‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 277 sur 375 · IM'aundlcr, loc. cil., p · texte numérisé non relu

IM'aundlcr, loc. cil., p

Temesvar, chaque feuille allemande était lue par 30.565 lecteurs, tandis que les journaux d'autres langues n'étaient expédiés qu'à 16.491 exemplaires, les magyars mêmes à moins de o.OOO *.

Le Danube sépare la Bacska d'un autre groupe de colonies souabes contemporaines, semées dans le triangle entre ce fleuve, la Drave et le lac Balaton : c'est là qu'au lendemain de la reconquête, le prince Eugène de Savoie, le duc de Lorraine, les chefs de l'armée établirent des cultivateurs sur les terres qui leur furent octroyées : la noblesse hongroise en embaucha tant qu'elle put. Ces essaims ont prospéré : ils se sont fixés de préférence dans des parages élevés, abandonnant aux Magyars les étendues plates et marécageuses de rAlfôld;dans le comitat de Tolna, les établissements fondés sous les auspices du comte de Mercy sont répartis dans un petit massif montagneux : la « Turquie souabe » du comitat de Baranya est constituée par un contrefort des monts Sziklos, précédemment occupé par les Magyars, à ce qu'il semble, car la toponymie est si magyare qu'à peine les habitants actuels la peuvent-ils prononcer -. Ces Souabes sont des laboureurs dont l'aisance et l'activité contrastent avec la misère et l'indolence de leurs voisins ^ Ce contraste même alimente les jalousies nationales, que le clergé allemand de toutes confessions ne cherche point à apaiseï"^. Les Allemands s'étaient soutenus et même fortifiés : dans le comitat de Tolna, ils avaient passé de 75.000 en 1880, à 80.000

1. La Deutsche Erde (XI, 1912, p. 87) donne une liste des journaux et périodiques allemands de la Bacska et de la Turquie Souabe. Point de quotidiens : les publications sont hebdomadaires. Une seule est signalée comme de « conscience allemande » . La gazette allemande de Fiinfkirchen (Pecs) parait en magyar depuis plusieurs années. (Voir aussi Recoulv, p. 166).

Page 1