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MAGYARS ALLEMANDS SLOVAQUES ROUMAINS

C'est le germanisme qui sous la friction des groupes nationaux s'émiette et se désagrège.

En Transilvanie les Magyars comptaient 32,9 p. 100 de la population il y a dix ans, et ont avancé à 34 p. 100; tandis que les Roumains ont reculé de 36,4 à 55. Môme dans la province transdanubienne, la prépondérance magyare s'affirme fièrement : elle se glorifie de 176.000 zélateurs de plus.

L'énergie expansive des Magyars s'alimente dans ces foyers de propagande et de vie nationale que sont les villes. Tandis que les autres peuples sont dispersés dans les campagnes, se sentent moins de cohésion matérielle et morale, et tombent ainsi plus facilement en proie aux entreprises du magyarisme, les Magyars se concentrent dans les agglomérations urbaines; ils composent les deux tiers des citadins-.

1. Le reccnscmeiil divise la Hongrie piopreraunt dilu en sept rc'ylons géogiaplui|ues, outre la ville et le district de Fiuiiic : 1» rive droite du Danube ; 2» rive yauehe ; 3» entre Danube et Tisza; 4» Tisza rive droite ; b» rive gaucho ; 0» entre Tisza et Maros ; 7"» « au delà, du Kiralyhago (Transilvanie) ». Chacune de ces réy ions comprend des coniilats, des villes niunii'ipales, des villes à conseil organisé.

2. Sur laccroissenient de la population urbaine, G. Thirring. Die Bevolkerungscnlaic/clung dev ungarischen .S/iitZ/e (L'ngarisciic Rundschau, l'J12, l,p. 334-54, 810-21).

Les Allemands, jadis classe dirigeante dans un grand nombre de villes, perdent leur suprématie. Les Magvars font mine de les exproprier à la lo/igue : à Ôdenburg (Sopron par exemple, tandis que la population allemande de 16.425 âmes en 1880. 17.390 en 1890, 17.924 en |900, 17.318 en 1910 est demeurée sensiblement stationnaire, les Magvars ont sauté de 4.665 à 15 000.

A Presbourg (^Pozsony) les Allemands maintiennent leurs positions entre 1900 et 1910 : de 33.202 à 32.790; c'est une faible perte, il est vrai, mais formidablement soulignée par le renfort des Magyars de 20.000 à 31.000.

Dans la capitale même de l'Etat la déroute est plus brutale : ils étaient plus de 104.000, il y a dix ans ; ils ne se comptent plus qu'à moins de 79.000 au dernier dénombrement, et les Magyars se glorifient de près de 180.000 recrues nouvelles : c'est un gain de 3u p. 100 au regard d'une perte de près de 25 p. 100, d'un quart de l'effectif \

La « propagation pacifique » que le magyarisme exerce est régie par des nécessités sociales et politiques; c'est pourquoi les non Magyars même sont obligés de s'assimiler la langue de l'administration et des affaires : le nombre s'en est accusé de 500.000 en dix ans, et si cette connaissance de lidiome n'implique pas le reniement de la nationalité, elle infuse les idées et symbolise l'ascendant de la nation gouvernante.

On est même surpris que sur les 18 millions de Hongrois pr<>pres il en reste encoie 6 millions el demi qui ignorent le maître idiome : la législation scolaire n'a pas encore déployé toute sa vertu.

Dès maintenant touteiois la statistique est édifiante grâce à des relevé» détaillés avec une rare complaisance".

Nous n'en tirerons que quelques indications, les plus suggestives pour l'avenir du magyarisme.

1. (Recensement, vol. 42, p. 10*). Un autre exemple frappant de la conquête urbaine est celui de Selmeczbanya (.Schemnitz), comitut de Hônt : la proportion des Magyars a sauté de 2^ à plus de 4^! p. loo de UOO à VHo, grâce à une conversion en masse des slovaques (p. '6~, tableau 6)

c est un gain de jô p. loo.

2. Dans ï Annuaire statistique^ XJX 1911, le chapitre Culture et instruction publique est analysé en une soixantaine de tableaux.

LA MAGYARISATION SCOLAIRE 347

Les tout petits sont élevés à la hongroise : car 2.626 écoles maternelles magyares, sont là qui les captent' ! Que peuvent contre cette attraction les 86 écoles allemandes, les 11 slovaques, les 26 roumaines, la trentaine de croates et serbes? Aux 2.2io maîtres magyars, ces dissidents opposent un personnel de 180 eriseignants; et la notation oflicielle discrimine les 167 qui parlent le magyar « à perfection » des 13 malheureux que la grâce n'a pas encore touchés.

Aussi les écoles maternelles magyares, de toutes catégories et de toutes confessions, accaparent presque toute la clientèle enfantine; avec 146.000 pupilles de langue hongroise, 40.000 allemands, 22.000 slovaques, 11.000 roumains, etc.

13.017 écoles primaires ou élémentaires magyares fonctionnent en face de 3.484 non magyares — dont 2.801 roumaines — ; elles instruisent près de 1.100.000 élèves, en laissant 8 à 900.000 aux autres nationalités Dans les écoles magyares exercent 25.613 instituteursdiplômés ; les écoles non magyares n'en comptent que 5.782, dont 5.600 savent le magyar « à perfection ».

En quelles proportions les subventions de l'Etat hongrois sont-elles réparties? Le tableau statistique" élude la (juestion en n'inscrivant, dans ce chapitre financier, que les rubriques confessionnelles et en oubliant les langues d'enseignement^.

Ecoles élémentaires, agricoles, industrielles et commerciales, primaires supérieures et « bourgeoises », c'est l'établissement magyar qui draine la moitié au moins, parfois plus des trois (jiiarts de la population scolaire >.

Passons à « l'intelligence ». L'instruction secondaire des

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