SLOVÈNES OU WEXDES. CROATES. — BULGARES
ouvertement la foi catholique, mais qui n'avaient pas tout à fait abjuré l'hérésie manichéenne, et qui s'étaient ralliés à l'Eglise romaine, par horreur des dogmes, rites et régime byzantins \ Ces Pauliciens ou Paulityens, comme ils s'appellent encore aujourd'hui, se répandirent dans la partie alors autrichienne de la Valachie, en ïransilvanie et dans le Banat actuel ; vers 1740, un certain nombre de familles, la plupart fugitives de la Valachie rétrocédée aux Ottomans, furent installées sur les domaines royaux de Vinga Bodrog, Selyos et autres (comitat de Temes) ; il était exigé de ces Bulgares et Pauliciens qu'ils bâtissent des écoles et églises catholiques, et n'élussent des juges et assesseurs que de cette religion. Cette infiltration se poursuivit durant le xv!!!*" siècle, et jusqu'en ces dernières années. En général ces colonies bordent les vallées de la Bega, de la Temes, de la Berzava. 11 existe aussi un petit noyau de montagnards dans le district minier d'Oravicza (comitat de Krasso) : ce sont les Kraschovanes ou Krassovanes, immigrés aussi vers 1740. Gzoernigles évaluait à 0 ou 6.000. Czirbusz en porte le chiffre à 6 ou 7.000 -. Le dénombrement de 1910 les localise dans quelques rares agglomérations des comitats de Krasso- Szôrény, Temes et Torontal; encore sont-ils noyés dans d'autres populations; c'est qu'on les enregistre tantôt comme Boumains, tantôt comme Croates ^ Ces Krascho-
1. Czoernig, 111,. p. 143. Les privilèges des Bulgares leur furent octroyés en 1727 ; ils stipulaient entre autres que les Pauliciens de Bessenyo devaient se réunir aux Bulgares : on se déliait de leur hérésie. Aleska (Ivic) Ansiedlunrjen der Bulgaren in Ungarn (Archiv. iûr slav. l'hilol. XXXI. 1910, p. 414-30).
2. Les Bulgares Krassovans (Abrégé Bullet. Soc. Geogr. Hongr., XI. 1883, p. 41-3). Ce petit groupe autour du village de Krasso va, dans la vallée du Karas, serait un mélange de Valaques et de Bulgares. Lj. Miletic (Ueber die Sprache und die Herkunft der sogenannten Krasovaner in Sudungarn. Arch. fiir slav. Plailologie XXV, 1903, p. 161-81) considère cet essaim comme descendant de catholiques serbes originaires de Prisren et immigrés au xv« siècle pour fuir la persécution turque. Le dialecte est serbo-croate, avec quelques particularités qui le distinguent du Stokave.
3. Dans le dénombrement de 1890, Krassova comptait sur 3.335 habitants 3.150 Croates; dans celui de 1910, ces Croates se sont évanouis jusqu'à 3 subsistants ; on enregistre 2.974 « divers », qui sont des Krassovanes et des Tsiganes ; Xermed avait en 1890, 676 Croates sur 685 habitants ; ces Croates se sont transformés en 1910 en «divers », au nombre de 662, qualifiés de Krassovanes (comitat de Krasso, arrond. de Resiczabânya).