‹ Les rayons cathodiquesChapitre 28 sur 54 · DU' FUSION DES HAYONS CATHODIQUES · texte numérisé non relu

DU' FUSION DES HAYONS CATHODIQUES

On peut rattacher à cette propriété le phénomène découvert par M. Gouy (^), de la pénétration des particules cathodiques dans le verre des ampoules. En chauffant celui-ci on le voit se dépolir légèrement, et si on examine ce dépoli au microscope on voit qu'il est produit par une multitude de bulles gazeuses très fines qui se réunissent les unes aux autres par l'action de la chaleur et qui deviennent ainsi de plus en plus visibles.

Diffusion des rayons cathodiques. — Les rayons cathodiques ne subissent pas la réflexion régulière sur les obstacles qu'ils rencontrent, ils se diffusent (Goldstein) (^) et chaque obstacle rencontré, qu'il soit ou non fluorescent (mica, par exemple) émet dans toutes les directions de nouveaux rayons cathodiques qui paraissent peu différents des premiers : en particulier ils sont comme eux déviables par un aimant.

Cette diffusion n'est pas un phénomène d'émission résultant d'une électrisation de l'objet, car cet objet peut être l'anode. Les tubes dits focus, employés en radiographie, et dans lesquels la lame anticathodique est anode, rendent tout à fait manifeste ce phénomène de diffusion ; toute la partie de l'ampoule située par rapport à la lame focus du même côté que la cathode devient fortement fluorescente. Autrement, dit-il, il y a émission de rayons suivant toutes les directions comprises dans un hémisphère ayant la lame pour plan dia- Fi g-. 27.

métrai ('^).

L'intensité est maxima dans la direction de la réflexiourégulière ('').

Ces rayons diffusés paraissent identiques aux rayons directs : ils transportent des charges négatives, se diffusent à nouveau

(ij Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. GXXII,p.775.

(2) Wied. Ann., t. XV, p. 24G (1882), Monostber. der Akad. derWissen. zii Berlin, 1881 p. 775. — Wied. Ann., t. LXVII, p. 84 (1899). — Philos, Mag., 5« série, t. X (1880); t. XIV (1882); t. XV (1882).

(3) Starke [Wied. Ann., i. LXVI, p. 49, 1898) a trouvé que les divers métaux ont des pouvoirs diffusants, proportionnels à leur densité.

(4) SwiNTON. Proceed. of Roy . Soc. of London, t. LXÏV, p. 377 (1899).

rjG phénomÈxes divers

sur une lame comme les premiers (fig. -27) et produisent des rayons X quand ils rencontrent un obstacle (^).

Enfin leur vitesse de propagation serait égale à celle des rayons directs (^).

Réflexion et réfraction apparentes (^). — Si un faisceau de rayons cathodiques un peu intense, tel qu'on l'obtient avec une cathode concave, arrive sur une lame isolante ou conductrice, mais non reliée à l'anode, un faisceau secondaire (avec espace obscur, d'après une très juste remarque de M. J. Perrin) se forme sur la région étroite frappée, et seulement sur celle-là, quelle que soit la position qu'on lui donne sur la lame. Cette émission nouvelle par pseudo-réflexion est toujours normale à la lame. Si la cathode principale est rapprochée, elle repousse ce faisceau (fig. '28). L'emploi de verre peu fluorescent est nécessaire pour permettre une observation facile du phénomène.

Si la lame est métallique et très mince (lame de magnésium de o^""',o'2) un faisceau très diffus part de la face postérieure de la lame, à l'endroit où celle-ci est frappée par le faisceau principal, et normalement à la lame.

M. Battelli ('*) a reconnu que les rayons ainsi émis par la face postérieure d'une lame mince ont les mêmes propriétés que les rayons directs.

¥Ur ^8.

Evaporation électrique. — L'émission cathodique est souvent accompagnée d'un phénomène encore très mal connu, auquel M. Crookes (^) a donné le nom d'évaporation électrique. Des particules métalliques sont arrachées à la cathode et vont se

(i) ViLLARD. Comptes rendus, t. GXXVII, p. 223 (1898).

(2) Merritt. Pysical Reuieiv, t. YII, p. 217 (1898).

(3) ViLLARD. Soc. de physique (2 avril 1897).

(4) Philos. Mag., 5e s., t. XLV, p. i63 (1898).

(5) Proceed. Roy. Soc., t. L, p. 88 (1891).

EVAPOHATION ELECTIUQLE 77

déposer sur les parois de l'ampoule et les corps avoisinant la cathode. La plupart des métaux se pulvérisent ainsi et vont former sur les parois des couches continues miroitantes. Le phénomène est très marqué avec l'or, l'argent, le plomb, le platine. Par contre, le magnésium, malgré sa volatilité, et Taluminium ne produisent pas en général de dépôt. Ajoutons immédiatement qu'il n'en est ainsi que dans les conditions ordinaires. En effet une cathode en aluminium placée dans un tube renfermant de l'argon raréfié pur se pulvérise avec une intensité telle qu'en une demi-heure on peut transporter sur la paroi un ou deux décigrammes de métal.

M. Puluj (*) avait basé sur ce phénomène l'hypothèse de l'électrode matérielle radiante : il admettait que les particules négatives dont le mouvement constitue les rayons cathodiques provenaient de la cathode elle-même. Cette hypothèse était acceptable à l'époque où on considérait les rayons comme émis par toute la cathode. M. Grookes a d'ailleurs démontré que les phénomènes cathodiques sont tout à fait indépendants de la nature des électrodes et que les particules métalliques ne suivent nullement le rayonnement :

Dans une ampoule munie de deux cathodes, l'une en argent, l'autre en aluminium, les phénomènes de fluorescence sont exactement les mêmes en face des deux cathodes. Si on dispose, au-devant d'une cathode en argent, un petit écran en mica percé d'un trou pour laisser passer les rayons, le métal se dépose sur l'écran, et on ne peut en trouver trace à l'extrémité opposée de l'appareil, où se produit la tache fluorescente.

Pour mieux établir encore que le rôle de l'électrode métallique est simplement électrique, jNI. Grookes a reproduit la plupart de ses expériences avec des ampoules dont les électrodes étaient faites de disques en papier d'étain, ou d'argent déposé chimiquement, placées sur la surface extérieure du verre. C'est alors par influence que passe la décharge de la bobine d'induction (fig. 29). Dans ces expériences il n'y a pas transport de parcelles de verre, car une couche d'yttria déposée sur la paroi anticathodique d'une ampoule de cristal conserve sa fluores-

(i) Chemical C.-Blatt., p. J93 (1881). Journal de Phys., 2« s., t. 1,

Page 1