PHALÈNE II YÉ MALE
{Geometra brutnata)
(mâle.)
La Phalène Hyémale {Cheimatohia hrumata^
Dup.) est un petit papillon qui se montre le soir
dans les bois de chêne, de hêtre, de charme, etc.,
tout à fait à l'automne, en novembre et même en
décembre.
Pendant ce temps-là, la femelle,
qui est sans ailes, ressemble plus à
une araignée qu'à un papillon, court
le long du tronc de l'arbre, non-seu-
Pig. 99. lement pour rencontrer lemâle, mais
GlSOUËTHE HYÉMALE ,,
(fem.) P^^'' ^"^^ pondre ses œufs , au plus
haut de l'arbre , près des bourgeons.
Au printemps, en mai, les petites chenilles qui
ont passé l'hiver dans l'œuf, éclosent et entrent dans
Fig. 100. — CHENILLE DE LA GlSOMÈTRE HYÉMALE.
les bourgeons non ouverts dont elles font leur première nourriture. Des bourgeons , elles passent aux jeunes feuilles, et pendant trois mois dépouillent l'arbre sans relâche , empêchant toute assimilation et le livrant ainsi languissant aux autres Ravageurs.
La femelle se change en insecte parfait dans le sol ; par conséquent , il est bien évident que si on l'empêchait de monter pondre aux bourgeons, on détruirait la race. On y parvient très -bien en enduisant le tronc des arbres d'une ceinture de goudron collant où la femelle s'englue et demeure. Mais comment faire avec les milliers de pieds d'une forêt! Déjà minutieux et coûteux dans une pépinière, le remède devient inapplicable en plein massif...
Hélas ! nous en arrivons toujours à constater notre impuissance et à nous trouver trop heureux que la nature ait pourvu à maintenir une balance moyenne en suscitant à ces petites chenilles cinq ou six ennemis parmi les lehneumonides, les Braconites et certains diptères parasites. Ces chenilles nourrissent même un Filaire ou ver parasite de leurs intestins. Les oiseaux à bec fin et tous ceux qui , mêlant une nourriture animale à leur nourriture végétale , au moment des couvées, portent des chenilles à leurs petits, ne craignent point celle de la Phalène Hyémale, parce qu'elle est lisse et sans poils.
Cette condition que nous inscrivons ici comme une cause de recherche préférée est tellement grave qu'une seule espèce d'oiseau de tous les Ravageurs que nous avons passés en revue, dans nos pays, ose aborder et manger les chenilles poilues, et encore cet oiseau est-il un migrateur qui reste bien
peu de temps chez nous. C'est leCoucou gris, auquel nous devons un remercîment pour ses services. Malheureusement, que peut-il faire, lui seul contre fous? Lui, surtout, un des moins nombreux oiseaux de notre pays comme individus, puisque son œuf est toujours solitaire. Remarquons, en effet, combien peu de personnes l'ont vu, quoique tout le monde l'ait entendu!... Quoi qu'on en dise, le rôle de l'oiseau contre l'insecte est tout à fait secondaire : l'insecte s*eul peut lutter avec lui-même !
Jusqu'à présent nous n'avons parlé que des forêts, il est temps que nous disions quelques mots des massifs que nous créons dans un tout autre but que celui du plus grand produit possible : nous voulons parler des jardins anglais et des plantations quelles qu'elles soient qui n'ont pour but immédiat que l'agrément. C'est bien quelque chose, convenons-en, et à ce point de vue ils méritent tout autant notre sollicitude que les autres.
Nous ne nous étonnerons pas de retrouver là les Ravageurs obstinés que nous avons vus à l'œuvre dans les grands massifs et autour d'eux. C'est pourquoi nous allons nous occuper , suivant rord)e que nous avons adopté , d'abord des arbres à feuilles persistantes, puis des arbres et arbustes feuillus.
Dans le centre de la France, les plantations dlépicéas des jardins anglais, des avenues^ ou les repeu-
plement en cette essence, sont toujours attaqués par les larves d'une Tenthrédite , appelée Tenthrède PALE {Lophirus Pallida), Au premier abord, on prendrait ces larves, vivant en famille de 20 à 30 individus, pour des chenilles de Noctuelles, vivant sur l'extrémité des jeunes pousses et dévorant les aiguilles. Cette larve est bien facile à distinguer d'une chenille parce qu'elle a douze pattes : elle est d'un vert jaunâtre avec lignes longitudinales brunes et la tête brun rouge.
A l'automne, elle file un petit cocon entre les aiguilles et se transforme en nymphe au printemps, d'où elle sort en juin suivant.
L'insecte parfait est une petite mouche noire avec quelques traits jaunes sur Técusson et les pattes de cette couleur, le ventre gris. La femelle est toute jaune et a l'abdomen marqué de bandes rougeâtres.
Les Bourgeons des Pins Sylvestres sont attaqués par la Pyrale DES Bourgeons {Tortrix Turionana^ Lin. (fig. 101), dans les parcs et plantations, où ces arbres demeurent déformés et tordus , parce que la Pyrale ronge la pousse centrale et terminale que rien ne vient remplacer. L'aiguille étant détruite , l'arbre, au lieu de s'élever en hauteur, forme la boule, puis, les aiguilles latérales sont bientôt attaquées aussi et se ramifient à leur tour, formant une sorte de parasol qui manque d'intérêt et n'a plus de
rapport avec l'arbre qu'il représente comme espèce.
A propos des arbres de plantations à feuilles persistantes, nous ne résistons pas à l'intérêt de donner quelques détails sur l'admirable famille des Eucalyptus, qui semble, par sa rapidité de croissance, sa dureté et son odeur, défier les ravageurs et se défendre toute seule.
L'une des espèces les plus remarquables, VEucalyptus glohulus, a été importée d'Australie chez nous par M. Ramel, notre collègue à la Société d'acclimatation, et sera bientôt d'une importance majeure, peut-être pour l'extrême midi de* la France, mais, à coup sûr pour l'Algérie. Cet arbre, de la famille du Myrte, au port élégant, au feuillage vert nuancé de bleu, a reçu, en Australie, le nom de Gommier bleu. Son bois est très-dur, blanc, compact, uni et d'une densité supérieure à celle du Teck et du Tacon, ces bois indiens dont la compacité est célèbre. Cette qualité est précieuse, mais elle est d'autant plus extraordinaire qu'elle s'allie, chez l'Eucalyptus, à une croissance si rapide que nulle autre plante ne peut lutter avec ce bel arbre.
Dans le jardin fleuriste de la ville de Paris, la croissance de ces arbres était de 1 mètre par mois la premîère année. Nous avons vu à l'Exposition universelle de 1867, un Eucalyptus de huit ans qui mesurait 10™,55 de haut et 1«»,50 de circonférence.
Ce n'est pas tout. L'Eucalyptus pousse incroyablement vite, mais celte croissance dure longtemps, car il s'élève jusqu'à 100 mètres de hauteur, c'està-dire plus haut que la plupart des arbres connus, sauf le Séquoia gigantea de Californie. Un Eucalyptus, mesuré dans son pays natal et portant 100 mètres de haut, avait 27 mètres de circonférence ' au niveau du sol, 19'n,50 à 1«»,50 et T^jBO à 6^,30 de hauteur. Encore doit-on remarquer que le Glohulus n'est pas , de toutes les espèces, celle qui atteint la plus grande élévation.
Un Eucalyptus 'Karri {Eucalyptus colossia), mesuré par M. Pemberton Walcott dans un vallon de l'Australie orientale, s'élève à une hauteur de 400 pieds (121ro,91); quatre hommes à cheval peuvent entrer dans l'intérieur du tronc et s'y mouvoir facilement. M. Boyle a mesuré un Eucalyptus amygdalina qu'il avait abattu dans une des gorges profondes des montagnes de Dandenong, et lui a trouvé une longueur de 420 pieds (128 mètres) sur une grosseur proportionnelle.
Ajoutons encore quelques renseignements également curieux pour l'avenir de nos plantations algériennes. Un arbre de la dernière espèce a présenté les dimensions suivantes : *
Longueur du tronc depuis la base jusqu'à la première branche 205 p. (62" ,09)
Diamètre du tronc à hauteur de -cette branche 4 p. (12n»,00)
Longueur du tronc de cette branche à l'endroit où le sommet de Varbre était cassé 70 p. (Sl^OO)
Diamètre du tronc à cette extrémité 3 p. ( 00™,91 )
Pourtour du tronc à 3 pieds du sol .' Mp. (42in,00)
Longueur totale du tronc de la base à la fracture 365 p. (441n>,00)
Deux autres de même espèce {Eucalyptus amygdalina)y mesurés à 4 pieds du sol, ont donné une circonférence l'un de 53 pieds (16™), l'autre de 81 pieds (24'»). Vers les sources du Yarra et du Latrobe, plusieurs atteignent une hauteur de 500 pieds (152™) ! G'est-à-dire, pour donner un exemple frappant de ces dimensions extraordinaires, que leur cime ombragerait le sommet du clocher le plus élevé du monde, celui de la cathédrale de Strasbourg, et dépasserait en élévation la pyramide de Chéops I
Ce n'est pas tout encore : la feuille de ce bel arbre contient en abondance une essence térébenthineuse, analogue cependant au camphre des Laurissées, ou camphre de Bornéo; cette essence est liquide, elle bout à +1750, dévie la lumière à droite , et dissout le copal tendre et le caoutchouc plus aisément que le
sulfure de carbone , ainsi qu'il résulte des travaux de M. Cloez. La feuille fraîche contient 2 1/2 o/o de son poids de celte résine, et comme elle ne s'évapore que très-difficilement, on en trouve jusqu'à 6 Yo dans la feuille sèche.
En Australie, on attribue l'absence de /îèvres intermittentes à l'abondance des Eucalyptus qui composent les 8/40«s du peuplement de ces curieuses forêts sans ombre qui n'ont d'analogues dans aucune autre partie de la terre, associés aux Gommiers, Acacias et Mimosas, dont le feuillage découpé et surdécoupé ne porte point d'ombre; l'Eucalyptus, doué d'une belle feuille luisante analogue à celle du Laurier d'Apollon, mais moins raide, n'en donne pas non plus, parce que sa feuille, loin d'être horizontale, se présente par sa tranche au soleil! Aussi le sol des forêts australiennes est-il couvert de hautes herbes comme celui des clairières de nos bois : il ne faudra donc pas rêver l'ombre sous les avenues et les massifs d'un Eucalyptus, que nous recommandons de planter dans nos départements du Midi.
V Eucalyptus marginata fournit un bois qui n'est attaqué par aucun insecte, pas même par les Tarets : ce qui s'explique par l'odeur du camphre qu'il renferme. V Eucalyptus gigantea donne, en abondance, une écorce filandreuse qui se blanchit facilement et produit un très-beau papier, etc.
appendice; 205
Malheureusement, sous le climat de Paris, les Eucalyptus ne viennent pas en pleine terre et gèlent presque tous lés hivers : il ne peuvent donc y être employés que comme arbres d'ornement, en Orangerie. Le Roussillon, la Provence, le Languedoc, peut-être même les côtes delà Bretagne lui seront favorables; cependant en ces dernières localités, les gelées, quoique faibles, lui sont encore fatales. Cet arbre supporterait et a supporté dans le Midi plusieurs degrés au-dessous de zéro, mais ce qu'il ne lui faut pas, ce sont des gels et des dégels subits.
La Compagnie algérienne seule a planté dans ces derniers temps plus de 20000 Eucalyptus qui réussissent à merveille ; aujourd'hui l'introduction de cet arbre dans notre colonie est un fait accompli, et, dans un avenir très-prochain, l'acclimatation africaine de cet arbre changera la face du pays. Et ici, quoique ce ne soit point notre sujet proprement dit, nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer que, dans plusieurs districts d'Australie, ces arbres ont été coupés avec une espèce de rage, une imprévoyance indigne du siècle dans lequel nous vivons. Ainsi, tandis que TEucalyptus venait reboiser noire Algérie déboisée, dans son pays même, l'Eucalyptus détruit disparaissait! ! . .
Quel a été le résultat de ce vandalisme? La quantité d'eau annuelle a graduellement diminué, et, de
37 pouces d'eau en 1863, elle est descendue à 17 en 1868, et celte rareté va croissant. En 1869 pendant le premier semestre, celui des grandes pluies, il n'est tombé que 11 pouces : on n'atteindra plus le maximum déjà si faible de Tannée précédente I Et maintenant que font les colons? Hélas ! ils. repeuplent ! Ils refont à grands frais ce qu'ils ont défait par gaspillage ! Mais pour revenir au point de départ, que de temps! que de dépenses! que de soins! Victoria était tellement affectée par le manque de pluie, qu'elle vient de créer toute une administration des forêts. Il est bien temps!...
Si maintenant nous rentrons dans nos jardins anglais et dans nos parterres, nous allons rencontrer des ennemis nouveaux... qui sont toujours les mêmes ! La multitude d'espèces similaires que la nature a créées dans le même but est toujours un sujet d'étonnementetd'admiralionpourl'observateur.Nous parcourions le monde entier que, partout, nous rencontrerions les mêmes tribus attachées aux mêmes emplois : sinon la même tribu, au moins des tribus analogues, car nous en connaissons de très-différentes comme famille, mais dont les attributs, les membres et les organes se plient en quelque sorte et se modifient pour remplir leurs fonctions spéciales !
Les papillons diurnes eux-mêmes se montrent ennemis de nos végétaux de plantations et d'orne-
ment: ainsi les ormes, les saules, aussi bien que les cerisiers et les pommiers voient leurs feuilles ravagées par les chenilles de la Vanesse polvchlore (Vanessa pobjchloros, Lin.), ou Grande tortue, ce beau papillon recherché de tous nos jeunes col-
Flg, iOï. — pystLE TBRTB {TenHx FirMaiia, Un.)
lectionneurs. Ces chenilles vivent en famille sous une tente de soie jusqu'à leur première mue, après quoi elles se dispersent. Elles sont épineuses. Les plantations de peupliers et de saules en avenues sont encore gravement atteintes par la Che-
NiLLE DU Bombyx du saule {Lvparis salicis), que GeoiDfroy appelle Vapparent, qui dépouille entièrement ces arbres de leurs feuilles et les fait ainsi beaucoup souffrir.
En juillet, la femelle dépose sur le tronc de ces arbres ses œufs très -nombreux en rosace recouverte d'une sorte d'enduit blanc, luisant, comme écumeux, qui les protège pour l'hiver. Au printemps, à la fin d'avril, les chenilles naissent et se dispersent sur l'arbre. Cette chenille est très-reconnaissable à une chaîne interrompue jaune, accompagnée de taches rondes presque de même couleur, qui lui court le long du dos : elle est poilue. Là Chrysalide, qui s'enfonce dans un cocon soyeux , entre des feuilles liées ou dans les fissures de l'écorôe, est noire avec des bouquets de poils jaunes.
Le papillon est blanc satiné, avec des pattes annelées de noir: il parait en juillet.
Le seul remède est d'enlever au racloir les taches d'œufs en hiver : on les voit assez bien.
Nous aurions encore à signaler, pour des arbres isolés et en avenues, les ravages de la processionnaire, mais nous pouvons nous contenter de renvoyer page 169 ci-dessus.
Dans le midi de la France, une autre processionnaire, le Bombyx pityocampe, est un fléau pour les avenues et les plantations de pin maritime, sylvestre
et d'Alep. Ces chenilles tissent sur les branches de longs nids de soie blanche en cônes où elle^ se retirent. Elles ont les mêmes mœurs que les processionnaires du chêne. On pourra les attaquer par les mêmes moyens.
En certaines années , on constata de très-grands ravages faits dans les parcs et les bois par la Pyrale VERTE (Toririx viridana, Lin.) (fig. 102), en attaquant les feuilles de la plupart des arbres, les roulant, les dévorant. Vers la fin dé mai l'insecte parfait, le petit papillon, apparaît : il a lés ailes vertes à bord blanc, les secondes grises blanchâtres, frangées de blanc.
La chenille est verte, aussi pointillée de petites verrues noires poilues : tout va vite chez cet insecte, il est né avec les premières feuilles, en avril ; à la fin de mai on voit la chenille pondre au bout d'un long fil de soie ; elle enroule une feuille, s'y renferme et s'y métamorphose. Quelques jours après, le papillon paraît : la ponte a lieu en juin, et les œufs passent l'hiver collés aux environs des bourgeons.
Dans nos pays, beaucoup de parasites ichneumonides vivent aux dépens de cette espèce, et cela est fort heureux, car nous rie voyons guère de moyen pour les poursuivre, les œufs étant disséminés.
La Pyrale blanc de céruse {Tortrix cerusand^ Dup.) attaque aussi les ormes des avenues et plantations.
Les rosiers ont un ennemi très-fréquent dans la Pyraledes roses {Tortrix rosana^ Hub.) qui infeste souvent les jardins.
Citons encore parmi les ennemis du rosier le Cynips du rosier {Cynips rosœ) , nuisible surtout aux églantiers. L'insecte parfait, qui a environ cinq millimètres, est noir, avec les pattes et l'abdomen d'un jaune roussâtre. A la fin du printemps la femelle pond une dizaine d'œufs et les dépose dans une petite entaille qu'elle fait aux rameaux des rosiers. Cette piqûre produit une galle de forme ronde ou un peu irrégulière composée d'^un nombre infini de filaments qui la font ressembler à un corps mousseux et cbevelu. Cette galle, appelée autrefois Bédéguar, prend à l'arrière-saisôn une couleur verte mélangée de rouge et de jaune. Le moyen de se défaire de ce Cynips est d'arracher, vers le mois d'octobre, ces galles mousseuses et de les brûler ensuite pour anéantir le Cynips dans sa demeure.
Au printemps sortent de ces galles deux mouches fort différentes. L'une, ornée de couleurs métalliques brillantes, avait été introduite par sa mère parmi les larves des Cynips, et tout porte à croire maintenant que cette mouche, qui est une Chalcidite, est un véritable brigand au milieu des
Cynips.
La Tenthrêde des rosiers {Tenthredo rosarum,
Fab.) (flg.i03) cause de grands dégâts parmi les rosiers. C'est une mouche à quatre ailes dont le corps est d'un jaune ferrugineux, avec les antennes, la tête, le dos et la poilj^ne d'un brun noir; sa longueur est d'environ 8 millimètres. Lorsque la femelle est fécondée, elle perce un trou dans l'écorceau moyen de sa tarière, puis elle fait une petite entaille et y dépose
Ftg. 103. — tentebEdb ses soSiees (TcnlliTiilo nxarwn, F«br.)
un œuf enduit d'une liqueur mousseuse âcrè ; et recommence le même manège de huit à qutnze^fois selon le nombre de ses œufs. Il est à remarquer que cette Tenthrède ne travaille que le matin après le lever du| soleil, puis elle disparait vers les 10 ou 11 heures, pour revenir sur les 5 heures. Les œufe éclosent au bout de huit à dix jours.
Les larves ont dix-huit pattes, leur tête est jaune avec les yeux noirs ; le corps est d'un jaune plus ou moins foncé sur le dos, vert ou d'un vert jaunâtre sur les côtés, blanchâtre en dessous; en outre, il est parsemé de petits points noirs tuberculeux luisants, d'où partent de petits poils. Ces larves croissent rapidement. Un mois leur suffit pour prendre tout leur développement; alors, elles quittent les feuilles et s'enfoncent en terre. Là elles se construisent une double coque d'un tissu solide et résistant, y restent vingt-huit à trente jours et se changent en nymphes. L'insecte parfait éclôt en août.
Cette Tenthrède attaque presque tous lès rosiers ou églantiers ; quelques-uns cependant, d'origine exotique comme les thés, les Bengales, sont moins exposés que les autres.
Une petite Chalcidite aide les oiseaux et les guêpes à détruire les larves de la Tenthrède du rosier, mais il en reste malheureusement toujours trop.
Un peu plus petite que la Tenthrède des rosiers dont nous venons de parler, et entièrement noire, la Tenthrède mFFoms.E{Tenthredo (ii/formis,Panzer), est moins commune qu'elle; ses pattes sont blanches. La femelle fait, à la nervure médiane au-dessous des feuilles, une ou plusieurs entailles, dans chacune desquelles elle dépose un œuf. Huit ou dix jours suf-
fîsent à l'éclosion des œufs. Une fois nées, les larves grandissent rapidement et ont une certaine ressemblance avec les chenilles ; elles diffèrent cependant de ces dernières en ce qu'elles ont vingt-quatre pattes et que leur tète pourvue d'yeux est arrondie 'Comme un bouton. Leur tête est rousse et leur corps vert tendre, ce qui les fait confondre avec les feuilles. On remarque sur leurs côtés une série de points élevés garnis chacun de quelques poils grisâtres. L'insecte parfait éclôt en août.
Le seul remède à peu près qui existe pour détruire cette Tenthrède est de couper, à la fin de mai, les feuilles où les larves se tiennent et de les brûler.
Encore une ennemie des rosiers, quoique moins terrible que celles dont nous avons parlé, la Tenthrède ZONÉE {Tetithredo zonata^ Klug), est encore à redouter. La mouche, longue de 7 à 8 millimètres, a le corps noir, avec la base des antennes jaunes; le premier, le quatrième et le cinquième segment de l'abdomen ont le bord d'un jaune brillant; les derniers anneaux sont de même couleur, les pattes aussi, mais plus pâles. La larve a vingt-deux pattes, elle est vert grisâtre, avec la tète rousse et les yeux noirs. Lorsqu'elle est arrivée à sa grosseur, elle se laisse tomber, et avec un mélange de terre et de salive elle se fait une coque.
La Tenthrède de la centfeuille (Tenthredo
centifoliœj Panzer) cause de grands ravages aux rosiers dans certaines parties de TÂllemagne ; elle est peu à redouter en France. La mouche a 8 millimètres de long, et est d^un jaune orangé. L'extrémité des jambes, les côtés et la partie antérieure du corselet ains^^{ue la tète et les antennes sont noirs> La larve a vingt pattes; elle est d'une couleur vert sale, avec une raie dorsale chagrinée et foncée ; cette raie s'efface au moment de la métamorphose. Pour se chrysalider, la larve entre en terre et l'insecte apparaît en juin, puis en septembre.
Il existe encore une autre espèce de Tenthrède, qui est assez rare chez nous, c'est la Tenthrède a CEINTURE ROUSSE (Tetithredo rufocincta^ Klug), La mouche, longue de 8 millimètres environ, est noire avec les jambes et les tarses d'un jaune rougeâtre; l'abdomen, couvrant en partie le quatrième et le cinquième segment, est marqué d'un anneau rouge. La larve a vingt-deux pattes. Elle est vert pâle; sa tète est rousse et son corps parsemé de petites verrues blanches.
La Tenthrède a ceinture {Tenthredo cincta, Lin.) diffère beaucoup, par les mœurs de sa larve, de toutes les autres espèces que nous avons énumérées. En effet, cette larve vit dans l'intérieur des tiges du rosier et en ronge le canal médullaire. Son dos est vert obscur avec les côtés grisâtres; sa tète
est fortement pointillée. Lorsque le moment est venu, la larve se renferme dans une coque ovale formée de soie blanche.
La mouche est longue de 9 à 10 millimètres, noire, avec les pattes ferrugineuses et Tabdomen marqué d'une ceinture blanche.
Pour détruire cette espèce assez commune, il faut, avant la fin de mai, prendre soin de couper toutes les pousses de rosier qui commencent à se flétrir, au-dessous des feuilles malades, et les brûler.
La Tenthrède de la rose {Tenthredo rosœ^ Lin.) est plus petite que THylotome des rosiers, avec lequel on la confond souvent; elle n'a que 7 millimètres environ. Elle est d'une couleur ferrugineuse, avecles antennes et le dessus du corselet noirs, ainsi que l'extrémité des jambes.
La femelle dépose ses œufs dans une petite entaille qu'elle fait à la nervure médiane des feuilles. La larve a vingt- deux pattes; elle est, en-dessus, d'un vert obscur, plus clair sur les côtés et sur le ventre, sa tête est rousse. Lorsqu'elle est arrivée au terme de croissance, elle s'enfonce en terre et s'y construit une petite coque. La mouche se montre en mai. La larve ne touche pas aux feuilles, elle se contente de ronger le parenchyme et laisse les nervures et un côté de l'épiderme complètement intacts.
Signalons enfin la Tenthrède noire {Tenthredo œthiopSy Fab.) (fig. 104), dont la larve s'attache à la
face supérieure des feuilles du rosier. Il est assez difficile de distinguer cette larve, car sa couleur est la même que celle de la feuille après qu'elle a été rongée. En effet, la larve est d'un vert jaunâtre assez pâle, avec une ligne plus foncée sur le dos; sa tête est d'un jaune orangé avec deux taches
Fig. 104. — TENTHRÈDE KOIEE
{Tenûtredo œthiops, Fabr.)
Fig. 106—106. ~ KERMÈS Dtr ROSlElî, grand, nat. et grossi.
noires de chaque côté, et lorsque la feuille est rongée, elle prend une couleurjaune-hrun pâle, comme
si elle eûl été brûlée par le soleil ; mais il faut remarquer que la face supérieure seule est rongée; Ja face inférieure est toujours intacte.
Arrivée à son plus haut degré de croissance, la larve s'enfonce en terre, s'y construit une coque dans laquelle elle passe l'automne et l'hiver pour éclore au printemps.
Fîg. t07 et 108. — PUCEKON DU ROSIER.
L'insecte parfait est d'un noir brillant, avec les ailes enfumées, ses cuisses sont noires et les pattes d'un fanve clair.
Nous né pouvons oublier le Kermès du Rosier qui épuise les jeunes pousses (fig. 105), et enfin le Puce-