LA COUPE DU SOLEIL
Au poète ACHILLE Paysan
Pour le soleil la terre est une coupe immense
Qui tourne autour de lui Sans heurt et sans eftort. Chaque matin, à l'heure où sa course commence, Du vin de la lumière il l'emplit jusqu'au bord,
A l'horizon, le soir, il boit l’ardent fluide
Qui déroule ses flots sur la création:
Il le boit à longs traits, comme le prêtre vide Le radieux calice à la Communion.
L'éternel éclaireur épuise la lumière
Dont les ondes doraient des cieux l'immensité ; Puis, fermant lentement sa sanglante paupière, Il plonge dans la nuit le vase illimité.
Sur ce vase il étend l'ombre comme une moire Où s'allume l'éclair de la lampe d’Endor :
Tel le lévite aussi recoun re le ciboire
D'un voile parsemé d’une floraison d'or.