‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 202 sur 375 · CONFLIT CONFESSIONNEL · texte numérisé non relu

CONFLIT CONFESSIONNEL

pratiquent les Roumains. Cette communauté toute doctrinale qui ne se retrouve ni dans la liturgie, ni dans la lanj^ue engendre des sympathies politiques : le clergé roumain et les fidèles fraternisent avec les vieux Ruihènes ou vieux Russes, tenants de l'orthodoxie '.

Toutefois, il se pourrait que les deux nationalités sentissent le devoir de se coaliser contre un ennemi commun: le catholicisme romain. C'est un vieux procès. L'Eglise catholique romaine qui avait pu fonder des monastères, un évèché à Sereth — in partions infîdelium, il est vrai — un autre à Suczawa, au début du xv*" siècle, ne fut soutenue que par la domination polonaise. Mais, pour la tenir en échec, les voïvodes favorisèrent le hussitisme et le protestantisme. Le pays fut gagné cependant à la doctrine grecque-orientale, et dès le xiv*" siècle est placé sous la juridiction spirituelle du métropolite de Halicz, puis du patriarche de Gonstantinople; en 1402 un métropolite national réside à Suczawa, dont fut sufTragant l'évêché de Radautz ; l'ordre de Saint-Basile bâtit en Roukovine de riches maisons. L'Église romaine n'a pas désarmé toutefois : avec l'appui des Polonais et de l'administration, des missionnaires, principalement Jésuites, mènent une vive propagande à travers la Roukovine ; des congrégations catholiques ouvrent des écoles, élèvent des couvents. Ce qu'il y a de plus dangereux, c'est que cette œuvre pie a aussi pour zélateurs des prêtres ruthènes, uniates, qui proclament travailler au nom de l'idée nationale'. S'il est vrai que le catholicisme romain a, dans les dernières années, concjuis proportionnellement plus d'adeptes que l'orthodoxie, les chiffres absolus offrent de quoi rassurer les ortliodoxes : leurs rivaux se sont grossis, depuis trente ans, d'environ 3o 000 recrues; eux de 133.000, et ils sont 549.000 contre 125.000 catholiques, tant latins qu'unis.

1. Die Slavisierung der Bakoirina im XIX Jahrhundert, als Ausgangspunl.l gruss^ulnischer ZahuuftspolUih. Etlinofjrapkische und politische BetrachlitiKjen, von einem liukoirinaer Rumunen (tienne, C. Gerold, l'JOU).

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