FAMILLE LAPONNE
Les Lapons sont maigres, petits, et pourtant assez forts et trèsagiles. Leur tète est proportionnellement grosse. Elle offre, avec le crâne rond, les pommettes écartées, le nez large et plat des Mon-
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dans ses rjuartiers d'hiver. Dans ces deux voyages, les rennes lui «en-ent comme bètes de somme. Lorstpie la lerre est couverte de neige, on altèle aux traîneaux ces précieuï ruminants (llg. 105).
Les cil iens servent i:'galemen t d'animaux de trait chez les LaiJons. Sur la lisière des maigres forêts de la i.aponie ou de la Sibérie, on roJL souvent passer ra[iidement, porlé sur un Iraineau attelé de litant de ces contréga
La vie habituelle du Lapon nomade est ce qu'on peut imaginer de plus miscralile. Une tente posée sur quatre piquets est sa demeure d'hiver et d'été. Le foyer est au milieu de la tente, et la furaée s'en échappe par une ouverture pratiquée dans le haut. Cinq ou six peaux de rennes étendues autour du feu sen'ent de lit à toute !a famille, et ce lit a pour rideau la fumée qui l'entoure. Le mobilier se compose d'une chaudière et de quel({ues
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st'aux de iiiiia. Le Lainm porto dans sa poche sa cuiller en coriiiet son couteau. Souvent, au lieu de seaux de bois il emploie des vessies de rciints. C'est l'ignlenuMil dans des vessies de rcnms '|u"il conserve le lait, mêlé d'eau, (jui lui sert de boisson. Quand il se dé|place, ([iiand il voyage, c'est une paire de rennes qui est attelée à son traîneau.
Au rc-ite, celte race nomade qui a occupé autrefois, une partie
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de la Suède, est aujourd'hui bien diminuée. Il y a uoe trentaine d'années, en comptant tout ce qu'il en reste dans la Laponic russe, norvégienne et suédoise, on la portait seulement au nombre de 12 000 individus.
Le Lapon résidant est, d'ordinaire, un pauvre propriétaire de reones qui, étant ruiné et ne pouvant plus continuer sa vie de p&tre errant, se fait mendiant ou domestique. S'il lui est resté quelque argent, il s'établit au bord de la mer, et devient pécheur, pendant que sa femme tisse la laine au mélier. II passe ulors une triste existence au milieu d'iiommes d'une autre origine. Norvégiens et Suédois le dédaignent, en sorte qu'il vit en véritable paria. Sa cabane, son costume, ses mœurs sont tout différents de ceux des populations qui lui donnent asile. Nulle famille ne saurait s'allier à la sienne , et il reste seul au monde s'il n'a quelques amis parmi ces étrangers.
Dans ses Yoyages dans les Étals Scandinaves, M. do Saint-ltlaize surprit une nuit,à l'iraproviste, un camp de Lapons. Autour des feux se pressaient des centaines de rennes, dont les cornus immenses, se touchant les unes les autres, produisaient l'ell'ct d'une petite forêt. Deux jeunes Lapons et des chiens faisaient l)Dnne garde autour des rennes. Non loin de là était dressée la tente. Un vieux Lapon et sa femme offrirent au voyageur du lait de renne trèsgras, qui rappelait le lait de chèvre.
Ce même voyageur nous apprend que lorsqu'une Laponne, en voyage, donne le jour à un enfant, elle le place dans un morceau de bois creux, où l'on a ménage un trou grillé de fils de fer, pour
y loger la têle du nouveau-né (fig. 107). La mère place sur a dos cette bûche el son précieus contenu et poursuit sa course. Quand elle s'arrête, elle suspend à un arbre celte espèce de chrysalide de Lois, que le grillage protège contre la dent des féroces.
due des deux côtés du grand promontoire sibérien que turm le cap Nord. On rencontre aussi quel'jues-unes de leurs trïhus assez loin à l'ouesl, à l'est et au sud de cette même régioa- II& vivent principalement de leur |)êche et de leur chasse, sur I bords de la mer glaciale. Ils ont beaucoup de ressemblance a4 les Tongouses, dont nous parlerons plus loin. Leur visagtJ
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plat, rond et large, leurs lèvres épaisses et retroussées, leur nez large et ouvert. Ils ont peu de barbe, les cheveux noirs et rudes. La plupart sont plutôt petits que de taille moyenne, bien proportionnés, et un peu trapus (fig. 108). Ils sont sauvages et d'un caractère remuant.
FAMILLE DE SKAMTCIIADALES.
Nous ne mentionnons ici que pour mémoire les Kamtchadales, connus depuis longtemps des navigateurs de la mer glaciale. Ils habitent la partie méridionale de la péninsule qui porte leur nom. Ce sont des hommes de petite taille, ayant le teint basané, les cheveux noirs, peu de barbe, la ligure large, le nez court et plat, les yeux petits et enfoncés, les sourcils minces, le ventre gros et les jambes grêles.
Plus au sud, dans les îles Kouriles et sur le continent voisin, nous devons signaler une autre nation très-dilTérente des précédentes. C'est le peuple des Aïnos, ou habitants des îles Kouriles. Leur taille est petite, mais leur visage oflre des traits assez réguliers. Le plus remarquable de leurs caractères physiques consiste dans l'extrême développement que prend chez eux le système pileux. Ce sont les plus velus de tous les hommes; c'est pour cela que nous les signalons en passant. Leur barbe tombe sur leur poitrine, et ils ont les bras, le cou, le dos couverts de poils. Ce caractère est exceptionnel, surtout chez les peuples de type mongol.
La langue des Aïnos a des rapports frappants avec celle des Samoyèdes et avec celle de (juelques peuplades du Caucase. Leur taille est bien prise, leur caractère doux et hospitalier. Ils vivent du produit de leur chasse et de leur pùciie.
FAMILLE DES ESOl IMAUX.
Le Groenland et la plus grande i)artie des îles qui avoisinent cette partie du continent américain sont habités par des peuples qui ont reçu le nom commun d'Esquimaux, et qui composent une famille très-nombreuse.
Les principales et les plus nombreuses tribus de la famille des Esquimaux appartiennent au continent américain. Mais comme elles sont fort distinctes des autres peuples de ce continent, et qu'elles
resseinhlenl beaucouji aux iieuplus de l'Asie septentrionale MoDgols, c'est ici que nous devons en l'aire mention.
Chez les Esquimaux, la tète osseuse prend une forme pyramidale plus prononcée que chez les Mongols de la liaute Asie, ce dépend du rétrécissement latéral du crâne. Un tel signe de d» dation décèle lout de suite rinférlorîtè morale et sociale d« pauvres gens. Leurs yeux ïont noirs, pelils et sauvages, mois
aucune vivacité. Chez les Esquimaux du Groenland, le nez est saillant, la liotiche petite, avec In lèvre inférieure plus épil que la supérieure. Tependanton u sifinnlé chez quelques-uns barbe forle et abondante. Les cheveux sont ordinairement mais quelquefois blonds et toujours longs, grossiers, en désordre. Leur teint est clair. Leur taille n,"' s'élèvo pas au-dessus de cinq pieds. Ils sont trapus , et ont une certaine disposition à l'obèsitè.'.
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Dans un voyage que lit le docleur Kane, de New- York, au 82* degré de latitude nord, cet explorateur hardi passa plus d'une année cJiezies Esquimaux qui vivent à Étah, l'haliitation humaine la plus rapprochée du pôle. Hommes, femmes, enfants, n'ayant pour se couvrir que leur saleté, élaienl entassés dans une hutte el confondus dans une sorte de panier. Une lampe, servant &
y.gtnfc[(<^aBl« te cabane, brûlait ge fteite dg i
r avec une flamme de seize pouces de longueur Des morceaux de phoque gisaient sur le plancher de ce repaire, d'où s'exhalait
' une insupportable odeur ammoniacale.
Nous représentons (lïg. I09) le ciimpement d'été d'une tribu d"Esquimauset((ig. IIO) leur habitation d'hiver. Dans la figure 11), on voit un village, c'esl-à-diie l'assemblage de huttes, construites
[ avec des blocs de neige, qui abritent pondant la saison des froids
I excessifs ces deshérités de la nature.
Le i)lior{ut! fournit la nourriture aux Es'tuimaux de la liaie de Rousseliier pentlaut la plus grande partie de l'anncic. Au sud. jus'|uà Murcliison-Cliannel. le narval et la baleine franche viennent dans les saisons qui leur sont propres. Vers le mois où réparai! le soleil, la famine d'iiivcr cesse. Janvier et février sont les mois de privation; mais pendant la dernière partie de mar» la péclie de printemps commence, et avec elle renaissent le mouvement et la vie. U's pauvres et misérables tanières couvertes de neige sont alors le théâtre d'une grande activité. Des masses
de provisions acciniiulées en sont retirées et empilées sur le sol glacé; les femmes préparent les peaux i»our en faire des chaussures, et les hommes taillent une réserve de harpons pour l'hiver.
Les Esijuimaux nu sont pas paresseux. Ils chassent avec courage. et sont forcés souvent de caclier le |irodiiil de leur chasse dans di'S excavations înaccossildes aux liétes. heur consommation d'aliments est excessive. Ils inancrent heauironp. non pargloutonnerie. mais par nécessilé, en raison du fioid extrême de ces hautes latitudes.
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L» lîgure 112 représente, d'après le docteur Kune, le chef d'une tribu d'Es(|uiinaux.
Le docteur Hayes, dans son Voyage à la vur libre du pôle arctique, publié en 1666, a décrit des lyiius d'Esquimaux. La ligure large, de lourdes mâchoires, des pommettes saillantes, un front étroit, des
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yeux petits et très-noin, des lèvrei miiicei et longues, arae deux rangées étroitefl de dents solidea, quoique oaées per de pdniblei aervicefl, une cberelure d'un noir de.J«iB, de la bartM but la lèm supérieure et au bas du menton, une stature petite, maiB bien charpentée, une constitution robuste et rudenimt trempée, tels sont les caractères distinctifs de ces peuples de l'extrèms Nwd.
La toilette des Esquimaux parut au savant Tojageur A peu prèa la même pour les deux sexes : une paire de bottes , des bas. des mitaines, des pantalons, une vesle el un surtout. Le beau-père
Flg. [11 leuns EKiDlitiia.
d'un de ses compagnons de voyage portait des bottai do étm d'ours s'arrétaat au-dessus du genou, tandis que callei À' 9 femme montaient beaucoup plus haut et étaient faites de cnfréa phoque. Leurs pantalons étaient de peau d'ours, les 1)88 de ponds ' chien, les mitaines de peau de phoque, la veste de peau d'oiseam avec les plumes en dessous.
Le surtout, en peau de renard bleu, ne s'ouvre pas sur le devant, mais se passe comme une chemise ; il se termine par ,un capuchon qui couvre la tête comme la cagoule d'un moine. Les lèm
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ressource providentielle des Lapons, ou habitants des rives de la même mer, au nord de l'Europe .
La chasse aux œufs des oiseaux de mer, surtout des pingouins , est la seconde source d'alimentation qui s'offre à ces peuples. Les Esquimaux bravent toutes sortes de dangers pour aller recueillir les œufs de ces oiseaux sur les cimes escarpées et branlantes où ces volatiles posent leurs nids (fig. 114).
Les Esquimaux ne comptent que jusqu'à dix, nombre de nos doigts. Ils n'ont aucun système de notation, ne peuvent assigner une date quelconque aux événements passés. Ils n'ont d'an- . nales d'aucune sorte, et ne savent pas leur âge !
FAMILLE DES lÉMSSÉlENS.
C'est une peuplade connue plus généralement sous le nom d'Ostiakes du lénisséi. Elle parle une langue fort différente de celle desOstiakesderObi,que nous avons mentionnée (page 140) comme appartenant à la race blanche.
FAMILLES lUKAGHlRE ET KORIAKE.
Ce sont des peuplades errantes, qui se fondent de plus en plus avec les populations russes. Elles vivent aux bords de la mer de Behring ou dans Tintérieur des terres, fort semblables aux Samoyèdes par leurs habitudes et leur langage.