‹ Les Réalisations Pratiques de l'Hygiène MentaleChapitre 3 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au moment où nous terminons, non pas nos études médicales — nous comprenons mieux que jamais combien la vie tout entière du médecin doit être faite d’études et d’observations incessantes —mais la période consacrée officiellement à parcourir sous l'égide de maitres éclairés, les diverses branches de la médecine, nous voulons nous arrêter à une pensée qui nous est venue souvent, jusqu'ici, en considérant notre rôle et ceux à qui il est utile.

Appelés à éloigner par tous les moyens possibles les maux qui frappent nos semblables, el mieux encore, quand faire se peut, à les en préserver nous

trouvons, dans cette lutte contre le mal un élément

de Ja plus grande importance: le psychisme de l’in-

dividu.

A côté des phénomènes somatiques constitués chez les malades — par dessus eux la plupart du temps — se trouvent des facteurs prépondérants sans lesquels il aurait été facile d’agir à un certain

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moment, mais qui, laissés à eux-mêmes, ont pu provoquer des désordres contre lesquels nous restons souvent mal armés. :

Les maladies issues d'intoxication professionnelle entraient autrefois dans ce cadre: on se bornait alors

à soigner les saturnins ou autres victimes du travail,

mais le grand pas n’a été fait contre ces maux que

le jour où des dispositions d'hygiène ont pu être apportées — voire imposées — aux aieliers et aux “usines.

Les maladies infectieuses parasitaires n’ont été, de même, combattues d’une facon vraiment efficace que le jour où leur cause, enfin identifiée, a pu être attaquée ét vaincue. Il a fallu découvrir le rôle de l’anophèle dans le paludisme pour pouvoir arrêter par des mesures matérielles la propagation de l’hématozoaire ; la protection mécanique contre les moustiques, la dessication des étangs, ou simplement l’assainissement des eaux stagnantes sui incomparablement plus fait contre le paludisme que ies effets merveilleux de la quinine elle-même ; de même que les prescriptions imposées aux usines de céruse ou autres produits ont mieux servi les travailleurs que les meilleurs traitements de la goutte ou des coliques saturnines. L'hygiène somatique a donc été le grand progrès médical par l’œuvre de la prophylaxie. Mais qu'a-t-on fait jusqu'ici pour l'hygiène mentale? Les désordres psychiques empruntent toutes les nuances même les plus légères, et, dans ces cas que peut faire un médecin de bonne volonté? De la

psychothérapie aveugle? L'efficacité en est bien dérisoire... Aussi avons-nous suivi avec le plus grand intérêt l’organisation méthodique, scientifique de l'hygiène mentale, qui s’est développée en France sous l'impulsion vigoureuse des Dr Toulouse, Genil-

Perrin et de leurs collaborateurs. Nous voulons

essayer. d'apporter notre contribution à l’élude de ces questions qui paraissent spéciales, mais qui sont en réalilé d’une pratique courante, puisque bien souvent, trop souvent, ils dominent les problèmes somatiques qui leur doivent leur complexité.

PE à LES APPLICATIONS COURANTES

Nous ne ferons pas ici l’histoire du mouvement

qui a groupé, en Amérique, tous les efforts, toutes

les bonnes volontés éparses, toutes les forces em-

ke ployées jusque-là un peu au hasard puis qui, coor-

#4 donnant méthodiquement tous les moyens a abouti

à une vaste organisation en faveur de l'hygiène men-

tale, Le D' René Cony (1) a décrit cette évolution des we idées et des faits et nous nous bornerons à rappeler

qu’en Amérique on porte Secours aux blessés de

l'intelligence comme aux blessés du corps, on pro-

tège le cerveau comme on protège les poumons ou

les intestins, on empêche les défaillants de tomber

î dans la folie comme on prévient, par des barrières, is des haies, des murs soit les chutes dans les escaliers, les rivières ou les abimes, soit les imprudences

ou les erreurs sur les voies ferrées.

La protection contre les accidents mentaux, contre les facteurs de perturbation intellectuelle s'exerce par des mesures évidemment différentes de celles qui garantissent les individus contre les épidémies,

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