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LE FEU CENTRAL

CECI se passe au premier jour de ia genèse : Le monde s'élabore en un muet tourment; Là-bas, ballon de feu jailli de la fournaise Où bouillonne sans fin l'effroyable synthèse, Un grand soleil s'effare au fond du firmament.

Hors du linceul sous quoi se démènent les formes, Des angles quelquefois saillent, ou des contours S'allongent, et ce sont des vais, des monts énormes Dont les profils, sortant de l'ombre où sont les Normes, Barrent le ciel encor chargé de brouillards lourds.

LA SYMPHONIE DE l'oR 125

Soudainement la terre immense et sombre craque; Une rumeur d'enfer court au loin dans ses tîancs ; Elle est sourde d'abord, puis grandit, fuse et claque, Et, montant vers le sol parmi la masse opaque, De longs serpents de feu projettent leurs élans.

Nés de la flamme première.

Fils du lointain feu central,

Ils se figent dans la matière

En étroits chemins de métal Par où, passé des temps, passé des temps encore, Pour la nuit de la terre abandonnant Taurore, A tout instant guettés par la sournoise mort. Vous descendrez, martyrs du lucre, chercheurs d'or !

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