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commise et ils présentèrent un vigoureux mémoire pour les réformes les plus urgentes; enfin, toute la chrétienté était dans l'attente; que dirait-elle si le concile était dissous avant d'avoir rempli l'un des principaux objets pour lesquels il avait été convoqué ? Toutes ces raisons parlaient haut et devaient suffire; mais il y en avait une plus cachée, qui seule, peut-être, mieux que toutes les autres ensemble, agit avec force sur l'esprit du pontife.
Benoît XIII, abandonné de tous et protestant seul contre le concile sur son rocher de Péniscole, était pour Martin V un grave sujet d'inquiétude. Les Espagnols étaient mécontents, la fidélité du roi d'Aragon peu éprouvée ; le schisme pouvait renaître, une étincelle le rallumer, et le refus du pape en être cause.
Il ne voulut pas donner ce plausible prétexte à un ennemi; il rédigea lui-même un projet de réforme en seize articles, basé en grande partie sur le mémoire des Allemands, et le présenta au concile en janvier 1418, avec l'apparence d'un zèle sincère, sauf à l'ajourner ou aie rendre inutile par des manœuvres ultérieures et secrètes. Pour apprécier comme il convient les réformes qu il accomplit , il faut connaître celles que proposa le collège réformatoire.