‹ Les récréations photographiquesChapitre 32 sur 41 · ORIGINALITÉS · texte numérisé non relu

ORIGINALITÉS

un bazar, au moment des dernières élrennes, des petites boîtes de jouets ofTrant aux enfants un assortiment gentillet de ces photographies invisibles dont le facile développement constitue un inofTensif et agréable passe-temps. Une dizaine de petites feuilles blanches de papier, un petit cahier de buvard et deux fioles (Tune de solution d'hyposulfite de soude, l'autre d'ammoniaque) forment tout le bagage de cet intéressant joujou scientifique.

L'instruction qui l'accompagne, et dont nous donnons ci-dessous le texte en entier, fera voir, dans toute sa simplicité, le procédé de développement de l'image latente :

« Instruction pour la reproduction des photographies mystérieuses. — Prenez une des feuilles de photographies mystérieuses, placez-la sur le morceau de verre se trouvant dans la boîte (le côté où se trouve la trace du crayon en dessous) ; trempez le pinceau long dans le flacon révélateur ; badigeonnez entièrement votre feuille, et vous verrez apparaître instantanément la photographie. Séchez-la sous le papier buvard se trouvant dans la boîte.

« Prenez ensuite le flacon fixage, versez une cuillerée de ce liquide dans une soucoupe, ajoutez deux cuillerées d'eau pure, mettez votre épreuve dans cette solution et laissez-la tremper cinq minutes (ayez soin que la solution la couvre complètement) ; après quoi, retirez la feuille et lavez-la à l'eau pure. Séchez l'épreuve ainsi obtenue et collez-la sur un des cartons comme l'indique notre modèle.

a Important : Les matières C{ue nous employons pour la reproduction de nos photographies ne sont nullement nuisibles et ne salissent pas les mains ; au contraire, le révélateur est un remède très efficace contre les piqûres de mouches ou autres insectes venimeux.

« Les personnes qui voudraient reproduire d'autres photographies que celles contenues dans cette boîte, n'auraient qu'à demander de nouvelles séries, qui forment un total de 150 sujets différents, par paquets de huit exemplaires, sous les lettres de A à T. Afin d'éviter toute erreur dans la demande de nouvelles photographies mystérieuses, il est indispensable de se rappeler la lettre de la série contenue dans la présente boîte.

a ]\\B. — Ne jamais remettre le flacon révélateur une fois débouché dans la boîte ; Tévaporation de ce liquide pourrait rendre les photographies mystérieuses visibles ».

Maintenant, nous ajouterons le procédé de fabrication de ces photographies magiques.

On imprime, à l'aide de négatifs quelconques, des épreuves positives sur du papier sensibilisé au chlorure d'argent, papier que le commerce nous offre tout préparé. Ces épreuves sont fixées dans un bain d'hyposulflte de soude de 8 ou 10 pour 100 parties d'eau ordinaire, sans avoir été virées à l'or ; puis lavées avec beaucoup de soin après cette immersion dans l'hyposulfite, de façon à débar-

Fig. Go.

rasser les fibres du papier de toute trace de cette substance, qui ferait jaunir le pajiier après qu'il aurait été traité au mercure.

Ayant préparé un bain à 5 0/0 de bichlorure de mercure (1) (sublimé corrosif), nous y plongeons nos épreuves que nous voyons d'abord se décolorer graduellement, puis disparaître entièrement.

Quand les épreuves sont complètement blanchies, nous les lavons à grande eau et les laissons sécher.

Pour faire réapparaître les images qui s'y trouvent cachées, il suffit de plonger ces papiers blancs dans une faible solution (5 0/0)

(1) Cette substance ne doit être employée qu'avec de grandes précautions, car elle constitue un violent poison.

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de sulfite ou d'hyposulfite de soude ; cette substance a la propriété de colorer en noir le chlorure de mercure en dissolvant aussi le chlorure d'argent qui y était formé.

Dans cette double réaction se trouve tout le secret de la photo-

Fig. G6.

graphie magique. Les amateurs pourront s'y intéresser, en répétant ces expériences.

Une variante qui donne plus de piquant à la surprise, est de

Fig. 67. — Forte-cigarettes ouvert, montrant l'orifice qui se trouve pratiqué sur le cylindre formant gaine, autour duquel s'enroule la feuille de papier.

supprimer, en apparence, le produit révélateur pour faire réapparaître l'image latente. Elle consiste à coller sur les bords et par derrière l'épreuve un carré de buvard blanc préalablement impré-

Fig. G8.

gné de sulfite de soude. De cette façon, il suffit d'immerger le papier dans l'eau ; le sulfite de soude se dissout aussitôt, et l'effet de la réapparition de l'image se produit rapidement. L'illusion est ainsi plus complète que dans le joujou ci-dessus, où l'emploi de deux flacons (remarquons qu'un seul aurait suffi, hyposulfite ou ammoniaque) détruit un peu le charme du mystère.

LES RÉCRÉATIOXS PHOTOGRAPHIQUES

Nous avons iionini('' l'animoniaque comme deuxième agent .Jéveloppateur de ces ]ihotogTaphies mag-iques ; en voici un curieux exemple :

1'^ Les 'portp-rifiar'^s marjiqves. — Les marchamls de iabac ven-

\e monde phtogr^^^

Pour obtenir les photographies ci après désignées, il faut choisir les feuilles jaunes par numéro et les frotter avec le papier noir.

déposé.

Fiff. ()S».

daient il y a quelques années des porle-cigares ou porte-cigarettes, renfermés dans des étuis de carton où ils étaient accom])agnés chacun d'un ]H'til paquet de papiers photographiques tout blancs et à peu près de la grandeur de timbres-poste (fig. G8, }». 103).

Ces porte-cigarettes s'ouvrent dans leur milieu comme un étui à aiguilles ; les uns sont faits de telle sorte que le timbre-poste photographique se place extérieurement à la partie cylindrique formant la gaîne {fjb'), mais alors celle b est percée d'un trou « devant laisser passer la fumée (voyez fig. G7, p. ^03).

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Les autres, plus simples et plus récréatifs, s'ouvrent aussi dans leur milieu à la façon du précédent, mais la gaine est faite d'un petit tube de verre blanc dans l'intérieur duquel s'enfile, légèrement enroulée, la petite feuille de papier magique.

Dans l'un et l'autre cas, la fumée de tabac se trouve en contact avec le papier photographique ; quand on a fini de fumer, le papier magique laisse apparaître un portrait ou une image quelconqui s'y est développée.

Fio-. 70.

Le procédé est le même que celui des photographies mystérieuses ci-dessus.

C'est que les vapeurs ammoniacales contenues dans la fumée de tabac possèdent, comme l'hyposulfite de soude, la propriété de colorer en noir le chlorure de mercure contenu dans ces papiers préparés.

Les figures 65, page 102, 6G et 67, page 103, nous montrent le porte-cigarettes ouvert, contenant le papier magique, puis le dit carré de papier avant et après le développement de l'image.

Le principe de ces photographies magiques a été indiqué, dès 1840, par Herschell.

Dans le même ordre d'idées, nous pourrions citer les images invisibles, qui apparaissent lorsqu'on les frotte avec une poudre colorante. Nous reproduisons (fig. 69, p. 104) l'enveloppe ordinaire de ces images, qui sont assez répandues dans le commerce. La figure 70 montre quelques-uns des spécimens qu'elle contient ordinairement.

Cette distraction n'a évidemment rien de photographique ; mais on peut arriver, au moyen de la photographie, à un résultat analogue, et préparer des images invisibles apparaissant par friction au moyen d'un tampon chargé de plombagine, par exemple. Il nous suffira de rappeler le procédé dit aux poudres colorantes, employé pour la production des émaux photographiques. Ce procédé fournit, en somme, le résultat dont nous parlions ci-dessus.

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