L. — Il vaut mieux ne pas le craindre
D. — Soit, admettons que la générosité de nos concitoyens soit sans bornes. Mais si elle veut s'exercer, qui donc l'en empêchera au cas où la commune organiserait elle-même le réfectoire? Ne vojez-vous pas que, même dans ce cas, les dons seront possibles et bienvenus ?
Autre fait : qu'a produit, jusqu'à ce jour, l'initiative privée ? Dans nos régions industrielles, où les nécessités sont aussi ])ressantes au moins que dans les grandes villes, rien. Allons-nous attendre qu'elle se décide à agir ? Allons-nous surseoir, quand nous pouvons agir ? L'essentiel n'est pas de faire bien en vertu de tel ou tel gjstème, mais de faire bien, le plus vite }
remettre à des lendemains problématiques ce qu'on peut réaliser dès aujourd'hui.
Ah, je comprendrais l'objection s'il s'agissait de substituer, au nom de la théorie de la régie, une organisation officielle à une organisation privée qui aurait fait ses preuves, et qui prétcndr^t continuer à assumer cette charge. Mais est-ce le cas, dites, dans la plupart de nos communes? .
L. — Non, je dois avouer que jusqu'ici l'initiative privée n'a pas compris, dans nos^ régions industrielles, la grandeur et l'utilil* de l'œuvre que nous préconisons.
D. — Alors, demandons-la à la commune. Elle est toute indiquée pour cette tâche. Elle organise l'enseignement pubhc, accessible à tous. Elle doitdoncl'organiser de façon à ce qu'il donne son maximum d'oilet utile et que les sacrifices qu'elle s'impose ne soient point perdus. Elle fournit aux enfants, à cet égard, des locaux chauffés, des livres classiques, que sais-je encore; pourquoi ne fournirait-elle pas l'aliment, puisqu'il est indis- . pensable, au même titre que la leçon, le chauffage, les toumitui'es classiques?