INTRODUCTION
Au moment où nous terminons, non pas nos études médicales — nous comprenons mieux que jamais combien la vie tout entière du médecin doit être faite d’études et d'observations incessantes —mais la période consacrée officiellement à parcourir sous l’égide de maîtres éclairés, les diverses branches de la médecine, nous voulons nous arrêter à une pensée qui nous est venue souvent, jusqu'ici, en considérant notre rôle et ceux à qui il est utile.
Appelés à éloigner par tous les moyens possibles les maux qui frappent nos semblables, el mieux encore, quand faire se peut, à les en préserver nous trouvons, dans cette lutte contre le mal un élément de la plus grande importance : le psychisme de l’individu. |
A côté des phénomènes somatiques constitués chez les malades — par dessus eux la plupart du temps — se trouvent des facteurs prépondérants sans lesquels il aurait été facile d’agir à un certain
moment, mais qui, laissés à eux-mêmes, ont pu provoquer des désordres contre lesquels nous restons souvent mal armés.
Les maladies issues d'intoxication professionnelle entraient autrefois dans ce cadre: on se bornait alors à soigner les saturnins ou autres victimes du travail, mais le grand pas n’a été fait contre ces maux que le jour où des dispositions d'hygiène ont pu être apportées — voire imposées — aux ateliers et aux usines.
Les maladies infectieuses parasitaires n’ont été, de même, cembattues d’une façon vraiment efficace que le jour où leur cause, enfin identifiée, a pu être attaquée et vaincue. Il a fallu découvrir le rôle de l’'anophèle dans le paludisme pour pouvoir arrêter par des mesures matérielles la propagation de l’hématozoaire ; la protection mécanique contre les moustiques, la dessication des étangs, ou simplement l’assainissement des eaux stagnantes ont incomparablement plus fait contre le paludisme que les effets merveilleux de la quinine elle-même ; de même que les prescriptions imposées aux usines de céruse ou autres produits ont mieux servi les travailleurs que les meilleurs traitements de la goutte ou des coliques ‘ saturnines. L'hygiène somatique a donc été le grand progrès médical par l’œuvre de la prophylaxie.
Mais qu'a-t-on fait jusqu'ici pour l'hygiène mentale? Les désordres psychiques empruntent toutes les nuances même les plus légères, et, dans ces cas que peut faire un médecin de bonne volonté? De la