II
Le phénomène de resserrement progressif que présente le faisceau cathodique a été entrevu par Hittorf et par M. Grookes.
(1) Wied. Annalen, t. LXV, p. 5ii ([^
LE FAISCEAU CATHODIQUE 2]
Ce dernier auteur signale également l'allongement du cône cathodique aux basses pressions. Il est assez singulier qu'un phénomène aussi important, et déjà signalé, ait passé ensuite complètement inaperçu pendant un grand nombre d'années.
Indépendamment du faisceau principal dont la description précède, des rayons cathodiques sont émis en petit nombre par la totalité de la cathode et déterminent une illumination générale du verre des ampoules, au moins quand la raréfaction est très avancée.
Fig.
L'expérience décrite précédemment est assez semblable à l'une de celles qu'avait imaginées M. Crookes pour montrer que la matière radiante se propage en ligne droite. La figure 4 empruntée à son mémoire représente deux ampoules semblables, l'une épuisée seulement à la pression de quelques millimètres de mercure, l'autre à un millionième d'atmosphère environ. Dans la première, la décharge (presque réduite à la lumière positive) suit une ligne qui relie les deux électrodes en activité. Dans la seconde on observe une tache fluorescente invariablement située en face de la cathode, en F. Guidé par l'hypothèse, d'ailleurs fondée, que l'émission se fcÂt normalement à la cathode, M. Crookes concluait de l'observation de la tache fluorescente que les rayons cathodiques émis par toute la cathode se croisaient au centre de courbure de celle-ci, comme le montre la ligure. On a vu que les choses ne se passent
ainsi qu'à des pressions relativement fortes {-^ ou --^ de millimètre) et le verre n'est pas alors fluorescent.
2 4 L EMISSION CATHODIQUE
M. Golclstein fut le premier à signaler que l'étendue de la tache fluorescente dépend de la pression (^) et en conclut que l'émission n'est pas normale à la cathode. On verra au chapitre XIV que l'émission est bien normale, mais que les rayons suivent près de la cathode une trajectoire curviligne. La photographie d'un faisceau cathodique suffît pour s'en convaincre.
(i) Monatsberichte (Acad. de Berlin, janvier 1880). Philos, juaf^azinc, 5® série, t. X, p. 173 et 234 (1880). Journal de pliysique, i^o série, t. X, p. 53i.