COMME NOS PÈRES
Combattirent durant cent ans.
Ils moissonnèrent une gloire Qui fait tlamboyer notre histoire, Et Sainte-Foye et Carillon Reflètent le plus pur rayon Qui brille au front de la Victoire.
Comme eux, pleins de mâle fierté, etc..
Hélas ! vaincus par la famine, Mais encore étonnants d'orgueil, Les fils de la terre divine Durent sur des murs en ruine Abaisser leurs drapeaux en deuil.
Ils restèrent forts dans l'épreuve, Et, brûlants d'ardeur toujours neuve, Loyaux à la vieille Albio.i, Marquèrent d'un large sillon Les rives de notre grand fleuve.
Comme eux, pleins de mâle fierté, etc.
De ces lutteurs d'une autre France, Aussi fervents que valeureux, Nous avons gardé la constance, Et, vibrants de leur espérance,
Nous saurons triompher comme eux.
Leurs croyances sont nos cuirasses, Et sur nos bords, parmi les races A qui Dieu voulut nous unir, Resplendira notre avenir, Si nous suivons toujours leurs traces,
Comme eux, pleins de mâle fierté, etc.
DM f ITC
Le peuple canadien avec orgueil déploie Des milliers de drapeaux radieux dans les airs ; A tous les mâts l'éclat des trois couleurs ondoie. Les ateliers sont clos et les cœurs sont ouverts,
Les toits sont festonnés partout de rameaux verts: A chaque boutonnière une feuille chatoie ; Et la brise de juin, qui soufHe des déserts, Promène les échos de cent clameurs de joie.
Ce soir la foule, émue, agitant des flambeaux, Pour louer des aïeux la sublime vaillance, Redira les refrains les plus fiers, les plus beaux.
Et les vieux héros morts pour la Nouvelle-France, Entendant célébrer leurgloire, en leurs tombeaux Frémiront d'allégresse et de reconnaissance.
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A LA I^ESSC D€ raiMUIT
A Louis-J. Mercier
Ecoutons ! écoulons !... l'airainvibre... — A l'exemple Des pasteursqui laissaient leurs troupeaux pour venir Adorer un Sauveur incarnant l'Avenir, Désertons nos foyers et marchons vers le temple.
Bercés du rythme lent de quelque vieux noël, Devant l'autel auguste, où flambent mille cierges. Prions, hommes, enfants, prions, mères et vierges, Tous ensemble disons, à genoux, l'œil au ciel :
34 DIKU ET PATRIE
— Comme vous êtes né, Jésus, dans une étable, Près d'un âne et d'un bœuf engourdis par l'hiver, Comme l'accueil obscur des souffrants vous est cher, Descendez vous asseoir demain à notre table.
Mais pour vous recevoir, hélas ! nous n'avons pas
L'humilité des vieux pâtres de l'Evangile ;
Et, tel de Bethléem le pitoyable asile,
Nos toits sont tout glacés et tout blancs de frimas.
Nous ne pouvons, non plus, vous offrir, à cette heure, Dans des coffrets d'émail, l'encens, la myrrhe et l'or Qu'à vos pieds déposa le roi mage Melchior ; Et notre pauvreté tremble, soupire et pleure.
Nos vils penchants aussi nous font un triste lot. D'impurs désirs la boue en nous séjourne et sèche, Et nos cœurs sont plus durs et plusfroidsque la crèche D'où monta dans la nuit votre premier sanglot.
Oui, notre âme a traîné son aile dans les fanges, Oui, notre âme est transie au vent de la douleur : il n'y reste pas même un peu de la chaleur De rânc qui soufflait par moments sur vos langes.