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LES TSIGANES

en voie de s'en créer une; car il perd l'instrument le plus efficace d'une pareille création, la langue. Plus de la moitié des Tsiganes (52 p. 100) ignorent l'idiome traditionnel de leur race. Les Tsiganes ont adopté le parler usuel des populations avec lesquelles ils frayent.

Le dénombrement de 1880 signale, sur 71.911 personnes qui indiquent le Isigane comme leur langue maternelle, 14.480 en tout qui n'en usent point d'autre (soit 19 p. 100) ; mais près de 24 p. 100 se servent du magyar, et la majorité (43 p. 100) du roumain. Ce chiffre de 71.911 Tsiganes est très inférieur à la réalité. L'enquête de 1893 établit que sur 275.000 Tsiganes, 82.000 (30 p. 100) confessent leur langue particulière, et la plupart de ceux-ci (62 p. 100) sont des nomades. Mais 104.000 (38 p. 100) se réclament du magyar et 67.000 (24 p. 100) du roumain ; de ces Tsiganes magyars et roumains, les trois quarts ont désappris le langage de leurs ancêtres (84 p. 100 chez les Roumains, 73 p. 100 parmi les Magyars). Le dénombrement de 1900 relevait en tout 61.658 individus de langue tsigane, dont 29 seulement dans l'armée ; le plus fort contingent en Transilvanie, 21.000; entre Tisza et Maros, une dizaine de mille; ils ne manquent nulle part, sauf dans les villes. Sur l'ensemble un peu plus de 14.000 parlaient aussi le magyare

C'est aux Roumains qu'ils s'assimilent le plus volontiers : car pendant leur longue halte en Valachie, il s'était opéré déjà une pénétration linguistique Ils se laissent magyariser sans résistance; une petite fraction, moins de 4 p. 100, se proclame slovaque; une autre (2 p. 100) serbe; il n'est pas étrange que les Tsiganes n'aient point été attirés par la culture allemande.

L'œuvre de fusion, sinon de magyarisation, est donc amorcée. La Hongrie gagnera-t-elle, fût-ce au prix de la contrainte ^ d'honnêtes et utiles citoyens"? Ceux que l'on

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