‹ Les Ramollissements SylviensChapitre 48 sur 74 · D DEN CE D · texte numérisé non relu

D DEN CE D

Fig. 40. — Ramollissement hémorragipare postérieur temporo-pli courbe. A noter l’existence d’un deuxième foyer temporal antérieur.

plète. Ce sont les limites d’un beau ramollissement hémorragipare que nous avons eu l’occasion de constater dernièrement sur un cerveau gauche, dont nous donnons la photographie (fig. 40). Les régions pariétales moyennes et supérieures sont épargnées ici. Dans la profondeur, la lésion va jusqu’à l'épendyme, détruisant les radiations optiques dans la région temporale et celle du pli courbe.

Le résultat d’une telle lésion, quand elle concerne le cerveau droit, est simplement une hémianopsie.

Quand le ramollissement atteintle cerveau gauche,on observe le syndrome de la région temporo-pli courbe postérieure. MM. Pierre Marie et Foix ont montré qu'il comporte trois éléments importants (1) :

1. Pierre Marie et Foix, Phénomènes dits apraxiques avec lésion pariétotemporale gauche. Rev. Neur.,janvier 1914.

Une aphasie de Wernicke ;

Une hémianopsie ;

Enfin, quand la lésion est suffisamment profonde, une apraxie idéatoire.

L'aphasie de Wernicke est ici typique avec prédominance de l'élément amnésique. L'état intellectuel des malades est généralement très touché. Trousseau l'avait déjà signalé, Pierre Marie a montré l'importance d’une telle notion (r). Le trouble du langage que met facilement en évidence l'épreuve de la dénomination des objets, la paraphasie, la jargonaphasie même sont nets, mais ce qui domine dans les cas marqués c'est le déficit intellectuel qui donne parfois à ces aphasiques l’aspect de déments. Cependant, cet élément amnésique qui fait d’ailleurs partie, à des degrés variables, de toute aphasie dé Wernicke est bien spécial ; il porte, en effet, non pas sur l’ensemble des souvenirs affectifs ou autres, mais sur les souvenirs didactiques. Outre l'oubli du vocabulaire, l'examen révèle l’oubli des notions dédactiquement apprises que démontrent, en particulier, la perte du calcul, l'oubli aussi des actes relativement faciles mais comportant une série d'éléments, c'est-àdire précisément l'apraxie idéatoire. On voit donc que celleci, suivant la conception de M. Foix (2) ne constitue en somme que l'extrême de l'élément amnésique de l’aphasie de Wernicke. On ne saurait s'étonner de les voir associées dans ce syndrome temporo-pli courbe mais elle est surtout nette dans les lésions profondes et constitue par conséquent un indice de gravité. D'’intensité d’ailleurs variable, le test classique de la bougie la met facilement en évidence.Il faut aussi en rapprocher l’oubli si spécial des actes de métier que présentent certains de ces malades, tel le cuisinier cité par Pierre Marie qui ne sait plus faire cuire les œufs.

Au contraire,les phénomènes d’apraxie idéo-motrice, c’est-àdire la difficulté matérielle d'exécuter des ordres simples tels

1. Pierre Marie, Révision de la question de l'Aphasie (Cf. Travaux et mémoires, tome D).

2. Ch. Foix, Conception de l’Aphasie temporo-pariétale dite Aphasie de Wernicke (Presse méd., 4 nov. 1925).

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