SONT MARIÉS A LAGE DE
â 1-30 ANS 11-20 AXS 21-30 ANS
Hommes. Femmes.
Allemands 25,45 p. 100 1,54 40,73^
Slaves 39,55 — 5,19 00,88
Il est certain que, dans des conditions de vie et de milieu égales, les populations alpestres germaniques con-
1. Die Kr(jebmsse der ]'ol/iszi:ihluiig vom 31 Dezember 1900 (i Band. 3 Hct't, p. x.\.\iK
2. Nous regrettons de ne point disposeï' de données précises sur lus résultats des unions mivtes : .\lleniands et Slaves, Slaves et Italiens, etc. .\ notre connaissance du moins, ce sujet n'a pas été traité dans son ensemble, pour lAutriche. La statistique hongroise est plus explicite.
•>. Le taux des Polonais est inférieur à la réalité, car les mariages des Juifs, accomplis seulement selon la loi mosaï(iue, n'entrent pas en compte.
4. Il va lieu de tenir compte, pour cette répartition, des pays à excédents masculins et féminins, excédents qui s'expliquent par l'immigration.
tractent des unions plus tardives, ont une durée de fécondité plus courte que les populations alpestres romanes ou Slovènes '. Les conséquences sociales ou politiques de ce déchet se laissent augurer : les Allemands ne fourniront pas assez d'unités, d'énergies individuelles, pour les fonctions sociales, L'on incriminerait à tort leur infériorité physiologique: leur supériorité sociale, l'aisance dont ils jouissent, génératrice d'égoïsme, leur rendent- plus incommode et onéreux l'élevage de couvées, qui ne rebute pas les races encore ignorantes du confort. Ces races plus frustes se civilisent et s'enrichissent à leur tour. C'est alors que devant des adversaires égaux en valeur, supérieurs en nombre, que la nationalité allemande dans la monarchie autrichienne devra renoncer définitivement à rhégémonie dont elle se targue encore.
La maîtrise môme du Parlement échappeau germanisme.
Le Parlement est-il, comme s'en flattait le ministre M. de Gautsch, la « photographie » de la nation, photographie sur fond jaune noir de teinte spécifîquemenl autrichienne? La réponse n'est pas douteuse, puisque l'image est aussi confuse et brouillée que possible.
De tout temps le système électoral de l'Autriche a été outrageusement compliqué. Jusqu'eu 1873 le Reichsrat — plus exactement la Chambre des Députés — fut une émanation des Diètes provinciales, et par là même, un Parlement quasi fédéral, et déjà le champ clos des nationalités. C'est pour extirper ce vice congénital qu'un Parlement central fut institué, sur la base de la représentation des intérêts : aristocratie terrienne, chambres de commerce et d'industrie, bourgeoisie citadine, propriété rurale y eurent leurs mandataires. Cette représentation de classes ou de castes fut saluée, par une fiction abusive, et honorée comme représentation nationale. Régime combiné pour assurer la suprématie de l'élément allemand, maître des latifundia, des usines, des banques, des meilleures exploitations agricoles; un cens élevé déboutait le misérable paysan slave. Le vote direct, dès 1873, fut une
i. Rauchbrrg, Die Bevôlkerung, p. 42, 2ii.
POLITIOUE ELECTORALE ETHNIQUE 31
prime à Tidée centraliste; le gouvernement crut possible — la pensée était à la fois généreuse et habile — de substituer aux fractions ethniques des « curies » sociales, commerçants, industriels, agriculteurs, uniquement voués aux questions économiques et temporelles. C'était encore faire le jeu des Allemands. Leur privilège fut ébranlé le jour où le gouvernement, alarmé de l'insolence pangermaniste, s'avisa d'élever à la dignité d'électeurs des populations de couches inférieures : la loi du 14 juin 1896, « rallonge à la table mise pour le peuple », créa une curie des citoyens sans étiquette ni qualificatif — ils ne se chiffraient qu'à 3.600.000 — à qui 72 mandats furent parcimonieusement attribués. L'inégalité entre les Allemands et les autres nationalités fut atténuée.
La démocratie ne se contenta pas de cette avance; elle revendiqua le suffrage universel. A son propre émerveillement, elle l'obtint, au bout d'une décade, par la loi du 2(j janvier 1007. Quels motifs incitèrent les hommes d'État de la monarchie la plus conservatrice à cette innovation révolutionnaire? 11 ne nous appartient pas ici d'éclaircir ce mystère ; nous en relevons les résultats. Dès lors, sur les 516 sièges du Reichsrat les Allemands n'en occupent, plus que 22o. Mais la doctrine numérique ou majoritaire ne domine pas le régime électoral; on s'est efforcé de la concilier avec celle des valeurs sociales; les circonscriptions ont été dessinées d'après les agglomérations nationales et les signes extérieurs et matériels de richesse : à ce titre un essaim d'Allemands gros contribuables est doté de droits souvent plus étendus qu'une poussière de prolétaires slaves; la noblesse polonaise jouit de prérogatives électorales au détriment de la paysannerie ruthène, plus nombreuse ^
Le Parlement ne rctlète donc pas la proportion des nationalités : les Allemands auxquels sont dévolus, depuis 1911,'22."'> sièges, 43 p. lOO de l'ensemble, ne forment
1. Rauclibcry. Buryer/iunde, {>. 'J'J. Lo» Uictcà proviiK-ialos cuiiUnucul à su iccTulei' dapiès la ri'piésunlation des intéiols (p. lo;i).
qu'environ 36 p. 100 de la population totale, et la répartition fait tort aux Tchèques, aux Polonais, aux Ruthènes ', etc. La « photographie » de la nation est savamment maquillée.