‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 259 sur 375 · DES PROFESSIONS LIBÉRALES TOTALE · texte numérisé non relu

DES PROFESSIONS LIBÉRALES TOTALE

Magyars 70,09 48,61

Allemands 12,52 13,14

Slovaques. 4,21 12,53

Valaques 8,^60 17,11

Ruthènes 0,84 2,51

Serbes 1,81 3,27

Croates 0,36 1.21

Seuls les Magyars sont plus nombreux parmi les professions libérales que ne le comporterait leur part représentative dans l'ensemble de la population. Mais, outre la raison plus haut mentionnée, beaucoup de fonctionnaires, qui ont eu la disgrâce de naître non magyars, se parent de la nationalité dominante.

Ces constatations, pour rassurantes et flatteuses qu'elles apparaissent, ne contentent pas encore ce peuple jaloux.

« L'intelligence » n'est pas encore assez magyarisée. Aussi les enseignants, qui ont l'audace de confesser leur ignorance de la langue souveraine, sont-ils soigneusement pointes, pour être éliminés par la force des choses. Le magyarisme militant ne dormira sur ses lauriers que

1. Par exciii|)lc,. les secrétaires ou greffiers (notaires) de communes et de districts, personnages influents en contact direct avec les populations, sont, nièma dans les régions où dominent d'autres nationalités, pour la plupart de nationalité magyare. Ainsi, dans le comitat de Wicselburg (Moson), où l'on comptait en IS'JO bo.OOO Allemands contre 21.000 Magyars, sur 40 de ces fonction naiiX'S, 2!) étaient Magyars, 9 Allemands, 2 Croates ; dans celui de Bars, partagé entre 87,000 Slovaques, 47,000 Magyars, 17,500 Allemands, sur iil de ces notaires, 48 sont Magyars, 2 Allemands, 1 Slovaque.

2. Ce tableau, déjà ancien, qui figure dans notre première édition, n'a pu être mis au point et rajeuni, les statistii|ues officielles omettant peut-être à dessein le relevé professionnel d'après la nationalité. Mais voici un indice : dans les Universités de Budapest, de Kolozsvar, à l'Ecole Polytechnique, 'J,400 étudiants de nationalil'' magyare contre l,2u0 environ d'autres groupes ethniques.

quand « l'intelligence » aura capitulé : ce jour-là sera achevée la mission « apostolique » du génie magyar \

Les piocédés plus ou moins naturels et sponttinés de la magyarisation se laissent, dans leur détail, surprendre dans la capitale où le phénomène a été suivi de près et décomposé'.

Pest et Ofen, après l'expulsion des Turcs à la fin du xvii° siècle, furent repeuplées de colons allemands, serbes^ et autres. En 1720, dans la première de ces villes, les Allemands représentaient 36 p. '100 de la population totale, les Hongrois 20 p. 100. A Ofen, ces derniers ne figuraient que comme un essaim insignifiant, 8 p. 100, • en face des Allemands (38 p. 100) et des Serbes (32 p. 100) '.

Ce fut un étonnement quand le dénombrement de 1851 révéla que la capitale renfermait autant de Magyars que d'Allemands. Ces derniers composaient, non Télile officielle ou intellectuelle, mais le monde commercial, et cela grâce à l'appoint des Juifs; aussi leur langue élait-elle la plus parlée : en 1881, sur 1.000 personnes par 743 ; le magyar par 704 personnes seulement, le slovaque par 1-^7. En dix ans, la proportion s'est renversée en faveur du magyar, qui compte 830 adeptes, l'allemand n'en a plus que 643, le slovaque que 137. Après une nouvelle décade, la proportion du magyar a monté encore à 915; celle de l'allemand est tombée à ooO, le Slovaque a quelque peu baissé (120). En réalité, plus de la moitié des habitants de la capitale sont polyglottes^, et si le polyglottisme a perdu, ce progrès à rebours au point de vue de la culture des esprits, est un bénéfice brut pour le magyarisrae.

Le magyarisme conquiert les jeunes générations. Dans les familles dont le chef est allemand ou slovaque, l'en-

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