EN MILLIERS
Croates, . . . . "'. . . . 1490 Serbes 610
dont catholiques romaius."> 1473 dont Grecs Orientaux. . . 610
Les catholiques romains englobent aussi des Hongrois, Allemands et autres Slaves; les Grecs Orientaux comprennent aussi des Ruthèncs (Public. 8tat. 5» vol. 1907 p. 372).
2. La statistique ne distingue pas, volontairement sans doute, les écoles communales croates des serbes (Annuaire XLK, 1911, p. 346-365.)
3. L'Empereur d'Autriche porte encore le titre de roi d'Ulyrie.
4. René Gonn&rd. Entre Drave et Save, Paris 1911, chap. iv. Le Trialisme. Le point de vue slave et le point de vue autrichien. (Rev. Polit, et Parlementaire LXXIV, 1912, p. 223 et 4i.) Le point de vue magyar, [ibid. LXXV 1913, p. 53-71).
LE TRIALISME 455
d'âmes, consistance très respectable au regard de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Serbie, dont le format est fort réduit et la population moins nombreuse. On y encadrerait les Slovènes alpins et dinariques, les Croates et Serbes de Hongrie et du royaume triunitaire, les Bosniaques et Herzégoviniens.
La conception semblait digne de la controverse qu'elle a provoquée. Elle intéressait le régime intérieur et l'action diplomatique de l'Autriche-Hongrie. Au dedans, cette tripartition aurait humilié, atîaibli la Hongrie, l'aurait coupée de la mer, paralysée par cette pesée sur son flanc : perspective assez séduisante pour la Maison Impériale et les Autrichiens du vieux style. Elle aurait créé une Slavie autrichienne, plan de haute envergure, si l'Autriche avait pris conscience de sa mission slave. Sans doute l'idée trialiste avait contre elle les Allemands qui placent leur sécurité dans le morcellement artificiel des Slaves entre les d.ivers pays de la Couronne; les Magyars qui ne sauraient sans déchéance admettre dans la raison sociale de l'Autriche-Hongrie un nouveau participant, un surnuméraire, qui deviendrait, grâce aux congénères tchèques et galiciens, le plus fort et le plus heureux des trois * ; citons pour mémoire les Italiens adriatiques qui se verraient sacrifiés.
Mais le trialisme aurait-il résolu la difficulté essentielle indiquée plus haut? Les Yougo-Slaves aspirent-ils à l'union fraternelle dans le giron de leur Yougo-Slavie? Ils auront beau se prévaloir d'une parenté de race et d'idiome — encore que le Slovène éprouverait quelque peine à entendre ses concitoyens serbes ou croates — s'exalter dans l'évocation d'une histoire ou d'une légende commune, dans le culte d'une littérature, placage artificiel plutôt qu'armature de leur nationalité. Sauront-ils oublier leurs dissidences théologiques, leurs symboles religieux, qui ont depuis des siècles empli leur vie spirituelle et morale, chrétiens contre infidèles, papistes contre schismatiques? La Yougo-Slavie est condamnée aux luttes confessionnelles
i. Encore Tchèiiues et Polonais, privés de l'appoint des Sud-Slaves au Parlement, succomberaient contre la majorité allemande.
qui, si elle est constituée en pays parlementaire, s'exaspéreront par le jeu des partis.
Mais les hommes dlitat de Vienne auraient d'autres raisons de ne point gioiiper les Slaves du Sud. qui tendraient à s'agréger, depuis la dernière crise balkanique, à la Slavie fortifiée et glorifiée par ses victoires, à une grande Serbie que de pieuses imaginations ont déjà restaurée, Une Slavie autrichienne eût peut-être, jusqu'à ces derniers temps, joué comme un pôle d'attraction sur ces irredenti, ces peuples non libérés encore ; aujourd'hui c'est en sens inverse que les éléments graviteraient. L'Autriche s'est encore montrée en retard d'une idée*.
\ . Nous reproduisons ces considérations parce qu'elles jettent un jour sur la genèse de la guerre de 1914. La conception dune Yougo-8lavie semble avoir repris faveur auprès des hommes d'État autrichiens depuis les succès des campagnes balkaniques.