CHAPITRE VII
Adieux de Jean Hiis à ses amis. — Sa coiidamnalion — Sa mort.
Le jour du jugement approchait, et Jean Hiis, inébranlable dans sa résolution de mourir plutôt que de mentir à sa conscience, écrivit ces lignes : 0 Ma dernière volonté est que je refuse d'avouer « pour erronés les articles qui ont été véritable- « ment extraits de mes œuvres, et que je refuse « d'abjurer ceux qui m'ont été faussement altri- « bues. Je déteste et condamne toute interpréla- 0 tion fausse qui se trouverait contre ma volonté « dans les premiers, me soumettant à la correc- « tion de notre divin Maître, et je me confie dans 0 son infinie miséricorde (I). »
(1) Ei»isl. XX,
81 LIVRE ni.
« Pour me justifier, dit- il dans un autre de ses « écrits, je rappelle à ma mémoire tant de saints « de l'ancienne et de la nouvelle alliance qui ont « subi le martyre plutôt que de transgresser la loi, « et moi, qui durant tant d'années ai prêché la pa- « tience, la constance dans les épreuves, je tom- « berais dans le parjuré ! je scandaliserais le peuple « de Dieu ! Loin de moi ! loin de moi ! Le Seigneur « Jésus sera ma récompense et mon secours (1). » Dans quelques lettres à ses amis, il leur exprime avec effusion sa reconnaissance, il leur adresse de touchants adieux et des exhortations à vivre saintement et à veiller à leur propre sûreté. « Que « Dieu soit avec vous, dit-il à ses nobles protec- « teurs; qu'il vous accorde toutes les félicités pour « les bontés dont vous m'avez comblé. Ne permet- « tez pas que le seigneur Jean de Chlum, ce loyal « et fidèle chevalier, mon meilleur ami, mon autre « moi-même, s'expose au péril pour l'amour de « moi. Je vous conjure de vivre selon la parole de « Dieu et d'obéir à ses préceptes, ainsi que je vous « l'ai enseigné. Rendez grâce à sa royale ma- « jesté (2) pour tous les bienfaits que j'ai reçus « d'elle (3). »
(1) Ilist. el Monum. J. Hus. , epist. xi,i, p. 50.
(2) Au roi (le Bohême.
(3) Epist XXIV.