‹ Les rayons du Nord [microforme]Chapitre 27 sur 56 · AU DOCTEUR A. LOIR · texte numérisé non relu

AU DOCTEUR A. LOIR

Neveu de Pasteur

Français à l'âme aussi croyante que hardie, Tentés par l'inconnu de flots inexplorés

Qui ne réfléchissaient encor que l'incendie Flamboyant sur l’azur des grands arcs éthérés, Vos pères les premiers dans le sol de nos prés Vinrent jeter le bon froment de Normandie.

Ce froment sans ivraie aux rayons de l'été Mûrit, le long d'un fleuve au rivage féerique, Et nourrit de ses grains lourds de virilité Gonflés de la verdeur de la jeune Amérique, Un peuple adolescent à la trempe homérique, Assoiffé d'aventure, ivre de liberté.

Mais, hélas! un essaim envieux et vorace

S'abattit sur le blé semé par les Normands,

Ravit la moisson d'or que des preux, fous d'audace, Défendaient dans l'horreur de tous les dénûments, Et qui faisait naguère en ses rayonnements

Prévoir l'éblouissant avenir d'une race.

Vos immortels aïeux, en dépit de ce vol,

Qui changeaïit le destin de la Nouvelle-France,

Où le vieux drapeau blanc allait ployer son vol, Gardèrent dans leur cœur des lambeaux d'espérance, Et, des épis sauvés de ce désastre immense,

Surent ensemencer à nouveau notre sol.

Ils surent défricher encor vallons et landes Sous les libres couleurs de la fière Albion Etendant sur leur-front ses ailes toutes grandes ;

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