EFFET DE NUIT
Le commerce met en vente depuis longtemps des papiers de couleur sensibilisés, à l'aide desquels on obtient de jolis effets de nuit ; les Italiens sont très enthousiastes de ces tableaux photographiques. Mais l'amateur peut vouloir préparer lui-même ces
effets sans avoir recours au marchand : la chose est des plus faciles. Additionnez votre virage de quelques centigrammes de permanganate de potasse: voilà tout le secret! L'épreuve revêt la teinte gris-verdàtre que les objets auraient par un beau clair de Lune.
Une autre méthode consiste à peindre le ciel d'une épreuve terminée, avec une couleur bleue quelconque; nous lui préférons le premier procédé.
Dans d'autres cas, alors qu'il ne s'agit plus de paysage, une goutte de permanganate de potasse, adroitement posée sur le nez ou les joues d'un portrait, lui communiqueront une mine rougeaude très caractéristique...
AGRANDISSEMENT d'uN CLICHÉ PAR EXTENSION DE LA PELLICULE
M. H. Duchesne a indiqué le procédé suivant, qui permet de transformer un cliché 9X12 en un i3 X 18. Le cliché complètement terminé et séché, est plongé dans une cuvette contenant de l'eau acidulée à 5 0/0 par de l'acide chlorhydrique. Au bout de deux minutes, on peut se mettre à détacher la pellicule en la roulant sous le doigt, et en commençant par un angle. La pellicule ainsi décollée n'est guère allongée que de I/IO''. On la prend alors avec précaution entre les doigts, et on la plonge dans une cuvette plus grande, contenant de l'eau froide, et au fond de laquelle on a placé une glace préalablement nettoyée. La pellicule s'allonge alors spontanément et régulièrement dans tous les sens, à tel point qu'en une minute sa surface a doublé. Il faut saisir habilement cet instant pour faire écouler l'eau et recueillir la pellicule sur la glace, qu'on relève lentement. Il ne reste plus qu'à égoutter et sécher. L'image ayant perdu de son épaisseur, le cliché agrandi sera plus doux qu'auparavant : il suffira de renforcer si c'est nécessaire.
PHOTOGRAPHIE DANS l'eAU
Pour photographier des objets placés dans l'eau, on n'éprouve aucune difficulté s'il s'agit de petites masses d'eau que l'on puisse
TOURS DE MAIN
facilement protéger des réflexions; c'est ainsi que M. Cohen a pu photographier instantanément des poissons à l'aquarium d'Amsterdam. 11 a employé pour cela la lumière d'une photopoudre à hase de magnésium et a toujours opéré à travers de faibles épaisseurs, en attendant que les poissons se présentent au voisinage des parois.
Si, au contraire, il s'agit d'une masse d'eau située à ciel ouvert, une rivière, par exemple, on se trouve gêné par deux obstacles : le défaut de transparence et la réflexion des objets extérieurs, et en particulier du ciel à la surface du liquide. Le défaut de transparence oldige à n'opérer qu'à de faibles profondeurs ; la plaque photographique peut, du reste, voir tout ce que voit l'œil. Dans la plupart des cas, la lumière du ciel, réfléchie
par l'eau, voilerait infailliblement la plaque avant que l'image du fond n'ait le temps de l'impressionner; mais on >s complètement inant l'axe de l'appareil sous Fincidence Ijrewstérienne, et intercalant un nicol dans l'objectif. La lumière du ciel étant presque complètement polarisée, il suffit de tourner le nicol jusqu'à l'extinction. Il faut choisir un beau nicol, bien exempt de bulles; dans un rectilinéaire, sa place est entre les lentilles; mas il faut alors monter l'objectif dans un tube à frottement, qui permette de le tourner pour trouver le point précis 011 se produit l'extinction (fig. 53). Il est plus commode pour un amateur d'employer un objectif simple, et de placer le nicol, monté dans un bouchon de liège, dans l'ouverture d'un diaphragme. On peut alors le tourner facilement et chercher le point convenable.
Le même artifice pourrait probablement être employé pour photographier des tableaux recouverts d'un verre, dans un cas où il serait impossible de déplacer le tableau ou de trouver un endroit où les réflexions ne gênent pas.
7 peut éteindre à peu \wh l'image du ciel, en inclin
Fis. 53.
ORIGINALITES