‹ Les règles de la composition typographiqueChapitre 29 sur 29 · DE LA PONCTUATION ECRITE ET DE LA PONCTUATION PARLÉE · texte numérisé non relu

DE LA PONCTUATION ECRITE ET DE LA PONCTUATION PARLÉE

La ponctuation écrite n'est pas et ne doit pas être la même que la ponctuation parlée. Leurs rôles différents demandent une autre méthode pour satisfaire l'intelligence.

Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet qui serait en dehors de notre cadre. Nous ferons seulement remarquer que la ponctuation écrite a surtout pour objectif de dessiner aux yeux la structure logique et grammaticale de la phrase. C'est pour cela qu'une inversion un peu longue sera accompagnée de deux virgules :

La versification des Grecs et des Latins, par un ordre réglé de syllabes brèves et longues, donnait à la mémoire une prise suffisante.

La ponctuation parlée aura pour objectif de lier le plus possible l'inversion au mot auquel elle se rapporte :

La versification des Grecs et des Latins, par un ordre réglé de syllabes l)réves et longues donnait à la mémoire une prise suffisante.

Comme on le voit, la ponctuation parlée ne met pas de virgule entre l'incidente et le mot donnait auquel elle se rapporte.

Des travaux de ville

Nous ne nous sommes pas permis de donner'des règles pour les travaux de ville, disposition des titres, etc.

C'est dans cette matière qu'il faut se méfier des règles.

S'il est des règles générales applicables à tous les arts et que le typographe devrait apprendre, qu'il ne prenne qu'avec réserve les règles absolues créées par quelques artistes typographes.

On connaît l'histoire des culs-de-lampe : après avoir été le suprême du bon goût ils sont devenus le suprême du mauvais goût.

J'attirerai l'attention sur un autre exemple.

On sait qu'une des règles des arts du dessin est de ne faire ni trop lourd ni trop maigre. Trouver le juste milieu est une difficulté qui ne peut so vaincre qu'avec beaucoup de goût et d'observation.

Eh bien ! nous connaissons plusieurs imprimeries qui, pour avoir adopté la règle : « Espacer entre toutes les lettres toutes les lignes de tous les titres », sont tombées dans un défaut qui produisait des titres lamentablement S(iuelettiques.

Cet espacement, qui a l'avantage d'éviter la lourdeur, est une précieuse ressource; il faut l'appliquer dans beaucoup de cas, mais pas dans tous les mots de toutes les lignes de tous les titres.

Un dernier mot

Les auteurs de Manuels qui ont écrit après Théotiste Lefevre ont eu le tort, à notre avis, dans les cas discutés, de ne pas adopter une des façons existantes.

Presque toujours, dans ces cas où le malheur était le trop grind nombre d'opinions, ils en ont offert une nouvelle, augmentant la confusion.

Ils espéraient peut-être, imitant le Chat de La Fontaine, lequel

Mit les plaideurs daccurd en croquant 1 un et l'autre, imposer leur création.

Nous espérons qu'à l'avenir les typographes et les correcteurs s'efforceront de simplifier le plus possible nos règles typographiques et ne créeront pas des distinctions et des exceptions dont l'intention — géniale sans doute — échappe presque toujours au lecteur.

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