J. von Onciul, Ô. U. M., ibul., p
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rois de Hongrie, amenèrent de leurs gens aux confins des Koumanes et des Valaques ; les voïvodes moldaves appelèrent d'Allemagne des cultivateurs et des artisans. Mais celte colonisation allemande ne lit pas bloc; quelques communautés, quelques familles se maintinrent dans les villes.
Les Allemands furent installés après l'annexion de la Boukovine pour remettre en état le pays ruiné par les pachas turcs et laissé en friche par les hospodars moldaves, mais timidement et par petits paquets ; on préférait aux paysans les ouvriers d'industrie : on voulut d'abord exploiter les mines et les salines, équiper des verreries. C'est seulement à partir de 1830 que l'on s'avisa de solliciter le terroir, et des Allemands de la Forêt de Bohême furent accueillis, qui, de même que les Souabes, émerveillèrent Rutliènes, Slovaques et Roumains par leurs procédés culturaux, et transformèrent le décor, ils furent établis sur les domaines de la Couronne et de l'Église à Fratautz, lUiscirestié, S'-Onufri, Salulmare, puis à Radautz, Arbora, etc. C'était des Wurtembergeois et des Rhénans ^ A partir de 1830 des Souabes qui dénommèrent leurs localités Lichtenberg, Buchenhain, Schwarzthal, etc. ; enfin des Saxons de Transilvanie, des Bavarois arrivèrent comme ouvriers des mines, des verreries, comme artisans, à Louisenihal, Eisenau, etc., etc.
Grâce à leur activité, ces nouveaux venus formèi-ent une élite prospère, non seulement dans les campagnes, mais dcms les agglomérations urbaines, si bien qu'actuellement ils jouissent encore de la prépondérance dans les villes ; à Czernowitz. ils sont près de la moitié de la population, 41.000 sur 85.000 habitants; le reste se partagea peu près également entre Polonais, Ruthènes, Roumains; à Kimpolung, le tiers, à Radautz, le quart; et leur inlluence ne se mesure pas au nombre. Car l'Université de CzernowMtz, fondée en 1873, est allemande, au scandale des Roumains
1. L'histoire fie cette colonisation au xviii» siècle est racontée par Wickenhauser, MoUla oder Beitriuje sur Gesch. dci' Moldau und Tiuhouina. Vol. 11 : Die Deulschen SiedUingen i)i der Hti/,oirina. Czernowitz, 188o-8i C"e.st une série do monographies. (JT. Kaindl, t. 111, livre VI.
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qui en réclament la conversion pour eux ; Tallemand est la langue de « l'intelligence » et est cultivé par une école de littérateurs et savants indigènes ; il est enfin un des trois idiomes reconnus du pays, prérogative dont le polonais ne jouit pas\
Mais, comme partout, les Allemands n'ont pu vivre cordialement avec les autres nationalités : que leur bienêtre, que la supériorité morale et sociale dont ils se targuent, que leur morgue aient excité l'envie, quoi d'étonnant? Ils se plaignent que leur idiome ne soit pas enseigné dans les écoles où leurs enfants rie sont qu'en minorité ; ils se plaignent de n'entendre la parole divine que sous des vocables roumains ou ruthènes; ils se plaignent d'ôlre délaissés par leurs congénères même autrichiens; le germanisme en Boukovine paraît malade ^
Il est vrai que si les Allemands font parade de leurs forces numériques, ces forces sont hétérogènes : les Juifs en fournissent le gros effectif. Chose curieuse ; tandis qu'en Galicie, les fils d'Israël tendent à se confondre avec la majorité et font défection à la cause teutonne, ici c'est à une minorité qu'ils se rallient. Czernowitz compte 28 à 29.000 Juifs et 41.000 Allemands; la banlieue 11.000 Juifs, 13.000 Allemands; le district de Wisnitz, 10.400 Juifs et 11.300 Allemands. Toutefois, il serait injuste de n'attribuer le progrès des Allemands qu'à l'appoint Israélite ^ ; leur contingent se puise à d'autres sources encore, notamment dans les garnisons; mais il n'est pas dit que tous les militaires soient de langue allemande. Il faut donc aduiettre ou une immigration allemande,
1. Ivupczanko, Die Deutschen in der Bu/cowina (Ausland, 1886, p. 981). Kaindl, Die Herkunft der Deutschen in der Bukowina (Aus allen Welt-
theilen, 18'J7, fasc. 9).