‹ Les rayons et les ombresChapitre 52 sur 54 · LES 1AY0II8 ET LES 0IIBRB · texte numérisé non relu

LES 1AY0II8 ET LES 0IIBRB

Un mendiant a«tis à côté d^une gerbe ; Un oiseau qui regarda une mouche dans Therhe ; Les vieux livres du quai, feuilletés par le vent, D*où Tesprit des anciens, subtil, libre et vivant, $*envole, et, souffle errant, se mêle à tes pensées; La contemplation de ces femmes froissées Qui vivent dans les pleurs comme Talgue dans Veau ; L*homme, ce spectateur; le monde, ce tableau; Que cet ensemble auguste où Tinsensé se blase Tourne de plus en plus ta vie et ton extase Vers rœil mystérieux qui nous regarde tous? Invisible veilleur! témoin intime et doux!

Principe! but! milieu! clarté! chaleur! dictame! Secret de toute chose entrevu par toute âme!

» N*allume aucun enfer au tison d*aucun feu.

N*aggrave aucun fardeau. Démontre Tâme et Dieu, L'impérissable esprit, la tombe irrévocable; Et rends douce à nos fronts, que souvent elle accable. La grande main qui grave en signes immortels Jamais ! sur les tombeaux ; toujours ! sur les autels. »

La troisième voix dit : — « Aimer? haïr? quMmporte!

Qu*on chante ou qu'on maudisse, et qu'on entre ou qu'on

Le mal, le bien,la mort,les vices, les faux-dieux, [sorte.

Qu'est-ce que tout cela fait au ciel radieux?

La végétation, vivante, aveugle et sombre.

En couvre-t*elle moins de feuillages sans nombre.

D'arbres et de lichens, d'herbe et de goémons.

Les prés, les champs, les eaux, les rochers et les monts ?

L'onde est-elle moins bleue et le bois moins sonore?

L'air promène-t-il moins, dans l'ombre et dans l'aurore,

Sur.les clairs horizons, sur les flots décevants.

QVARANTE-Qt'ATRIÈME. 177

Ces nuages heureux qui vont aux quatre vents? Le soleil qui sourit aux fleurs dans les campagnes. Aux rois dans les palais, aux forçats dans les bagnes, Perd-il, dans la sptendeur dont il est revêtu, Un rayon quand la terre oublie une vertu ?

Non, Pan n*a pas besoin qu'on le prie et qu*on Taime. sagesse î esprit pur I sérénité suprême !

Zeusî Irmensulî Wishnou! Jupiter! Jéhova! Dieu que cherchait Socrate et que Jésus trouva ! Unique Dieu ! vrai Dieu ! seul mystère ! seule âme! Toi qui, laissant tomber ce que la mort réclame, Fis les cieux infinis pour les temps éternels ! Toi, qui mis dans Télher plein de bruits solennels, Tente dont ton haleine émeut les sombres toiles, Des millions d'oiseaux, des millions d'étoiles ! Que te font, ô Très-Haut! les hommes insensés. Vers la nuit au hasard Tun par l'autre poussés. Fantômes dont jamais tes yeux ne se souviennent, Devant ta face immense ombres qui vont et viennent!»

Dans ma retraite obscure où, sous un rideau vert. Luit comme un œil ami maint vieux livre entr'ouvert. Où ma Bible sourit dans l'ombre à mon Virgile, J'écoute ces trois voix. Si mon cerveau fragile S'étonne^ je persiste; et, sans peur, sans efiProi, Je les laisse accomplir ce qu'elles font en moi. Car les hommes, troublés de ces métamorphoses. Composent leur sagesse avec trop peu de choses. Tous ont la déraison de voir la Vérité Chacun de sa fenêtre et rien que d'un côté,

Se

Sans qu*aucun d*eux, tenté par ce rocher sublime, Aille en faire le tour et monter sur sa cime.

Et de ce triple aspect des choses d*ict-bas, De ce triple conseil que Thomme n^entend pas, Pour mon cœur où Dieu yit, où la haine s*émou8se. Sort une bienTeillance universelle et douce 4}ui dore comme une aube et d'avance attendrit Le vers qu'à moitié fait j'emporte en mon esprit Pour l'achever aux champs avec l'odeur des plaines Et l'ombre du nuage et le bruit des fontaines !

Avril 1840.

^able.

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