'ai suivi dans mon exposé l'ordre établi dans tu on premier mémoire sur Tindice céphalique (Deniker, 899) ; je dois y introduire un paragraphe additionnel pour examiner la taille en Ah triche-Hongrie et en Russie dans l'ensemble de chacun de ces Vi^sltis Etals, avant de passer à l'examen de chacun des peuples ou groupais ethniques nombreux dont se compose leur population.

Autriche-Hongrie

Il suffira de résumer ici les données que fournissent les ouvrag^^s de GoEHLERT (881) et de Myrdacz (887), sur l'ensemble du contingent de l'armée Austro-Hongroise. Le premier de ces travaux donne la dl>{v[ bution, dans les 80 districts militaires ou (( Ergaenzungsbezirken » hfiii coïncident le plus souvent avec les divisions administratives ou eHnio graphico-linguistiques), de 1.520.000 conscrits de 20 à 23 ans, d\*[fM ?> les registres de recrutement pour les années 1870-73; cette distriLTiUnii est faite suivant les 8 catégories de tailles moyennes, établies entre Ifi taille de 1608 millimètres et celle de 1700 millimètres avec des iiilt^i valles de 13,2 millimètres (2). La taille moyenne de chaque grnupti

(1) Doit-on attribuer cette distribution aux différences de race ou aux conditions d'existence? M. Ranke penche plutôt pour la seconde supposition^ m effet, on voit, par exemple dans les régions montagneuses du Sud, des SourIh-tj des Alamannes et des Bavarois présenter presque le même nombre d'individus de haute taille, tandis que, dans les plaines du Danube, les mêmes popuJaJJMUs présentent le maximum d'individus de petite' taille. Mais on peut objecter [ne ces peuples unis par la langue peuvent être composés de races diverses.

(2) L'auteur dit que dans les registres en question les groupes des taille^^ liu dessous de 1554 millimètres et au-dessus de 1710 millimètres sont donner- ih bloc (sans indication du nombre de sujets pour chaque taille de centimôtrr vu

8d association française pour l avancement des sciences

ethnique n'est pas donnée dans le travail, mais on y trouve Tindication delà place qu'occupe ce groupe dans telle ou telle catégorie de tailles. Ainsi, par exemple, si un groupe ethnique se trouve dans la catégorie désignée par le chiffre 1674 millimètres, il peut avoir de 1667 à 1680 millimètres comme taille moyenne. Voici d'ailleurs la concordance approximative des 8 groupes de Goehlert avec ma nomenclature : les 1®' et 2® groupes (taille moyenne de 1608 et de 1620 mm.) représentent ma « très petite taille » ; le 3® et le 4« groupes (1633 et 1646 mm.), ma « petite taille » ; le 5« et le 6« groupes (1659 et 1674 mm.) correspondent à ma « taille moyenne », le 7® groupe (1687 mm.) à ma « grande taille », et le 8® (1700 mm.) à ma « très grande taille ».

D'une façon générale, c'est dans la partie ouest de l'Auslro-Hongrie que se groupent les tailles élevées, tandis que les petites statures se trouvent dans la partie est.

Le maximum est atteint dans le Sud-Ouest du pays où la taille est (( très grande » (Dalmatie) ou « grande » (Istrie) ; par contre, le minimum se trouve dans le Nord-Est, où la taille est (( très petite » (la Galicie, le coin Nord Ouest et le centre de la Hongrie) (1). Entre ces deux extrêmes on trouve la « taille moyenne » à l'ouest et la « petite taille » au centre du pays. Les a tailles moyennes » forment en effet une zone ininterrompue comprenant toute la Slavonie-Groatie, avec les districts hongrois adjacents, notamment ceux de Neusatz et de Zombor (Bacs- Bodrog) où vivent côte à côte Serbo-Croates, Allemands, Ruthènes et Magyars; puis la Carniole, le nord de Tlstrie, le sud de la Styrie, la Carinthie, le Tyrol, le Salzbourg, l'ouest de la Haute Autriche et enfin la Bohême, sauf sa partie nord-est le long de Sudetes, où la taille est petite.

Le reste de l'Austro- Hongrie, sauf deux îlots de « tailles moyennes » (district de Vienne dans la haute Autriche et celui de Kremsier en Moravie habité par les Tchèques « Hanaks » ou (( Valaques ») est occupé par les populations de petites tailles.

Si l'on considère les populations au point de vue linguistique et ethnographique, voici comment on devrait les classer d'après Goehlert, par ordre décroissant de taille : Dalmatiens, Serbes et Slovènes, Allemands et Tchèques, Roumains, Ruthènes et Slovaques, Magyars, Polonais.

centimètre). 11 ne mentionne pas s'il a rejeté ces groupes de ses calculs de moyennes ou s'il leur a attribué une moyenne conventionnelle ; aussi me contenterai-je de donner ces chiffres tels quels, tout en supposant qu'ils sont plutôt au-dessous de la réalité.

(1) Cette répartition ne correspond pas exactement ô celle qui figure sur ma carte, construite, en bonne partie, d'après d'autres données.

Le livre de Myrdagz (887) contient plusieurs indications relatives à la statistique de la taille de 8.006.680 conscrits des « trois premières classes d'âge » (20 à 22 ans) mesurés pendant les périodes de recrutement de treize années consécutives de 1870 à 1882.

On n'y trouve pas des moyennes, mais seulement l'indication du nombre de « très petits » ou exclus pour défaut de taille (au dessous de 1554 mm.), de « petits » (1554 à 1600 mm.), de « moyens » (1605 à 1700 mm.) et de « grands » (1705 mm. et au-dessus), groupés d'abord d'après les grandes circonscriptions militaires (Generalcommandn), puis d'après les 80 districts militaires (Ergaenzungsbezirk) plus les i districts maritimes.

En somme les divisions de Myrdacz ne concordent pas aVec les miennes : ses (( très petits » et « petits » rentrent dans ma catégorie u d'excessivement petits » et ses « moyens » comprennent toutes mes autres divisions, sauf les « très grands » et les (( excessivement grands » qui rentrent dans sa division des (( grands ». Néanmoins les chiffres qu'il donne sont intéressants car ils permettent la comparaison entre la taille des différentes populations et c'est pour cela que je m'y arrête un peu longuement. D'ailleurs, les chiffres et les cartes de Myrdacz confirment le tableau que j'ai esquissé d'après Goehlert.

D'une façon générale, la partie Est de l'Empire Austro- Hongrois offre plus de « petits » (22,4 p. c.) et de « très petits » (13,9 p. c.) que la partie ouest (18,3 et 12,2 p. c); inversement la proportion de «moyens» et surtout de (( grands » est plus considérable dans l'Ouest (52,3 et 17,2 p. c.) que dans TEst (50,8 et 12,9 p. c). Si l'on considère les grandes divisions militaires (Generalcommanden) on constate que les grandes tailles dominent dans celles du Sud-Ouest : Zara (Dalmatie), Triest (littoral de l'Istrie) où les (( très petits » ou exemptés pour défaut de taille ne forment que 5,4 et 5,5 p. c. de la totalité des conscrits, tandis que les grands sont représentés respectivement par 39,9 à 24,5 p, c. Par contre, dans le nord-est, dans les divisions de Gracovie (Galicie occidentale) et de Lemberg (Galicie orientale et Bukowine) les très petits forment respectivement 25,1 et 20,1 p. c. du contingent, tandis que les grands n'en forment que 10,3 et 10,6 p. c.

Entre ces extrêmes, les «Generalcommanden » se rangent ainsi qu'il suit par ordre croissant de « très petits » : Innsbruck (Tyrol), Prag (Bohême), Agram (Croatie-Slavonie) et Gratz (Styrie, Garinthie et Carniole) que l'on peut considérer comme pays de « moyennes tailles » (nombre de « très petits » : 6,7 à 7,7 p. c. ; celui de« grands )) 20,8 à 24,4 p. c); viennent ensuite Brûnn (Moravie et Silésie), Vienne (Basse et Haute Autriche avec Salzburg), Budapest (Hongrie) et Hermannstadt (Transylvanie) que l'on peut considérer comme des pays de tailles

petites (proportion de (( très petits » : 9,5 à 15,7 p. c. ; celle de (( grands » : 11,8 à 18,5 p. c. (1). L'étude de 1.601.842 « incorporés» (Myrdagz, p. 31) amène au même résultat sauf une exception (Zara).

Si maintenant on considère la fréquence de différentes tailles par districts militaires (Ergaenzungsbezirke,) on remarque les particularités suivantes, en prenant comme norme les proportions déduites de Tensemble du contingent et ainsi formulées: très petites tailles (au-dessous de 1 m. 55) 19,2 p. c, petites 20 p. c, moyennes 51,7 p. c, grandes 15,4 p. c. Le nombre de très petites tailles varie de 3 p. c. (district de Spalato, Dalmatie) à 28,2 (district de Tarnow, Galicie occidentale). Le nombre de grands varie de 6,1 (Debreczin, Est de la Hongrie) à 45,8 (Spalato). La carte de la répartition de « très petites tailles» que donne Myrdacz offre une grande analogie avec celle de la répartition de la taille moyenne de Goehlert. En effet les districts où ces tailles sont à leur minimum (3 à 5,7 p. c.) sont situés (sauf un : Vienne) à la frontière ouest de l'Empire ; ce sont : la Dalmatie, la côte de l'Istrie, le Tyrol, l'ouest de la Bohème. A cette zone se soude une auti'e, composée de districts qui se tiennent entre eux, sauf Budapest et Czernowitz (Bukowine), dans Touest de l'Empire, et où les « très petits » sont un peu plus nombreux (5,7 à 10 p. c). Plus à l'est se trouve ce que Ton peut considérer comme le territoire des tailles plutôt petites: une partie de la Basse Autriche (rive gauche du Danube), le nord de la Styrie, presque toute la Hongrie, enfin la Transylvanie, sauf quelques coins. La zone de vraies petites tailles se compose: du nord-est de la Hongrie, des coins sud-est et sud-ouest de la Transylvanie et de la partie est de la Galicie.

Enfin les très petites tailles atteignent leur maximum dans l'ouest de la Galicie (sauf deux districts : Gracovie et Wadowice) et dans le district de Debreczin en Hongrie.

La distribution de grandes tailles (1705 mm. et au-dessus) confirme le tableau ci-dessus; les districts où la proportion de ces tailles dépasse de beaucoup (24,2 à 45,8 p. c.) la proportion moyenne pour la Monarchie (15,4 p. Q.) sont presque exclusivement groupés à la frontière ouest. A ces groupes se soude une zone de 20 districts comprenant la Bohème, le Salzburg, l'ouest de la Haute Autriche, l'intérieur de l'Istrie, etc., où la proportion de grands (19,2 à 23,7 p. c.) se rapproche

(1) Il est intéressant de- comparer cette succession avec celle que donne Pagliani, d'après la taille moyenne fournie par les statistiques de recrutement de 1871-73 : Zara (1701 mm.), Gratz (1672 mm.), Innsbruk (1672 mm.), Agram, Triest, Prague, Brûnn, Vienne (1665 à 1659 mm.), Buda-Pest et Hermanstadt (1646 mm.), Lemberg (1633 mm.). La moyenne pour tout l'Empire est de 1659 millimètres.

plus de la normale. Dans tout le reste dû pays sauf quelques districts situés autour du point de rencontre des frontières de la Bukowine, de la Hongrie et de te Transylvanie, la proportion de grands est au-dessous de la normale ; enfin elle tombe à 8 et 6 p. c. dans le nord-est, notamment dans presque tout Touest de la Galicie et dans les districts de Debreczin et de Grosswardein en Hongrie. Il est à remarquer aussi que les districts où se trouvent les grandes villes, Vienne, Budapest, Prague, offrent une proportion de « grands » beaucoup plus élevée que les pays environnants. L'étude des incorporés confirme ces résultats à une ou deux exceptions près.

Je vais revenir sur les indications de Goehlert et de Myrdacz à propos de la plupart des peuples de TAutriche-Hongrie pour compléter ou pour rectifier les données ^tirées [d'autres sources. Je donne, pour terminer, la succession des populations de ce pays diaprés l'ordre décroissant de la proportion de « grands » : Serbo-Croates, Tchèques et Slovaques, Allemands, Roumains, Magyars, Ruthènes, Polonais. La succession reste la même si l'on considère la proportion croissante de petits, sauf que les Magyars viennent avant les Roumains.

Russie

Dans un travail magistral, Anoutchin (889) a donné presque toutes les déductions qu'on pouvait tirer à cette époque en ce qui concerne la taille delà populatianderEmpireRusse,principalement d'après les chiffres publiés par le Comité Central delà Statistique (voy. Syrnev). Ce dernier document contient, entre autres, les renseignements sur la stature de 2.017.141 conscrits, ôgés de 20 ans, pour la période 1874-83, appartenant à tous les peuples de la Russie d'Europe et d'Asie, sauf les Cosaques, les Samoyèdes, les Kalmouks, les Kirghis et la population de la Finlande, du Turkestan et de la plus grande partie du Caucase.

Les chiffres que donne Anoutchine se rapportent aux « incorporés » ; par conséquent ils ne devraient pas être majorés pour être utilisés ici. Toutefois il faut remarquer que la publication du comité central, qui a servi de base pour ces calculs, ne donne les chiffres des tailles qu'espacés d'un verchok (44,4 mm.). De cette façon, par exemple, tous les individus ayant la taille de 2 archines et 4 verchkis (1600 mm.) à 2 archines et 4 verchkis et sept huitièmes de verschok (1639 mm.), sont comptés comme ayant la taille moyenne de 1600 millimètres.

Les chiffres d'Anoutchine devraient donc être majorés d'une certaine quantité de millimètres et même de centimètres ; seulement, comme la

distribution des tailles n*est jamais égale dans chaque division il est difficile de trouver une mesure commune. Je donnerai donc les chiffres d'Anoutchine tels quels, en les faisant suivre, s'il y a lieu, entre paren-s thèses, des chiffres qui me paraissent plus probables et qui sont obtenu en ajoutant au chiffre de l'auteur russe une certaine quantité de milli mètres d'après les comparaisons avec les mesures fournies par d'autres observations.

Après avoir constaté par de nombreux rapprochements et combinai sons, que la variation de la taille des conscrits n'est influencée en Russie ni par le relief du sol, ni par la nature géologique de celui-ci, ni par sa richesse, mais seulement par la race et, à un degré beaucoup plus faible, par les conditions sociales dans les centres industriels et par la plus ou moins grande lenteur du développement, Anoutchine donne un tableau d'efnsemble sur la taille en Russie que je vais résumer brièvement avant de parler de chacune des populations de ce pays à part, ou conjointement, s'il le faut, avec ses congénères de l'Autriche- Hongrie et de la presqu'île Balcanique.

La taille moyenne des 2.023.416 conscrits « incorporés » de tout l'Empire russe est de 1641 millimètres (16t5<) mm.). Celle de la population de la Russie d'Europe (à Texclusion d'une partie du Caucase, de la Finlande et de la Pologne) est presque la môme, 1642 milliniètres (1650 mm.). Cela provient de ce que la taille plus basse que la moyenne dans la Pologne Russe (provinces Vistuliennes), 1624 millimètres (1635 mm.), est compensée par la taille plus élevée dans la Russie d'Asie avec une partie du Caucase : 1654 millimètres (1660 mm.).

Les variations de province à province sont assez grandes et vont de 1670 millimètres (1680 mm.), comme en Courlande, à 1617 millimètres (1625 mm.), comme dans la province de Piotrokov en Pologne. Si l'on considère, par provinces (goubernii), le nombre des exemptés par défaut de taille (au-dessous de 1534 mm.) ou celui de « très grandes tailles » (1778 mm. et au-dessus) ou bien encore la proportion de « petits » (de 1534 à 1555 mm.) et de « grands » (1732 mm . et plus), ou enfin la différence entre ces deux proportions, on arrive au même résultat que celui obtenu par l'étude de la distribution des (( tailles moyennes ». On a toujours le tableau qui suit.

Les tailles relativement élevées sont groupées dans les provinces Baltiques et dans celles du Sud de la Russie (de Kichinev à Astrakhan). Les basses tailles dominent dans le nord (provinces d'Arkhangel, Vologda, Viatka) et au centre du pays, où l'on remarque une zone presque ininterrompue de provinces à taille peu élevée qui s'étend de la Pologne aux provinces orientales d'Oufa et d'Orenbourg. Cette zone comprend, en allant de l'Ouest à l'Est, les provinces de Grodno, Minsk, Moghilev,

J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 91

Smolensk, habitées en majorité par les Blancs-RussiBns(voy.ma carte 55 et 55'); puis celles de Kalouga, Toula, Riazan, Tambov, Pensa, peuplées presque exclusivement de Grands-Russiens; enfin les province.^ volgaïques de Simbirsk et de Kazan, où plus de la moitié de la population se compose de Turco-Tatars et de Finno-Ougriens (voir les carirs d'AïTOFF). Des deux côtés de cette ceinture, qui traverse toute la Rtit^ sie, s'étendent des zones où la taille est un peu plus élevée (de 1 1 li 15 p. c. de grands) et qui la séparent de la zone des relativem'/nt grands au Sud, et de celle des petits (avec les grands BaltiquesL ni Noï'd. Sur ma carte cette ceinture n'apparaît pour ainsi dire pas, pHJTtj que les « très petites » tailles d'Anoutchine (1626 à 1635 mm.) rentif^nL dans ma catégorie de « petites tailles » et ne se distinguent pas fuit* leur couleur des tailles un peu plus élevées (1636 à 1645 mm.). Vhv contre ma carte révèle l'existence d'un chapelet de districts à loiUe relativement élevée (1650 à 1674 mm.), qui s'égrène entre les provint-es Baltiques au N.-O. et la proviqce de Samara au S.-E. ; notammiMit dans les provinces de Pskov, Novgorod, Tver, Moscou, Riazan, Ton ki, Pensa, Simbirsk; ce fait prouverait la présence de deux éléments; ethniques distincts dans les quatre dernières provinces classées précédemment dans la ceinture de la petite taille! Les habitants des villes r ti Russie sont tantôt plus grands (Saint-Pétersbourg, Moscou, Nikolon^t, Sébastopol) tantôt égaux de taille (Odessa) ou même plus petits [Vwfsovie, Gronstadt) que les campagnards des districts environnants. Cela peut tenir à la présence des éléments étrangers à la localité, de grande taille (Suédois, Finlandais, Finnois) dans le premier cas, de petite taille (Juifs) dans le second (1).

Pour terminer, j'observerai que d'après Anoutchine comme d'ej>i ^a d'autres observateurs, la taille des conscrits, contrairement à ce que Ton observe dans la plupart des pays de l'Europe, ne paraît pas se ru lever en Russie, depuis le dernier quart du siècle passé. Dans beaucnup de régions elle a même tendance à diminuer. C'est une des raisons de plus pour conserver la confiance aux chiffres d'Anoutchine, qui repi l^sentent probablement encore l'état actuel des choses.

AUemandâ Autrichiens

A part les Tyroliens germanophones qui vont être étudiés à part ( vuy. p. 95), les données sur la taille moyenne des Allemands autrichienj? ^^■

(1) D'après Zakrzewski (896) les 728 conscrits Polonais ou plutôt cathoIiLjues de la ville de Varsovie avaient la taille moyenne de 1655 millimètres, tandis ifntt les 689 conscrits juifs ou plutôt Israélites n'avaient qu'une taille moyenuti il^ 1623 millimètres ; les 36 conscrits protestants avaient la taille moyennfi di.^ 1676 millimètres.

92 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES

réduisent aux meirsurations de Weisbach, qui, dans cinq mémoires successifs, fournit un tableau anthropométrique des soldats (de 21 à 23 ans) allemands des provinces suivantes : Salzbourg (895), Haute Autriche (894), Basse-Autriche (892), Styrie (898), et Carinthie (90Ô). L'ensemble de ces recherches roule sur 6,596 individus. Comme il s'agit de soldats de 21 à 25 ans, il faut diminuer les chiffres de Weisbach d'un demi centimètre. Cette rectification faite, on s'aperçoit que la moyenne de la taille des Allemands autrichiens est de 1674 millimètres et qu'elle varie de 1662 millimètres (Haute- Autriche) à 1686 millimètres (Carinthie). Seuls les Allemands de cette dernière province et dé la Styrie (1678 mm.) se classent parmi les (( grandes tailles » ; ceux des trois autres provinces se trouvent dans les limites des « moyennes tailles )) et se rangent ainsi dans l'ordre décroissant des tailles : Allemands de la Basse-Autriche (1673 mm.), ceux du Salzbourg (1671 mm.) et ceux de la Haute- Autriche (1662 mm.). On voit par ces chiffres que dans l'ensemble du territoire occupé par les Allemands en Autriche, la taille augmente, d'une façon générale, de Touest à Test, et du nord au sud. La proportion de « grands » (1700 mm. et au dessus) offre un ordre un peu différent : Carinthie (46,8 p. c), Salzbourg (39,5 p. c), Styrie (36,5p. c), Basse-Autriche (34,5 p. c), Haute-Autriche (29p. c).

D'après Myrdacz (p. 254) la proportion de grands (1705 mm. et au dessus) parmi les « incorporés » est la suivante, par districts militaires : Klagenfurth (ou Carinthie, qui compte 71 p. c. d'Allemands), 29.1 p. c. ; Vienne (partie N.-E. de la Basse Autriche), 25,4 p. c. ; Graz (partie N., allemande, de la Styrie), 23,3 p. c; Salzbourg (province Salzbourg et l'ouest de la Haute-Autriche, rive droite du Danube), 23,5 p. c. ; St Polten (sud de la Basse-Autriche), 20,5 p. c. ; Linz (partie est de la Haute-Autriche et le N.-O. de la Basse-Autriche) 16,5 p. c.

En comparant ces données avec celles de Weisbach, on voit que malgré la différence dans les chiffres absolus, provenant de ce que les uns viennent des (( incorporés » âgés en majorité de 21 ans et les autres de soldats âgés en majorité de 23 ans, la succession des régions reste la même, sauf pour le district de Vienne où l'élévation de la taille provient de la population de la capitale et de ses faubourgs. Les Allemands de Salzbourg et de la rive droite du Danube se rattachent par leur taille assez élevée aux Tyroliens et aux Bavarois du Sud. Ceux de la Carinthie ont pu être influencés par les mélanges avec les Slovènes du même district, très hauts de stature. Pour la Basse-Autriche et la Styrie allemande les données sont contradictoires : d'après le nombre des (( grands » ces provinces se placent après Salzbourg tandis que d'après la taille moyenne elles le précèdent. Mais l'analyse de la répartition des tailles d'après les petites subdivisions administratives (Bezierke) donne

' vTc»j*«r

J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 93

Texplication de cette contradiction. Le nombre considérable de (( grands » dans la Basse- Autriche peut provenir peut-être exclusivement du district de Vienne (1683 mm.) et des deux districts voisins où la population urbaine dépasse de beaucoup celle des campagnes. Quant aux Allemands de la Styrie on remarque que ceux du nord de cette province ont en moyenne 1671 millimètres de taille, tandis que ceux du centre et du sud ont 1680 millimètres. Cette élévation de la taille dans le sud peut expliquer la recrudescence des « grandes .tailles ». Elle est due, vraisemblablement, aux mélanges avec les Slovènes, germanisés ou non par la langue. En effet, la taille des Slovènes étant de 1678 niillimètres (voy. plus bas), celle des Allemands de la Styrie centrale «t méridionale s'en rapproche beaucoup ; de plus, la taille des Allemands augmente à mesure que l'on avance du nord au sud, c'est-à-dire des districts où. les Slovènes sont peu nombreux, vers ceux où ils sont en majorité. Peut-être est ce aussi aux restes de Slovènes germanisés que doivent leur taille élevée, en Styrie. les habitants du district de Groebming (1684 mm.), comprenant la haute vallée de l'Ems, et dans le Salzbourg ceux du district de Tamsweg (1676 mm.) formant la haute vallée du Mour. L'on sait en effet qu'avant l'arrivée des Bayouvares les vallées de ces deux fleuves étaient occupées en entier par les Slovènes. Par contre, il me semble que le district de Zell dans le Salzbourg qui forme la haute vallée de Salzach, et qui offre aussi une taille élevée (1675 mm.), doit se ratta- cher au noyau tyrolien, car ï[ est séparé de celui de Tamsweg par le district de St. Johan où la taille est relativement basse (1664 mm.), égale d'ailleurs à celle du district voisin au Nord, celui de Gmuenden (Haute Autriche), où se trouve la station préhistorique de Hallstatt.

Les 38 soldats de 21 à 23 ans, Allemands de la Moravie, mesurés par Weisbach (889) avaient la taille moyenne de 1698 millimètres, soit, avec la réduction, 1693 millimètres, ce qui paraît être près de la vérité, étant donné que ces Allemands proviennent de la partie sud de la Maravie (Brunn), adjacente aux districts à taille assez élevée de la Basse Autriche .

Je ne connais pas de mensurations directes sur les Allemands de la Bohème et de la Silésie, mais d'après la carte de Goehlert (que j'ai suivie d'ailleurs pour colorier la mienne dans cette partie), ainsi que d'après les pourcentages fournis par Myrdacz, on peut conclure que les Allemands de la Bohême offrent deux types quant à la taille : ceux du sud-ouest et de la moitié occidentale du nord-ouest sont de taille élevée, aux environs de 1670 millimètres probablement. Dans le district d'Eger (pointe extrême de la Bohême vers l'ouest), la taille frise même 1690 millimètres, d'après Goehlert. C'est le district où la taille

94 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCBMBNt DES SCIENCES

moyenne des Allemands autrichiens atteint son maximum. Par contre, dans la partie orientale du nord-ouest de la Bohême et dans le nordest de ce pays, ainsi que dans le nord de la Moravie et en Silésie, la taille des Allemands s'abaisse considérablement. Elle n'est plus, vraisemblablement, que de 1645 ou 1649 millimètres en Bohême et de 1640 ou 1644 millimètres en Silésie.

Le pourcentage de (( grands » et de « très petits » (d'après Myrdacz) confirme ce fait. En somme, les Allemands de l'ouest de la Bohême prolongent la zone des hautes tailles de la Bavière orientale (voy. p. 84), tandis que ceux de Test, ainsi que les Allemands de la Silésie, semblent se rattacher aux populations de petite taille de la Saxe et de la Pologne.

D'après Goehlert, les Allemands de l'Autriche se rangeraient ainsi par degré décroissant de la taille: les gens du district d'Eger déjà cités (Egerlaender); puis les Allemands de Touest de la Bohême, du Tyrol et de la Carinthie; viendraient ensuite ceux du nord et nord-est de la Bohême, de la Silésie, de la Moravie; puis les Allemands de la Haute et de la Basse-Autriche et, en dernier lieu, ceux de la Styrie. En ce qui concerne ces derniers l'assertion de Goehlert est contredite par les mesures directes de Weisbach.

Les colons Allemands en Hongrie et en Russie

Goehlert prétend que les Allemands de la Hongrie sont les plus petits parmi les Allemands de l'Empire Austro- Hongrois. En effet les conscrits « appelés » (sans compter les ajournés) de nationalité allemande en Hongrie n'ont que 1646 millimètres comme taille moyenne (Scheiber), ce qui correspond à 1656 millimètres pour* la population adulte en général (voy. p. 4). Peu de groupes des Allemands autrichiens offrent une moyenne aussi basse. Ces colons proviennent de deux fournées. L'une d'elles, datant du xi® au xn* siècle, venait des Flandres, des Pays-Bas, de l'Alsace (grandes tailles), comme aussi de l'Allemagne méridionale et de la Saxe (petites tailles). L'autre flot d'émigrants n'est arrivé qu'au xviii® siècle; il venait surtout de la Franconie (hautes tailles), de la Souabe et de la haute vallée du Rhin (petites tailles), du Palatinat (tailles moyennes?) et de la Bavière (tailles mixtes, mais plutôt grandes). La petitesse des descendants actuels de ces émigrés de tailles très diverses ne peut s'expliquer que par les mélanges avec les Magyars qui, en général, sont petits de taille (voy. plus bas).

Les colons Allemands de la Russie n'ont pas été étudiés au point de vue anthropologique. Sneghirev calcule d'après 1.072 conscrits allemands des provinces Volgaïques la taille moyenne de 1667 millimètres

J. DENIKER. — LES RACES DE L'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 95

(sans correction), et Oukke, d'après les conscrits allemands de la province de Samara, la stature de 1656 millimètres, c'est-à-dire légèrement supérieure aux populations grand-russiennes de ces provinces; dans les provinces Baltiques, les conscrits allemands ont, d'après Sneghirev, la taille moyenne de 1683 millimètres (sans correction), supérieure à celle des conscrits russes (1650 mm.), Esthoniens (1664 mm.) et Lettons (1678 mm.). Cela tient peut-être à ce que les Allemands forment ici surtout les classes aisées (noblesse et grande bourgeoisie) souvent plus hautes de taille que les classes pauvres. Par contre, les Allemands de la Pologne russe, appartenant aux classes ouvrières surtout, sont beaucoup plus petits : 1639 millimètres d'après les mesures sur 1.494 conscrits (Sneghirev), tout en étant un peu pi ifs hauts que les Polonais. Il est vrai que les Allemands des provinces Baltiques sont peut-être les descendants des Nordiques, comme ceux de Sleswig-Holstein et du Mecklembourg (voy. p. 74), tandis que les Allemands de la Pologne viennent surtout de la Saxe et de la Silésie où la taîUe est plutôt petite.

Les 75 Allemands du Caucase (descendants des émigrés, venus pour la plupart du Wurtemberg au milieu du siècle passé), ont donné à Pantioukhov (893) la taille moyenne de 1684 millimètres (sans correction), plus élevée que celle des Wurtembourgeois actuels.

Tsrrol et Vorarlberg; Ladins et Frioulans

En dehors des chiffres donnés, pour la taille moyenne des Tyroliens par Goehlert, et pour la proportion de «grands» (24,4 p. c), etde « petits » (19,8 p. c), parmi les appelés, par Myrdacz, il n'existe qu'un seul travail montrant en détail la répartition des tailles dans un pays presque aussi grand que la Suisse et peuplé de groupes ethniques très divers. Je veux parler du mémoire de Toldt (597), basé sur l'étude de 16.384 conscrits « appelés » (Stellungspflichtigen) de Tannée 1890. La note de Moschen (892) sur les Trentins ou italiens du Tyrol n'est que le résumé d'une partie de ce travail, accompagné de comparaisons avec les chiôres se rapportant aux populations Vénétiennes, Lombardes et Piémontaises. Malheureusement Toldt ne donne pas de moyennes et se contente des chiffres relatifs au pourcentage de petites (au-dessous de 1 m. 60), de moyennes et de grandes tailles (au-dessus de 1 m. 70). Aussi m'a-t-il fallu comparer tous ces chiffres avec ceux que j'avais des pays voisins : Suisse, Lombardie, Vénétie, Bavière méridionale, Garinthie et Salzbourg, pour établir leur concordance approximative avec la taille moyenne.

Je ne vais pas rentrer dans les détails à ce propos. Il me suffira de dire que toutes ces recherches m'ont amené à la conclusion suivante : En prenant pour base la distribution des « grandes tailles » (la seule qui permette la comparaison avec d'autres pays) on peut accepter, sans faire trop d'erreur, que les districts qui comptent 44 à 61 p. c. de grands ont une population à taille moyenne variant de 1675 à 1699 millimètres, c'est-à-dire rentrant dans la catégorie de mes « grandes tailles » ; et que les districts où les « grands )) ne représentent que 12 à 19 p. c. du total doivent être classés dans les « petites tailles « (1625 à 1649 mm.). Le, reste (20 à 43 p. c. de (( grands » sur le total) peut rentrer dans ma catégorie de(( tailles moyennes» (1650 à 1674 mm.) (1).

Dans cette dernière catégorie on peut établir pour les trois coupures adoptées par Toldt les correspondances suivantes : 20 à 29 p. c. de grands = taille moyenne de 1650 à 1660 millimètres; 30 à 35 p. c. = taille moyenne de 1660 à 1665 millimètres; 36 à 43 p. c. = taille moyenne de 1666 à 1674 millimètres.

Ceci fait, voici la distribution des tailles : d*abord, d'une façon générale, les tailles se disposent par zones presque parallèles, en diminuant du N.-E. au S.-O. Ainsi dans le Tyrol allemand les cantons où la taille est la plus élevée sont disposés le long de la frontière orientale du pays, prolongeant la zone de grandes tailles du Salzbourg et de la Carinthie. Un de ces cantons, le Kaisersthal, offre le maximum de « grands » (61 p. c). Cette zone frontière se relie par un mince isthme (canton de Scherzing) à un noyau de « grandes tailles » situé presque au centre du pays et formé par les cantons de Sarnthal et de Passaier (46 à 43 p. c. de grands = taille probable 1675 à 1680 mm.). Tout le reste du Tyrol allemand tombe dans fa zone de « moyennes tailles » ; seulement si l'on pouvait représenter sur ma carte les différences de tailles plus détaillées, on s'apercevrait qu'à la zone des grandes tailles vient se souder à l'ouest une autre, qui, partant du canton de Bregenz, longe la frontière bavaroise et tourne ensuite au Sud-Est jusqu'à Cortina d'Ampezzo (pays des Ladins). Dans cette zone le nombre des «grandes tailles» oscille entre 43 et 36 p. c. (taille moyenne 1670 mm.). Puis, plus à l'Ouest, on a quelques cantons (Landek, Bozen, etc.) où le nombre de « grands » est de 30 à 35 p. c. (taille probable 1665 mm.), et enfin tout à fait dans Touest du pays, dans les cantons de Bludenz

(1) Cela n'a rien d'exagéré, car en Carinthie, où la taille moyenne est de 1686 millimètres, la proportion de grands est de 46,8 p. c. ; et dans le Salzbourg, à la taille moyenne de 1671 millimètres correspond la proportion de 39 p. c. D'ailleurs, dans le Tyrol même en général, la proportion 24,4 p. c. de grands (d'après Myrdacz) correspond à la taille moyenne de 1659 millimètres (d'après Goehlert).

(Vorariberg), Nauders, Glurens, etc., on trouve la taille presque petite (29 à 20 p. c. de grands), peut-être de 1650 à 1660 millimètres (1).

Si maintenant on passe au Tyrol italien, on voit que la taille s'y abaisse considérablement en comparaison avec le Tyrol allemand (2). De plus, on peut y distinguer deux zones : dans le Nord et TEst, la taille est encore dans les limites de la moyenne (probablement 1650 ou 1680 mm.), voisine de celle de la population de la Vénitie; tandis que dans le Sud, elle est franchement petite (probablement 1640 mm.) comme dans les régions voisines de la Lombardie.

Les Ladins du Tyrol, comme leurs frères de race les Romanches de la Suisse (voy. p. 39 et 40) sont de taille moyenne. Dans les cantons où ils sont restés les plus exempts de mélanges, la proportion de «grands» est de 23 p. c. (Buchenstein) à 32, 7p. c. (Groednerthal) et même 41,1 p. c. (Enneberg), ce qui correspond à des tailles entre 1650 et 1670 millimètres, soit une moyenne de 1660 millimètres. Rappelons-nous que les Romanches de la Suisse ont une taille probable de 1653 à 1670 millimètres. Dans la Val di Passa, oii le mélange des Ladins avec les Italiens est considérable, la taille s'abaisse au point qu'il n'y a plus que 18,8 p. c. de grands (taille moyenne probable : 1645 mm.).

Dans les cantons où la plupart des Ladins sont italiénisés, la proportion de « grands » descend à 22,9 (Gavalese) et même à 12,2 p. c. (Cembra), ce qui est le minimum pour tout le Tyrol. Les tailles moyennes correspondantes sont : 1652, 1640 millimètres.

Voilà pour le groupe ladin à Test de l'Adige. Quant à celui de l'ouest, sa taille est en entier abaissée par les mélanges avec les Italiens; elle varie de 1652 millimètres (canton de Malé, avec 22,8 p. c. de (( grands ») à 1648 millimètres (canton de Fondo, avec 19,4 p. c. de « grands ))).

(1) Comment ne pas reconnaître dans cette distribution la coïncidence avec celle qui préside â l'emplacement des émigrés Bayouvares de grande taille dans le nord et l'est du Tyrol allemand et des Alamanes plutôt petits, dans l'ouest ? Il faut remarquer aussi que dans le Vorariberg deux régions peuplées des descendants des émigrés Burgonds, venus du Valais (les Walser), notamment la partie est du canton de Bozen (le Mittelberg) et l'est du canton de Schruns (Montafon) accusent une forte stature ; tandis que le canton de Bludenz qui les sépare, peuplé de descendants des Alamanes, offre une taille relativement basse.

(2) Le fait est frappant : tous les cantons italiens (à deux exceptions près : Pergine et Folagario) ont moins de 25,2 p. c. de grands (taille probable 1655 mm.), tandis qu'il n'y a que 5 cantons allemands sur 54, où le nombre des grands descend au-dessous de ce chiffre. De même ceux des cantons ladins (voy. plus bas) où les Italiens sont en forte proportion, ont une taille moins élevée que les cantons purement ladins.

Les Italiens de l'Istrie et de la Dalmatie sont plus grands que les Treritins. Les 285 individus (dont quelques Italiens du Tyrol il est vrai) mesurés par Weisbagh (884, p. 3) offrent la taille de 1667 millimètres, c'est-à-dire presque égale à celle des Italiens de la Vénétie.

Je D*ai pas de renseîgnemeDts spéciaux sur la taille des Frioulans d'Italie et d'Istrie, apparentés, dit-on, avec les Ladins. Mais ils doivent être grands, attendu que la taille moyenne dans la province italienne d'Udine, où ils forment la plus grande partie de la population, est haute : 1678 millimètres (voy. p. 29). Dans Tlstrie dont ils occupent la partie ouest, la taille est aussi assez élevée : 1670 millimètres environ.

Populations slaves. — I. - Slaves Occidentaux

Je ne connais aucune indication sur la taille des Vendes ou Loujitchanes delà Saxe (prussienne et royale), ni sur celle des Polonais de la Prusse. Par contre, les renseignements sur les Polonais de la Russie et de l'Autriche sont très complets. Pour la Pologne russe on a des données d'ensemble dans Anoutchine (889) et dans Zakrzewski (891), puis des données partielles fournies par Elkind, Oleghnowicz, RuTKowsKi et BocHENEK. Le premier de ces auteurs signale, comme je l'ai déjà dit (p. 90), l'extrême petitesse des conscrits incorporés de la Pologne russe : 1624 millimètres en moyenne, d'après 167.677 sujets mesurés. Mais il faut distinguer dans ce pays la partie Est où l'élément polonais (sauf la province de Lomja) ne forme que 20,4 à 60 p. c. du total des conscrits (d'après Zakrzewski) et la partie Ouest (les six autres provinces) où cet élément forme presque la totalité du contingent (de 75 à 95 p. c). Dans la partie Est, la taille est plus élevée en général que dans la partie Ouest. Cela tient à la présence des éléments non polonais dans l'Est. En effet la seule province de cette région qui soit peuplée presque exclusivement de Polonais, celle de Lomja, n'offre qu'une taille moyenne très petite ; 1622 millimètres, tandis que la taille s'élève à 1627 millimètres et à 1630 millimètres respectivement dans les provinces de Lublin et de Siedlets où domine l'élément Petit- Russien, et atteint son maximum dans la province de Souvalki (1641 mm.), où la population est formée aux trois quarts de Lithuaniens.

Par contre, dans l'Ouest la très petite taille est la règle; elle varie de province à province, de 1618 millimètres (Petrokov) à 1624 millimètres (Radom).

D'après Sneghirev, la taille des 21.839 conscrits appelés, purement Polonais, est de 1627 millimètres, soit, avec la correction d'usage, 1637 millimètres. Elkind, d'après les mesures sur 191 ouvriers de fabriques (âgés de 21 à 59 ans), provenant surtout des provinces de Varsovie, Radom et Kalich, donne la taille de 1639 millimètres.

J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 99

Si maintenant au lieu de iO provinces on considère les 80 districts de la Pologne russe, on constate que la taille, tout en diminuant d'une façon générale de l'Est à l'Ouest, oflfre néanmoins quelques irrégularités dans sa distribution géographique suivant les différences somaliques dans le groupe polonais lui-même. Les Mazoures du Nord de la Pologne russe sont très petits : de 1615 à 1624 millimètres, sauf pour leur division orientale, les Podliachanes^ dont la taille est moyenne : de 1620 à 1653 millimètres, suivant il est vrai le degré de mélange avec les Petits-Russiens et les Lithuaniens. On peut supposer que la taille des Mazoures de la Prusse occidentale et de leurs voisins les Kachouhes de la Poméranie doit se mouvoir dans les mômes limites de la très petite taille.

Les Velikopolianes de l'Ouest de la Pologne russe ont une taille un peu plus élevée, surtout dans les districts de Nieszawa et de VVIoclaw (rive gauche de la Vislule), occupés par les Kouyaoes, où la taille devient seulement petite (1625 à 1627 mm.), et dans ceux de Lipno et de Rypin (ancien pays Dobrzinski, rive droite de la Vistule) où elle s'élève encore davantage (1630 à 1639 mm.). 11 est à supposer que les Velikopolianes de la Posnanie doivent avoir aussi la taille « petite » seulement (1625 à 1649 mm.). Quant aux Malopolianes du sud du pays ils offrent une variété de tailles assez grande. A la frontière galicienne dans la plaine de la rive gauche de la Vistule, on trouve un groupe ethnique de taille relativement élevée occupant les districts de Olkusz (1644 mm.) et de Pinczow (1626 mm.); tandis que plus au nord, dans le pays des collines qui culminent vers le mont « Lysa Gora », la taille s'abaisse au point de présenter le minimum pour toute la Pologne russe (de 1610 à 1613 mm.). Par contre, plus au nord, dans la plaine de Pilitza, la taille se relève de nouveau et atteint 1635 millimètres dans le district de Konsk (province de Radom). Il faut remarquer que les chiffres cités plus haut ont été déduits par Anoutchine et par Zakrzewski d'après les listes « publiées » des statistiques militaires russes, qui, comme il a déjà été dit, ne donnent les tailles que de verchok (44,4 mm.) en verchok. Ils sont donc trop faibles, au moins d'un centimètre ou un centimètre et demi. De plus, comme beaucoup de populations de petites tailles (voy. Italie, p. 25), les Polonais accusent un certain retard dans la croissance et offrent un nombre considérable d'individus exemptés par défaut de taille (1). Mais je n'ai

(1) Les travaux de Majer (879) montrent que la taille des Polonais galiciens s'accroît en moyenne de 3 centimètres de 20 à 21 ans et de 2 centimètres de 21 à 22 ans. Mais il faut dire que ce calcul est fait par Majer pour les ajournés de toutes les catégories, c'est-à-dire y compris ceux qui sont au-dessous de la taille réglementaire russe (1533 mm.), tandis que les chiffres que je viens de donner se

pas osé faire raugmentation ne sachant pas si les règles de croissance des Polonais galiciens peuvent s'appliquer aux Polonais russes. D'ailleurs, cela n'aurait pas changé l'aspect général de ma carte : une trentaine de districts peuplés de « très petits » auraient été compris dans la catégorie suivante et trois ou quatre apparaîtraient dans la catégorie de tailles moyennes. Mais il y a une autre raison de mon hésitation. C'est que les recherches anthropologiques, exécutées dans différents districts polonais sur la population civile, donnent des chiffres qui, dans cinq cas sur neuf, ne diffèrent de ceux du recrutement que de quelques millimètres.

Pour le district d'Opatow, où la taille est des plus petites (1610 mm.) d'après le recrutement, Olechnowicz (897) trouve, sur 131 habitants adultes, (âge moyen 32 ans) la taille de 1617 millimètres, supérieure seulement de 7 millimètres à celle du recrutement. Le même auteur donne (895) la taille de 38 paysans à Grabovo, district de Szczuczyn (Chtchoutchyn) = 1627 millimètres, et celle de 100 gens de la petite noblesse (Chliakhta) = 1648 millimètres, tandis que le recrutement donne 1621 millimètres pour l'ensemble de la population, où les paysans forment une forte majorité. De même, pour le Mazowiecki : les 47 Podliachanes de ce district, mesurés par Talko-Hrynzewicz (893), ont la taille moyenne de 1617 millimètres, tandis que le recrutement donne 1623 millimètres pour l'ensemble de la population.

Pour le district de Varsovie le recrutement donne 1629 millimètres et les ouvriers de 20 à 60 ans de ce district, dont je calcule les mesures d'après les tableaux d'ELKiND, ont la taille moyenne de 1636 millimètres ; la différence n'est que de 7 millimètres. Dans le district de Mlava (province de Plock), le recrutement donne 1618 millimètres et BocHENEK (906), d'après les mesures sur 83 paysans adultes, 1624 millimètres; la différence n'est que de 6 millimètres. Mais voici maintenant des divergences plus fortes. Le district de Plonski (province de Plotzk) donnerait d'après le recrutement 1641 millimètres, tandis que RuTKOwsKi (901) trouve pour les 20 paysans de ce district 1670 millimètres, et, dans un autre travail (906), pour les 104 petitsnobles, 1695 millimètres, chiffre d'ailleurs identique à celui qu'avait obtenu Strzelbitski (cité par Rutkowski),. pour les « habitants

rapportent aux « incorporés » ô l'exclusion de tous ceux qui ont la taille audessous de 1533 millimètres. Pour avoir l'accroissement de ces derniers il faut prendre dans le tableau de Majer (p. 8) les chiffres des colonnes â partir de pm (= taille 1 m. 55). On voit alors que l'augmentation moyenne n'est que de 1,04 à 0.26 p. c. de la taille, suivant les catégories, soit environ 1 centimètre et demi pour les petites tailles, un centimètre pour les tailles moyennes, un demi centimètre pour les grandes tailles.

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du district de Plonsk » sans indiquer les catégories sociales. Talro- Hryncewicz (901) prétend qu'il s'agit là uniquement de <<chliâkhta jï ou petite noblesse. Pour le district de Nouvelle-Alexandrif^ (Pul?iwy) de la province de Lublin, le chiffre de recrutement est de 1H23 niillimètres, et celui de Dzerjinski (903) 1655 millimètres il*aijrtVâ les mesures sur 116 paysans; la différence est de 32 millimètres. Pour le district de Kulno (province de Varsovie) la taille est de IHâi (uillimètres d'après le recrutement; elle est de 1653 millimètres d'après U^a mesures de Bochenek (904) sur 66 paysans adultes. Enfin îes I*olo nais de la partie est de la province de Lublin, mesurés par Olkchnowigz (893) au nombre de 182 hommes, accusent la taille qui vai iej ainsi suivant les classes sociales : paysans 1649 millimètres, petits bourgaoiâ 1643 millimètres, (( chliakhta )) ou petite noblesse 1731 milliuif'trfï.s (t), La moyenne peut être estimée à 1649 millimètres, eu égard à la faible proportion de la « chliakhta » dans la population totale. Coïuparée à îa taille moyenne des cinq districts occidentaux de la province, presque exclusivement Polonais (1627 mm.), elle est supérieure de 2 cciritimtMres environ.

Les Polonais des provinces Nord-occidentales de la Russîo (Vilno, Kovno, Grodno, etc.), ont une taille moyenne supérieure do 2 centimètres environ à celle des Polonais de l'ancien royaume : 1644 à 1654 millimètres, d'après 580 conscrits appelés (Sneghirev), mais^ il faut observer que beaucoup d'entre eux, tout en parlant polonais, sont sou vent d'origine blanc-roussienne ou lithuanienne, c'est à-dire descendent des races d'une taille plus élevée que les Polonais.

Les Polonais de la Gallcie, — D'après Majer et Kopernickt f^^rr], la taille moyenne des conscrits appelés (avec les ajournés) vnrir innsr qu'il suit avec l'âge: 1609 millimètres à 20 ans, 1612 millinit^tit^s h 21 ans, 1625 millimètres à 22 ans, 1643 à 25 ans. La moyen ni^ dt*M trois premières catégories réunies est de 1615 millimètres, et ceMa d(> toîilas les quatre 1622 millimètres. La taille de 1187 civils, âgés «11* plus de 25 ans, mesurés par les mêmes savants (885) ressort à 1643 milHmètres. Si l'on estime la taille d'après l'accroissement annuel des recrues polonaises, calculé par Majer (879) de 1,9 p. c. de la taille inilinle entre 20 et 21 ans, et de 1,2 p. c. entre 21 et 22 ans, on a les chiffres suivants;

(1) Cet exemple, comme plusieurs autres cités plus haut, moDtrent «luen Pologne il y a un assez grand écart entre la taille des classes rurales et celle des nobles, au profit de ces derniers. Il serait intéressant d'élucider la quostioa dans quelle mesure cette différence tient h la diversité des races (vainqueurs et vaiixcus), et â la diversité des conditions sociales.

102 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DES SCIENCES

1639 millimètres pour 21 ans et 1659 millimètres pour 22 ans, supérieurs de beaucoup à ce que Ton a observé réellement dans la population civile adulte.

Voyons maintenant comment se répartissent les tailles par régions.

D'après la carte de Goehlert la taille moyenne des conscrits serait de 1608 millimètres dans la moitié Est de la partie polonaise de la Galicie, tandis que dans la moitié Ouest la taille moyenne s'élèverait à 1620 millimètres.

Le fait est confirmé par les cartes de M\ rdagz. Parmi les appelés, le nombre de grands (1705 mm. et plus) est moins considérable (de 6 à 8 p. c.) dans les districts militaires de TEst (Rzeszow, Tarnow et N, Sandec) que dans ceux de l'Ouest (Gracovie et Wadovice) où il atteint 8,6 à 11,9 p. c. Par contre, le nombre des ajournés pour défaut de taille est de 23,3 à 28,2 p. c. dans la première partie, et de 16,7 à 21,9 p. c. seulement dans la seconde.

D'autre part la série des conscrits étudiée par Majer et Kopernigki (877) leur a permis de distinguer les montagnards (1645 mm.) des habitants de la plaine (1638 mm.); les premiers sont en moyenne de 7 millimètres plus grands que les seconds.

Ainsi donc dans la partie polonaise de la Galicie, la taille augmente du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest, c'est-à-dire en général de la plaine vers la montagne. L'étude détaillée faite par Majer et Kopernigki (885) sur les 1187 adultes de 25 ans et plus, groupés par régions naturelles, confirme cette vue d'ensemble, tout en y apportant quelques modifications. Les Podhalanes du massif de Tatara, tout-à-fait au sud de la Galicie polonaise, ont la taille très élevée pour la région (1650 mm.); plus au nord, dans les monts Beskides occidentales, la taille est presque la même (1651 mm.); elle s'abaisse légèrement (1648 mm.) dans les Beskides orientales (ces deux régions sont interverties sur la carte, par erreur). En somme, les montagnards des deux Beskides et de Tatra ont ensemble « la taille moyenne » (1650 mm.).

Dans les avant-monts, la tailles'abaisse considérablement (1625 mm.) à rOuest (district scolaire de Gracovie et le Nord de Wadovice) contrairement à ce qu'indiquent les cartes de Goehlert et de Myrdacz; par contre, dans l'Est (district scolaire de Yaslo, etc.) elle se relève jusqu'à 1649 millimètres. Dans la partie polonaise du cercle de Sanok, à l'extrémité Est de cette région, la taille de 304 conscrits appelés est de 1645 (1655) mm. d'après Magierowski (900). Dans la plaine, au Nord des avant-monts orientaux, la taille estplus basse (1641 mm.) que dans ces derniers. Enfin plus au Nord encore, dans le bas pays sur la rive

droite de la Vistule, à partir de son confluent avec la Visloka, la taille est encore légèrement plus basse (1640 mm.) (1).

Les Polonais de la Silésie autrichienne et prussienne (les ChUimsaki) ne doivent pas différer beaucoup, comme stature, des Polonais de la Russie et de la Galicie. Leur taille moyenne varie probablenient entre 1626 et 1649 millimètres.

D'après Goehlert la taille moyenne en Silésie autrichienne, peuplée comme on sait pour une moitié d'Allemands, pour un quart de Tchèques et pour un autre quart de Polonais, est seulement de 1646 millimètres, variant de 1640 millimètres à 1652 millimètres.

D'après Myrdacz le nombre de (( grands » dans le district militaire de Troppau (correspondant à la province autrichienne de Silésie) est de 22,6 p. c, et celui de « petits » de 12,9 p. c. parmi les conscrits incorporés ; cela correspond à la taille moyenne de 1645 millimètres.

Il n'existe pas de chiffres sur la stature des Tchèques, en dehors de l'indication de Weisbach {884, p. 3) relative à la taille moyenne dr 83 Tchèques (1670mm.), et d'uneautre, du même auteur (^^9), reloLivc aux 37 soldats Tchèques de la Moravie (cercle de Znaïm, district de Brûnn) âgés de 21 à 25 ans (1664 mm.) En diminuant de 5 millimMnts ce chiffre (puisqu'il s'agit d'un groupe sélectionné), on a la taille moyenne de 1659 millimètres des deux séries réunies.

Le nombre de (( grands » parmi les (( incorporés » de districts peuplés exclusivement de Tchèques varie en Bohème d'après Myrdacz, do :2 k i (district de Neuhaus où il y a encore un peu d'Allemands) à 26,9 p. c. (district de Prague) ; et en Moravie, de 19,9 p. c. (district de BrOnn ofi il y a encore pas mal d'Allemands) à 24,5 p. c. (district de Krenisier peuplés de (( Hanaks » ou (( Walakhs » les plus purs des Tchèqu(^s}. Cfj dernier chiffre est égal à celui que donne Weisbach (23,3) potir les Tchèques du district de Brunn et correspond, comme on a vu plus h?ni(, à la taille de 1 m. 66 environ. Si cette correspondance est applicsMilr partout, les divers districts tchèques de la Bohême doivent s'échelôinu ^r. pour la taille, entre 1 m. 66 (districts de Neuhaus et de Jicin), et 1 ni. tîS (Pisek, Prague et Caslau). D'ailleurs la carte de Goehlert assigne unt taille moyenne de 1640 à 1652 millimètres aux conscrits Tchèques di^ la Moravie et une taille moyenne de 1653 à 1666 à ceux de la Bohême.

Pour les Slovaques, je ne connais aucune indication précise de iûillo moyenne. D'après la proportion de « grands » donnée par Myrdai*/: pour les districts où ils sont en majorité, ils doivent avoir de 1 m. 64 à 1 m. 65 comme taille moyenne.

(1) Sur la carte on voit quelques districts h taille de 1624 millimètres frôUi^n>) près du fleuve, et d'autres, à 1645 millimètres (rouge pâle), plus au Sud.

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