Hôrnes, O. U. M., Bosnien und Hercegovina, p. 157 suiv
LES ILF.YRIENS 281
Troglodytes des causses, bâtisseurs des bourg murés, sont sans doute Jes ancêtres de ceux que l'histoii'e a désignés sous le nom d'Illyriens. Ce groupe ethnique, dont Fidiome a survécu dans la toponymie, semble avoir occupé une aire très étendue en largeur depuis la plaine frioulane jusqu'au bassin de Vienne : mais ils furentrefoulés vers le Sud par \<^s Celtes, qui laissèrent les hauts lieux aux peuplades pastorales et se casèient dans les contrées cultivables : ils domestiquèrent les lllyriens au travail du sol, et inaugurèrent, a-t-on remarqué, le régime des begs\ Les lllyriens se divisaient en tribus, et politiquement, en Etals ou principautés : c'étaient, entre autres, les Istre"s, éponymes de la péninsule"; les Yapides, dans le coin où s'éleva Tarsalica, devancière de Fiume; les Liburniens nichés aux tlancs du Velebit. et dont les bateaux à la voile triangulaire étaient renommés pour leur vitesse ; les Delmates, campés dans le massif de la Dinara, près des poije herbus, et dont les Romains emportèrent d'assaut la place forte, Delminium, en illyrien, lalpage. Peut-être aussi faut-il associer aux lllyriens les Vénètes, et des congénères qui ont essaimé jusqu'en Apulie. comme les Messa[)iens. On leur apparente aussi les Albanais, dont la laniiue serait un succédané de l'illyrien.
Ni leurs repaires sur la côte, protégés par un rempart insulaire, ni dans larrière-pays, les fourrés épais ne préservèrent les lllyriens de la contamination d'autres races, ni des invasions ni de la servitude.
Une occupation des îles et de la façade dalmate fut hasai'dée dès le ix* siècle avant J.-C. par le tyran de Syracuse Denys l". précurseur de la politique de Rome, de Venise et de l'Italie : des étaldissements gréco-siciliens s'élevèrent sur l'île de Lissa, et à Tiagurion (ïraùi. D'autres comptoirs helléniques jalonnèrent le littoral, Apollonia (Valoua), Epidamnos (Uurazzo), Pharos (Lésina), etc.